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Comment assurer la sécurité des journalistes tunisiens ?

@Crédit_photo_Slate

Après une année de travail de monitoring, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a présenté jeudi dernier, dans le cadre d’une conférence de presse, la liste des recommandations issues du deuxième rapport annuel de l’unité de monitoring du centre de sécurité professionnelle.

Ces recommandations sont réparties selon les rôles des 5 acteurs : le gouvernement tunisien, le Pouvoir judiciaire tunisien, le Législateur tunisien, le Ministère de l’Intérieur et la Commission suprême des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Quant au gouvernement tunisien, il est appelé à :

  • Renforcer ces efforts diplomatiques en faveur du dossier des journalistes Soufiène Chourabi et Nadhir Guetari disparus en Libye depuis le 08 novembre 2014, afin de découvrir la vérité ;
  • Annoncer publiquement les agressions et les attaques graves commises contre les journalistes en Tunisie ;
  • Diffuser les résultats des enquêtes administratives menées auprès des agents de l’État, des agents de sécurité et des agents publics, impliqués dans des attaques menées contre des journalistes.

Selon le rapport, le pouvoir judiciaire tunisien est appelé aussi à développer ses stratégies et ses plans pour découvrir l’histoire cachée de la disparition forcée des deux journalistes évoqués. Cependant, il est également amené à :

  • Mener des enquêtes impartiales, rapides et efficaces à propos des situations d’agressions de journalistes et remettre en questions les responsables coupables pour que ces situations ne se répètent plus ;
  • Nommer les personnes qualifiées pour diriger les enquêtes portant sur les agressions menées contre des journalistes et, adopter des méthodes et des procédures d’enquête compatibles avec les caractéristiques du travail journalistique ;
  • Arrêter de poursuivre les journalistes pour leurs travaux journalistiques en dehors du cadre de la loi organisant la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition en Tunisie.

S’agissant du législateur tunisien, il est appelé à :

  • Renforcer les garanties juridiques visant à protéger la liberté d’opinion et d’expression ainsi que la sécurité de la presse dans les projets de loi, et à respecter le principe de non-retrait des acquis obtenus dans le domaine de ces libertés ;
  • Prendre des décisions claires mettant fin aux pratiques qui entravent la liberté de la presse, de l’impression et de la publication ;
  • Remettre en question les représentants de l’État, et en particulier des forces de l’ordre, en cas d’attaques menées contre les journalistes et la liberté de la presse.

Le Ministère de l’Intérieur devrait aussi :

  • Accélérer l’adoption d’un projet de code de conduite régissant les relations entre les forces de sécurité intérieure et les représentants des médias, qui a été élaboré de manière participative avec les institutions professionnelles depuis 2014.
  • Annoncer auprès des acteurs du ministère qui se trouvent sur terrain que la carte de presse professionnelle est la seule carte d’identité pour un journaliste, et que l’autorisation écrite est une procédure exceptionnelle appliquée uniquement pour prendre en photo les bâtiments de l’extérieur.
  • Soutenir les efforts de la cellule de crise pour faciliter le contact des journalistes avec les membres de cette cellule.
  • Remettre en question les forces de l’ordre, en cas d’attaques menées contre les journalistes et la liberté de la presse.

Le rapport du SNJT s’est adressé également à la Commission suprême des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cette dernière est appelée à :

  • Activer son mandat et ses pouvoirs dans le domaine de la protection de la liberté d’opinion et d’expression et de la sécurité des journalistes en enquêtant sur les cas de menaces, d’incitation, d’agressions matérielles et morales menés contre les journalistes et en prenant les mesures nécessaires.
  • Concevoir et mettre à jour la base de données qui rassemble les cas d’agressions menés contre les journalistes en tenant compte de la spécificité de ces agressions.
  • S’engager davantage dans la mise en œuvre du plan des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, en développant un plan national pour la sécurité des journalistes visant à promouvoir et à protéger la liberté de la presse et des médias en Tunisie.
  • Mettre en place un mécanisme ou un comité durable au sein de la Commission, chargée de la sécurité des journalistes, pour surveiller et enquêter sur les menaces et les agressions matérielles et morales à l’encontre de journalistes membres, et prendre les mesures nécessaires.

