Archives de Tag: Tunisie

Episode 10 : Le passeport anti-COVID 19 serait-il une obligation ?

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Médias en crise: Comment les journalistes tunisiens ont-ils assuré la couverture de la pandémie ?

« La couverture médiatique de la crise de la COVID-19 en Tunisie : conditions économiques et moyens », est l’intitulé de notre intervention en tant que conférencière principale lors de la pré-conférence du rendez-vous scientifique annuel ICA (International Communication Association) tenue exceptionnellement cette année en ligne, mais qui devrait avoir lieu chaque année à Washington. 

A travers notre intervention, nous avons mis l’accent sur l’expérience tunisienne en matière de couverture médiatique de la crise, en tenant compte du conditions économiques, politiques et logistiques des journalistes tunisiens, surtout que le baromètre mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières pour 2021, la Tunisie a été classée la 73ème , en marquant cette année un recul d’un point. 

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Épisode 3 : Est-ce que le vaccin chinois Coronavac est efficace ?

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Quand l’acquis le plus important de la révolution est menacé: La Tunisie classée 73 ème !

Le bureau de Reporters Sans Frontières à Tunis a annoncé aujourd’hui, lors d’une conférence de presse organisée au Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) que la Tunisie est classée 73ème, selon son baromètre mondial de la liberté de la presse pour 2021.

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Episode 1: Campagne anti-vaccination et fact-checking

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Open Sigma 2021 – L’actualité tunisienne en chiffres

#3 Technologies – Les astuces du groupe Facebook

On lance un groupe Facebook pour partager de l’actualité avec notre entourage ou des documents avec nos collègues ou avec nos étudiants ou pour vendre des produits, etc. Dans cette vidéo de ma playlist  » Technologies », je vous présente des astuces du #groupe_Facebook: comment créer un groupe sur Facebook ? comment limiter les notifications ? comment suivre les statistiques du groupe ? etc

#2 Technologies – 10 outils en ligne pour partager facilement des fichiers avec votre entourage

Dans cette vidéo, je vous présente 10 #outils_en_ligne pour partager facilement des fichiers avec votre entourage : #Google_Drive , #Onedrive#Dropbox#Hubic#Cozydrive#Mega#Box#Wetransfe#Send_Space et #JustBeamIt

Comment assurer la sécurité des journalistes tunisiens ?

@Crédit_photo_Slate

Après une année de travail de monitoring, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a présenté jeudi dernier, dans le cadre d’une conférence de presse, la liste des recommandations issues du deuxième rapport annuel de l’unité de monitoring du centre de sécurité professionnelle.

Ces recommandations sont réparties selon les rôles des 5 acteurs : le gouvernement tunisien, le Pouvoir judiciaire tunisien, le Législateur tunisien, le Ministère de l’Intérieur et la Commission suprême des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Quant au gouvernement tunisien, il est appelé à :

  • Renforcer ces efforts diplomatiques en faveur du dossier des journalistes Soufiène Chourabi et Nadhir Guetari disparus en Libye depuis le 08 novembre 2014, afin de découvrir la vérité ;
  • Annoncer publiquement les agressions et les attaques graves commises contre les journalistes en Tunisie ;
  • Diffuser les résultats des enquêtes administratives menées auprès des agents de l’État, des agents de sécurité et des agents publics, impliqués dans des attaques menées contre des journalistes.

Selon le rapport, le pouvoir judiciaire tunisien est appelé aussi à développer ses stratégies et ses plans pour découvrir l’histoire cachée de la disparition forcée des deux journalistes évoqués. Cependant, il est également amené à :

  • Mener des enquêtes impartiales, rapides et efficaces à propos des situations d’agressions de journalistes et remettre en questions les responsables coupables pour que ces situations ne se répètent plus ;
  • Nommer les personnes qualifiées pour diriger les enquêtes portant sur les agressions menées contre des journalistes et, adopter des méthodes et des procédures d’enquête compatibles avec les caractéristiques du travail journalistique ;
  • Arrêter de poursuivre les journalistes pour leurs travaux journalistiques en dehors du cadre de la loi organisant la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition en Tunisie.

S’agissant du législateur tunisien, il est appelé à :

  • Renforcer les garanties juridiques visant à protéger la liberté d’opinion et d’expression ainsi que la sécurité de la presse dans les projets de loi, et à respecter le principe de non-retrait des acquis obtenus dans le domaine de ces libertés ;
  • Prendre des décisions claires mettant fin aux pratiques qui entravent la liberté de la presse, de l’impression et de la publication ;
  • Remettre en question les représentants de l’État, et en particulier des forces de l’ordre, en cas d’attaques menées contre les journalistes et la liberté de la presse.