 

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La gouvernance publique des médias arabes : acteurs, contexte et réforme

Remarque : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La gouvernance publique des médias y compris des médias arabes en période de transition démocratique, a été la thématique du dernier colloque de l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information en Tunisie. De nombreux chercheurs tunisiens et étrangers, et des acteurs du domaine des médias à l’échelle internationale, ont marqué leur présence afin de mettre l’accent sur deux volets : 1/rôle de la société civile dans la gouvernance publique des médias, 2 /contexte politique et gouvernance publique des médias.

Lors du lancement du colloque, Professeur Abdelkrim Hizaoui (Coordinateur scientifique du colloque) a signalé que cette rencontre scientifique remet en question le rôle de l’Etat en matière du droit du citoyen à l’accès à l’information. Ce droit a été d’ailleurs mentionné dans les nouvelles constitutions de certains pays arabes, à savoir le Maroc en 2011, l’Egypte et la Tunisie en 2014 et l’Algérie en 2016. Selon Professeur Hizaoui, ce colloque est également une occasion afin d’étudier et de comparer les politiques publiques en matière de gouvernance du secteur public du domaine de l’information et de la communication, ainsi que les modes d’appui à ces médias et les systèmes de régulation.

Les organisations internationales acteurs de la réforme des médias arabes

Partout dans le monde, la réforme du domaine des médias a toujours été un processus participatif auquel les organisations de la société civile ont pris part.

De son côté, M. Nejib Mokni (UNESCO Tunis) a rappelé le public présent à ce colloque, le rôle de l’UNESCO en tant qu’un acteur actif dans le secteur de l’information et de la communication. Cette organisation internationale vise à promouvoir la circulation de l’information et à garantir le pluralisme médiatique. Déjà, des études menées par l’UNESCO et publiées en arabe en français ont été effectuées afin de promouvoir les médias dans certains pays arabes à savoir: en Palestine, en Jordanie, en Egypte, en Tunisie et au Maroc. Il a également ajouté que l’UNESCO a participé aux réformes médiatiques que la Tunisie a vécues depuis le déclenchement du « printemps arabe », notamment au niveau de la mise en place de nombreux textes de lois. En ce qui concerne l’accès à l’information notamment aux documents administratifs, M. Nejib Mokni a rappelé que la loi organique relative au droit d’accès à l’information, met la Tunisie en avance par rapport à d’autres pays arabes.

Intervenant à ce colloque, M. Pierre-François Docquir (Article 19 – Londres) a signalé que le bureau de Article 19 en Tunisie est en train de préparer une cartographie sur les aides publiques au secteur des médias en Tunisie.

Il a ajouté également que les aides publiques devraient être au service de l’un des objectifs suivants : la protection et la promotion du pluralisme et de la diversité médiatique, le soutien au journalisme d’investigation et à la fiabilité de l’information et le respect et la promotion de la déontologie journalistique. C’est la raison pour laquelle un cadre législatif relatif aux aides publiques devrait être mis en place.

La relation « Etat-Médias » dans les pays arabes 

Si Joan Barata Mir (universitaire et expert OSCE) a mentionné que tous les ministres y compris les dictateurs, partout dans le monde, ont toujours pris une position en faveur de la liberté d’opinion, Professeur Ahmed Hidass (ISIC, Rabat) considère que le financement des médias par l’Etat au Maroc est une perte d’argent.

Quant à Yomna Med Atef Abdennaim (Université d’Assiout, Egypte), elle a confirmé que la scène médiatique en Egypte a vécu une réforme bien qu’elle soit soumise au contrôle de l’Etat.

Selon cette chercheure, bien que les textes de loi existent afin de garantir la liberté de presse, la relation conflictuelle entre l’Etat et les journalistes a toujours existé en Egypte, contrairement à ce qui se passe dans les pays démocratiques.

Elle a ajouté que les médias en Egypte ont été soumis à la loi 13 de 1979 mais depuis le déclenchement du « printemps arabe », on s’attendait à une libéralisation de presse. Cependant, les médias tenaient à assurer la propagande du régime gouvernemental.

En 2017, la scène médiatique égyptienne a vécu une réforme à travers la mise en place :

  • D’un cadre législatif qui organise le fonctionnement des médias privés. Aucun texte juridique qui concerne les médias privés n’existait pas avant 2017.
  • D’un texte de loi qui concerne l’organisation institutionnelle التنظيم الإدراي et qui appelle à la création de trois instances indépendantes. Ce texte de loi traite la culture administrative des médias et non pas les pratiques médiatiques. Les critères professionnels sont ainsi absents du texte juridique.

Dr .Yomna Med Atef Abdennaim a d’ailleurs mentionné que ce texte loi a des points forts :

  • Il appelle à la création des instances indépendantes chargées de donner leurs avis sur les textes législatifs relatifs au domaine des médias
  • Il est en accord avec la culture, celle de l’indépendance des médias et du pluralisme médiatique.
  • Il a mis fin au Ministère de l’information

Cependant, certains points faibles se manifestent :

  • La sélection des membres de ces instances est remise en question étant donné que le choix des 13 membres est fait par des institutions qui sont en relation étroite avec l’Etat. Donc  ces nominations sont indirectement faites par le Président du pays.
  • Certains concepts mentionnés dans ce texte-loi mettent en question l’indépendance de ces instances.

Bien que Dr. Yomna Med Atef Abdennaim ait mentionné que l’Etat égyptien cherche à développer la scène médiatique, Professeur Belkacem Mostefaoui (ENSJI, Alger) croit qu’il s’agit bel et bien d’une comédie qui se joue dans les pays autoritaires y compris l’Algérie, là ou les gouvernements sont capables de faire des « montages juridiques ».

Selon Professeur Mostefaoui, bien que l’article 58 de la loi sur les activités de l’audiovisuel de mars 2014 a mentionné la nomination de neuf membres d’une haute autorité indépendante,  aucune nouveauté de cette autorité a été annoncée depuis son lancement.

En Tunisie, selon Dr Mohamed Gontara, l’Etat tunisien soutenait les médias notamment les médias régionaux que se soit à travers l’aide publique ou à travers les formations organisées par le Centre Africain du Perfectionnement des Journalistes (CAPJC). Cependant, ceci a été suspendu après le 14 janvier 2011.

En mars 2012, un décret loi a été publié, appelant à l’annulation des abonnements aux périodiques. Bien qu’en mars 2014 et en juillet 2016, un autre décret loi ait été publié pour revenir à la situation qui précède la révolution, rien n’a été pris en considération par l’Etat.

Par la suite, l’intervenant a confirmé que  la culture de l’Etat s’absente en Tunisie étant donné que les Tunisiens ne font pas la différence entre l’Etat, le gouverneur et le gouvernement.

Prenons le cas de la Grande Bretagne là où il existe un secrétariat d’aide aux médias, il conclut son intervention par dire qu’il n’est pas possible d’exclure l’Etat de son rôle d’appui financier aux médias.

Quant à Hassan Zargouni (Directeur de Sigma Conseil), il a confirmé que la télévision a toujours profité des recettes publicitaires. Par contre, l’investissement publicitaire dans les journaux écrit a diminué ces sept dernières années (après le 14 janvier 2011). Il s’agit d’ailleurs de 23 400 annonces / année, à savoir 31% des recettes publicitaires qui proviennent des institutions publiques et 69% des recettes qui proviennent des institutions privées

Dans ce cadre, Dr. Arwa Kooli (enseignante à l’IPSI) a présenté l’expérience de la télévision publique, ce média indépendant qui travaille à but non lucratif. En tenant compte des critères de l’UNESCO, la chercheure a confirmé que la télévision tunisienne publique n’est pas un média de service public, pour plusieurs raisons : absence des programmes éducatifs, nominations des directeurs de la télévision faites par la Présidence et le non recours aux autorités indépendantes, l’usage du dialecte tunisien lors de certaines émissions politiques, l’absence d’équité au niveau du choix du public auxquels sont destinés les programmes, etc.