Le Ministère de l’Intérieur devrait aussi :

  • Accélérer l’adoption d’un projet de code de conduite régissant les relations entre les forces de sécurité intérieure et les représentants des médias, qui a été élaboré de manière participative avec les institutions professionnelles depuis 2014.
  • Annoncer auprès des acteurs du ministère qui se trouvent sur terrain que la carte de presse professionnelle est la seule carte d’identité pour un journaliste, et que l’autorisation écrite est une procédure exceptionnelle appliquée uniquement pour prendre en photo les bâtiments de l’extérieur.
  • Soutenir les efforts de la cellule de crise pour faciliter le contact des journalistes avec les membres de cette cellule.
  • Remettre en question les forces de l’ordre, en cas d’attaques menées contre les journalistes et la liberté de la presse.

Le rapport du SNJT s’est adressé également à la Commission suprême des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cette dernière est appelée à :

  • Activer son mandat et ses pouvoirs dans le domaine de la protection de la liberté d’opinion et d’expression et de la sécurité des journalistes en enquêtant sur les cas de menaces, d’incitation, d’agressions matérielles et morales menés contre les journalistes et en prenant les mesures nécessaires.
  • Concevoir et mettre à jour la base de données qui rassemble les cas d’agressions menés contre les journalistes en tenant compte de la spécificité de ces agressions.
  • S’engager davantage dans la mise en œuvre du plan des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, en développant un plan national pour la sécurité des journalistes visant à promouvoir et à protéger la liberté de la presse et des médias en Tunisie.
  • Mettre en place un mécanisme ou un comité durable au sein de la Commission, chargée de la sécurité des journalistes, pour surveiller et enquêter sur les menaces et les agressions matérielles et morales à l’encontre de journalistes membres, et prendre les mesures nécessaires.

 

La gouvernance publique des médias arabes : acteurs, contexte et réforme

Remarque : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La gouvernance publique des médias y compris des médias arabes en période de transition démocratique, a été la thématique du dernier colloque de l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information en Tunisie. De nombreux chercheurs tunisiens et étrangers, et des acteurs du domaine des médias à l’échelle internationale, ont marqué leur présence afin de mettre l’accent sur deux volets : 1/rôle de la société civile dans la gouvernance publique des médias, 2 /contexte politique et gouvernance publique des médias.

Lors du lancement du colloque, Professeur Abdelkrim Hizaoui (Coordinateur scientifique du colloque) a signalé que cette rencontre scientifique remet en question le rôle de l’Etat en matière du droit du citoyen à l’accès à l’information. Ce droit a été d’ailleurs mentionné dans les nouvelles constitutions de certains pays arabes, à savoir le Maroc en 2011, l’Egypte et la Tunisie en 2014 et l’Algérie en 2016. Selon Professeur Hizaoui, ce colloque est également une occasion afin d’étudier et de comparer les politiques publiques en matière de gouvernance du secteur public du domaine de l’information et de la communication, ainsi que les modes d’appui à ces médias et les systèmes de régulation.

Les organisations internationales acteurs de la réforme des médias arabes

Partout dans le monde, la réforme du domaine des médias a toujours été un processus participatif auquel les organisations de la société civile ont pris part.

De son côté, M. Nejib Mokni (UNESCO Tunis) a rappelé le public présent à ce colloque, le rôle de l’UNESCO en tant qu’un acteur actif dans le secteur de l’information et de la communication. Cette organisation internationale vise à promouvoir la circulation de l’information et à garantir le pluralisme médiatique. Déjà, des études menées par l’UNESCO et publiées en arabe en français ont été effectuées afin de promouvoir les médias dans certains pays arabes à savoir: en Palestine, en Jordanie, en Egypte, en Tunisie et au Maroc. Il a également ajouté que l’UNESCO a participé aux réformes médiatiques que la Tunisie a vécues depuis le déclenchement du « printemps arabe », notamment au niveau de la mise en place de nombreux textes de lois. En ce qui concerne l’accès à l’information notamment aux documents administratifs, M. Nejib Mokni a rappelé que la loi organique relative au droit d’accès à l’information, met la Tunisie en avance par rapport à d’autres pays arabes.

Intervenant à ce colloque, M. Pierre-François Docquir (Article 19 – Londres) a signalé que le bureau de Article 19 en Tunisie est en train de préparer une cartographie sur les aides publiques au secteur des médias en Tunisie.

Il a ajouté également que les aides publiques devraient être au service de l’un des objectifs suivants : la protection et la promotion du pluralisme et de la diversité médiatique, le soutien au journalisme d’investigation et à la fiabilité de l’information et le respect et la promotion de la déontologie journalistique. C’est la raison pour laquelle un cadre législatif relatif aux aides publiques devrait être mis en place.

La relation « Etat-Médias » dans les pays arabes 

Si Joan Barata Mir (universitaire et expert OSCE) a mentionné que tous les ministres y compris les dictateurs, partout dans le monde, ont toujours pris une position en faveur de la liberté d’opinion, Professeur Ahmed Hidass (ISIC, Rabat) considère que le financement des médias par l’Etat au Maroc est une perte d’argent.