Toutes ces interventions confirment que la relation entre l’Etat et les médias dans le monde arabe est une relation de conflit permanent. Ce qui appelle les hommes politiques au Gouvernement à saisir qu’ils sont provisoires et qu’ils feront partie demain de l’opposition, tel qu’il a été confirmé par M. Joan Barata (universitaire et expert OSCE).

 

 

Attaque de Ben Guerdane et son effet médiatique sur le tourisme tunisien

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Durant plus qu’une semaine, les médias classiques (télé, radio et presse écrite) aussi bien que les nouveaux médias n’ont pas cessé de parler de l’opération terroriste de Ben Guerdane (Sud de la Tunisie). Mais chacun de ses médias avait choisi pour en parler, à sa manière, en adoptant un discours différent.

Si les médias sociaux étaient les premiers canaux d’informations à couvrir cet événement en procurant des informations instantanées, la presse électronique a pris par la suite la relève. Puis les autres médias à savoir la radio et la télé les ont rejoints. Mais comme à l’accoutumée, les photos inédites étaient présentes sur les médias sociaux telle que le Selfie des soldats exposés avec les cadavres des terroristes ou la photo du soldat présent sur le champ de la bataille, accompagné d’une trentaine d’habitants de Ben Gardanne qui suivaient derrière lui l’échange de tirs. Ainsi de statuts de fierté de notre armée tunisienne ont été partagés sur les médias sociaux.

De même, si la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie, a confirmé sa satisfaction de la couverture des télés et des radios de cette attaque, les photos des cadavres des terroristes partagées sur les médias sociaux, ont créée une grande polémique. Il est vrai que la déontologie du métier du journalisme interdit la diffusion de ce type de photos mais vu l’absence d’une charte d’usage des médias sociaux, certains Tunisiens se voyaient dans ce type de partage, une fierté de notre armée. Ainsi un discours de haine a pris place sur ces canaux de communication. Ce qui fait appel à l’autorégulation de nos usages sur les médias sociaux, pour ne pas nuire ni à l’ordre général du pays ni aux valeurs communes de la société.

De plus, tous les pays du monde ont félicité la Tunisie pour sa réussite à renverser le plan terroriste. Mais certains médias français ont été critiqués pour leurs discours déployés dans la couverture de cette opération. A titre d’exemple, lors d’un reportage télévisé, au lieu de signaler qu’il y a eu un bilan de tel nombre de terroristes morts et un autre nombre de martyrs, la présentatrice de la chaine publique France 24, a annoncé qu’il existe en total un nombre de morts. Cette absence de précision a posé des points d’interrogation alors que la France s’est toujours montrée solidaire avec les Tunisiens et elle a toujours critiqué le terrorisme. Pire encore, beaucoup de Tunisiens ont appelé à la fermeture du bureau de la chaine Qatarienne Aljazeera en Tunisie suite aux déclarations de l’une de ses journalistes sur son compte Facebook personnel. Il semblait ainsi que le scénario du bureau d’Aljazeera en Egypte pourra se reproduire en Tunisie, ce qui pourra nuire à la liberté d’expression, dans un pays qui vient de remporter le Prix Nobel de la Paix pour la réussite de sa transition démocratique. Mais cela appelle aussi les médias étrangers à être neutre dans leur couverture médiatique des événements en Tunisie, mise à part leur agenda politique.

Et le tourisme ?

Il est à noter que cette attaque a eu lieu une semaine avant les vacances du printemps pour les élèves des écoles primaires, des collèges et des lycées. Ces vacances représentent une période de repos dont les parents en profitent pour partir passer quelques jours avec leurs enfants, chez les grands parents dans les régions de l’intérieur ou dans un hôtel de luxe au sahel ou au sud du pays.
Etant donné que la Tunisie souffre depuis l’attaque de Bardo tenue en 2015, de la réduction du flux de touristes, la majorité des acteurs du tourisme en Tunisie ont choisi pour ces vacances de printemps, de cibler les clients en Tunisie, en proposant une offre riche de promotions, sauf que cette opération terroriste risquait de faire éloigner du sud non seulement les touristes étrangers mais aussi les citoyens tunisiens qui pensaient profiter d’un séjour saharien.

Cela n’empêche de dire que les Tunisiens ont exprimé comme à l’accoutumée un élan de solidarité contre le terrorisme. Donc la présence des Tunisiens au sud du pays est une preuve de bravoure et un message clair aux militants auprès de Daaech que la Tunisie ne sera jamais un abri du terrorisme.
Par la suite, aujourd’hui, en présence d’une mosaïque médiatique de journaux et de chaines radiophoniques et télévisées qui émettent en Tunisie et ailleurs, la Tunisie possède déjà sa machine communicationnelle. Et comme ces médias locaux ont réussi à couvrir l’opération terroriste de Ben Guerdane, ils sont ainsi appelés à prendre individuellement l’initiative pour promouvoir l’image du pays à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur. Notons que le terrorisme a marqué sa présence dans les pays les plus puissants du monde à savoir les Etats Unis, la France, le Royaume Unis, etc.
De même, l’engagement du citoyen dans la promotion de l’image du pays à l’extérieur est primordial, avec la disponibilité des médias sociaux. La citoyenneté s’exprime d’ailleurs à travers le partage des photos et des vidéos des zones touristiques car citoyen est devenu de nos jours, un acteur à part entière. Plus besoin d’attendre la réaction des instituions gouvernementales. Nous sommes tous des communicateurs !

Nouha Belaid

« Envoyé spécial » : Le client est-il le roi à l’ère des médias sociaux ?

téléchargementLes fans de l’émission hebdomadaire « Envoyé Spécial » diffusée sur la chaîne télévisée France 2, avaient comme à l’accoutumée un rendez-vous spécial, ce 04 mars 2016. L’un des reportages de cette émission a mis l’accent sur le métier du community management en France.

Le community management, défini comme étant le fait de gérer des communautés en ligne, a évolué comme métier, ces dix dernières années en France. Il est devenu une mission à part entière pour toute entreprise qui cherche à se connaitre ou à résister sur le marché. De même, la e-réputation est devenue une affaire très importante pour ces entreprises. C’est d’ailleurs, parmi les tâches principales du community manager.

« Envoyé spécial » a signalé dans son reportage sur le métier du community management qu’aujourd’hui, lorsqu’on n’est pas satisfait d’un produit ou d’un service, on n’a plus tendance d’aller écrire ou téléphoner au service client du produit, surtout que cela pourra se solder par une très longue attente. Donc certains consommateurs mécontents choisissent de s’exprimer sur les médias sociaux. Ils pensent ainsi que cela pourra être plus efficace étant donné que l’entreprise cherche à avoir une bonne réputation sur le net, ce qui la pousse à répondre aux commentaires des consommateurs mécontents et régler leurs problèmes en un laps de temps très court. Cela était dans ce reportage, le cas d’une française qui a exposé son problème sur Twitter.

Par la suite, le reportage a signalé que les community managers cherchent à séduire les consommateurs. Donc une réclamation d’un consommateur pourra donner naissance à un bad buzz. Ce qui fait impliquer une « armée » de community mangers pour face à cette mauvaise réputation sur Internet. Mais entre temps, on se demande si les médias sociaux ont rendu au client son statut réel comme on l’a toujours confirmé : Le client est toujours le roi ? car les messages des clients constituent aujourd’hui, une arme de destruction massive en terme de publicité : tout le monde peut les lire, à tout moment et là où ils sont. Au même temps, le client pourra mettre en valeur un produit à travers un commentaire de remerciement.