Quant à Yomna Med Atef Abdennaim (Université d’Assiout, Egypte), elle a confirmé que la scène médiatique en Egypte a vécu une réforme bien qu’elle soit soumise au contrôle de l’Etat.

Selon cette chercheure, bien que les textes de loi existent afin de garantir la liberté de presse, la relation conflictuelle entre l’Etat et les journalistes a toujours existé en Egypte, contrairement à ce qui se passe dans les pays démocratiques.

Elle a ajouté que les médias en Egypte ont été soumis à la loi 13 de 1979 mais depuis le déclenchement du « printemps arabe », on s’attendait à une libéralisation de presse. Cependant, les médias tenaient à assurer la propagande du régime gouvernemental.

En 2017, la scène médiatique égyptienne a vécu une réforme à travers la mise en place :

  • D’un cadre législatif qui organise le fonctionnement des médias privés. Aucun texte juridique qui concerne les médias privés n’existait pas avant 2017.
  • D’un texte de loi qui concerne l’organisation institutionnelle التنظيم الإدراي et qui appelle à la création de trois instances indépendantes. Ce texte de loi traite la culture administrative des médias et non pas les pratiques médiatiques. Les critères professionnels sont ainsi absents du texte juridique.

Dr .Yomna Med Atef Abdennaim a d’ailleurs mentionné que ce texte loi a des points forts :

  • Il appelle à la création des instances indépendantes chargées de donner leurs avis sur les textes législatifs relatifs au domaine des médias
  • Il est en accord avec la culture, celle de l’indépendance des médias et du pluralisme médiatique.
  • Il a mis fin au Ministère de l’information

Cependant, certains points faibles se manifestent :

  • La sélection des membres de ces instances est remise en question étant donné que le choix des 13 membres est fait par des institutions qui sont en relation étroite avec l’Etat. Donc  ces nominations sont indirectement faites par le Président du pays.
  • Certains concepts mentionnés dans ce texte-loi mettent en question l’indépendance de ces instances.

Bien que Dr. Yomna Med Atef Abdennaim ait mentionné que l’Etat égyptien cherche à développer la scène médiatique, Professeur Belkacem Mostefaoui (ENSJI, Alger) croit qu’il s’agit bel et bien d’une comédie qui se joue dans les pays autoritaires y compris l’Algérie, là ou les gouvernements sont capables de faire des « montages juridiques ».

Selon Professeur Mostefaoui, bien que l’article 58 de la loi sur les activités de l’audiovisuel de mars 2014 a mentionné la nomination de neuf membres d’une haute autorité indépendante,  aucune nouveauté de cette autorité a été annoncée depuis son lancement.

En Tunisie, selon Dr Mohamed Gontara, l’Etat tunisien soutenait les médias notamment les médias régionaux que se soit à travers l’aide publique ou à travers les formations organisées par le Centre Africain du Perfectionnement des Journalistes (CAPJC). Cependant, ceci a été suspendu après le 14 janvier 2011.

En mars 2012, un décret loi a été publié, appelant à l’annulation des abonnements aux périodiques. Bien qu’en mars 2014 et en juillet 2016, un autre décret loi ait été publié pour revenir à la situation qui précède la révolution, rien n’a été pris en considération par l’Etat.

Par la suite, l’intervenant a confirmé que  la culture de l’Etat s’absente en Tunisie étant donné que les Tunisiens ne font pas la différence entre l’Etat, le gouverneur et le gouvernement.

Prenons le cas de la Grande Bretagne là où il existe un secrétariat d’aide aux médias, il conclut son intervention par dire qu’il n’est pas possible d’exclure l’Etat de son rôle d’appui financier aux médias.

Quant à Hassan Zargouni (Directeur de Sigma Conseil), il a confirmé que la télévision a toujours profité des recettes publicitaires. Par contre, l’investissement publicitaire dans les journaux écrit a diminué ces sept dernières années (après le 14 janvier 2011). Il s’agit d’ailleurs de 23 400 annonces / année, à savoir 31% des recettes publicitaires qui proviennent des institutions publiques et 69% des recettes qui proviennent des institutions privées

Dans ce cadre, Dr. Arwa Kooli (enseignante à l’IPSI) a présenté l’expérience de la télévision publique, ce média indépendant qui travaille à but non lucratif. En tenant compte des critères de l’UNESCO, la chercheure a confirmé que la télévision tunisienne publique n’est pas un média de service public, pour plusieurs raisons : absence des programmes éducatifs, nominations des directeurs de la télévision faites par la Présidence et le non recours aux autorités indépendantes, l’usage du dialecte tunisien lors de certaines émissions politiques, l’absence d’équité au niveau du choix du public auxquels sont destinés les programmes, etc.

Toutes ces interventions confirment que la relation entre l’Etat et les médias dans le monde arabe est une relation de conflit permanent. Ce qui appelle les hommes politiques au Gouvernement à saisir qu’ils sont provisoires et qu’ils feront partie demain de l’opposition, tel qu’il a été confirmé par M. Joan Barata (universitaire et expert OSCE).