Certainement, on se demande qui sont ces community managers ? Ce sont tout simplement, des diplômés en marketing et en communication. Mais ces cinq dernières années, des universités et des centres de formation en France et même en Tunisie, ont commencé à livrer des diplômes en community management, vu l’utilité de ce métier pour faire survivre une entreprise ou soigner son image de marque. Cela n’empêche pas de confirmer qu’il arrive que quelqu’un non spécialiste du domaine, exerce le métier. La reconnaissance du métier est confirmée mais reste aux diplômés en community management d’arracher leurs places.

Nouha Belaid

A voir émission complète, épisode diffusé le 04/03/2016

 

Les usagers de Facebook en Tunisie : un déséquilibre remarquable entre les gouvernorats

L’agence du webmarketing tunisienne Medianet vient de publier une récente recherche qui dresse le bilan des usagers du réseau social numéro un en Tunisie et dans le monde entier : Facebook.

Cette étude fût la première de ce genre en Tunisie, car depuis la création de ce réseau social, le seul chiffre que nous disposons  est celui du nombre des facebokeurs tunisiens. Et encore ce chiffre n’est pas réellement correcte vu le nombre de faux profils qui est incomptable.

Par la suite, cette étude a relevé qu’il existe en Tunisie,  5 690 100 facebookeurs répartis d’une manière déséquilibrée sur les gouvernorats, même si la majorité utilisent le mobile pour avoir accès à ce réseau social.

Sur Tunis, il existe d’ailleurs, le plus grand nombre de facebookeurs. Il s’agit de 3 447 000 facebookeurs, soit 61.58 % du nombre total de facebookeurs en Tunisie, alors que le nombre de facebookeurs répartis sur les autres gouvernorats, varie entre 11 400 et 153 000 facebokeurs. De plus, si la capitale est classée en premier rang, le gouvernorat de Sfax occupe le deuxième rang, suivie successivement des autres gouvernorats : Sousse, Nabeul et Monastir. Ci-dessous le Silder de l’étude.

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Notons ainsi que cette étude s’avère utile pour les chercheurs en marketing et en communication digitale ainsi que les bureaux de sondage et les agences de webmarketing qui utilisent Facebook comme canal de communication. Sauf que Medianet reste toujours ferme, comme elle l’a été à l’accoutumée sur sa stratégie de travail aboutissant à ces résultats. Et cette absence de transparence crée entre autres, des doutes sur la fiabilité des chiffres livrés par cette étude, étant donné que le nombre de faux profils est incomptable sur Facebook.

Par la suite, nous rappelons que l’opinion publique a confirmé il y a quelques années que Facebook a déclenché la révolution tunisienne mais aucune étude scientifique ne l’a jusqu’à présent confirmé. Alors si cette révolution a été déclenché dans un gouvernorat dont 7 % seulement du nombre total de facebookeurs ont accès à Facebook, pourrons nous encore confirmer que cette révolution est une révolution digitale ? Reste à confirmer selon la disponibilité d’autres caractéristiques démographiques et de données sociologiques. Cette étude n’est ainsi, qu’une étape préliminaire en absence d’autres détails.

Nouha BELAID

Colloque – Dakar 2015 – Les médias en Afrique : bilan, enjeux et perspectives

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« Les médias en Afrique, cinquante ans après le soleil des indépendances : bilan, enjeux et perspectives », était le thème du colloque organisé  récemment, par le réseau international de recherche Théophraste et le CESTI.

Des professeurs et des chercheurs éminents ont participé à cette rencontre scientifique que le réseau Théophraste a pris l’habitude d’organiser chaque année, dans l’un des pays francophones. La Tunisie avait d’ailleurs, l’honneur d’accueillir ce réseau de recherche, en 2011, au CAPJC. Cette année, le colloque a eu lieu à Dakar, afin de fêter le cinquantième anniversaire du CESTI.

Cette année, le colloque a mis l’accent sur quatre axes complémentaires : les médias et le processus de démocratisation en Afrique, la régulation et l’autorégulation, la formation en journalisme en Afrique et les enjeux liés aux médias sociaux.

Tidiane DIO (Université Paris Sorbonne Nouvelle) a souligné que « l’arrivée ou le retour annoncé de certains groupes français en Afrique pourrait bien faire, penser, quelque part, à une tentative de reconstitution de [l’empire médiatique français perdu] ». Alors même le basculement vers le numérique était une opportunité pour la France pour qu’elle reformule son existence sur la scène médiatique africaine vu le besoin qui s’est imposé.

De leurs côtés, Sarr IBRAHIMA (CESTI – Dakar) et Ndiaga LOUM (UQQ – Canada) ont mis l’accent sur la relation complexe qui rassemble le journaliste et le politique au Sénégal, en affirmant que «  la pluralité [médiatique] s’inscrit dans la pratique malgré des restrictions provenant de l’Etat ». Selon leurs propos, la liberté de l’information au Sénégal « reste suspendue à l’épreuve des temps politiques ». Ce qui a poussé d’ailleurs, Marie Soleil FRERE (Université Libre de Bruxelles) de se poser la question suivante : vers un système médiatique pluraliste autoritaire en Afrique francophone ?. Il s’agit d’un système hybride qui selon elle, ne devrait pas être un soutien pour la démocratie mais plutôt « le fruit d’un projet politique abouti qui présente les apparences institutionnelles et symboliques de la démocratie ».

Cela nous pousse aussi à se poser des questions sur les modèles de concentration médiatique en Afrique. Henri ASSOGBA (Université de Laval)  pense que quelque soit le pays étudié, la régulation de la concentration dans le secteur des médias est un exercice difficile d’équilibriste étant donné qu’il est un peu complexe de « se préoccuper à la fois de la préservation du pluralisme d’information sans toutefois compromettre le dynamisme économique de l’information ».

Quant à Bernadette Renée LIKASSA FOUTOU (Université Bordeaux Montaigne), elle a choisi d’étudier les débats menés sur Internet, sur l’élection présidentielle anticipée de 2009, au Gabon et ce, en assurant une veille informationnelle sur des sites dédiées au Gabon ainsi que sur les médias sociaux les plus utilisés. Une analyse des discours a été aussi menée. Ce qui lui a permis de déduire à la fin que « les médias sociaux par rapport aux médias traditionnels, ont acquis une place privilégiée pour les débats démocratiques grâce à leur fluidité ». Et cela est le cas même en Tunisie, au point que certains pensent que Facebook a fait la révolution dans ce pays.

La Tunisie au cœur de ce débat démocratique

Lors de ce colloque, les recherches menées sur la Tunisie était au nombre de quatre et elles ont porté sur le paysage médiatique Tunisien, avant et après le 14 janvier 2011. Le public présent a salué à cette occasion les Tunisiens, pour la réussite de leur transition démocratique.

Nouha BELAID (IPSI –Tunisie) a analysé la couverture médiatique virtuelle de l’élection présidentielle 2014, effectuée par la chaine nationale publique « Wataniya 1 ». Cette dernière a mis à  la disposition de son public un nouveau site « Election 2014 ». Il s’est avéré qu’un petit décalage entre les candidats aux élections présidentielles a été enregistré sur le web, ce qui donne intérêt à accorder cette mission de monotoring virtuelle à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie. Le Président de la HAICA, Nouri LAJMI était d’ailleurs, parmi les intervenants à ce colloque. Il s’est posé la question suivante, lors de son intervention « quel avenir pour les médias de service public en Tunisie ?». Il  a récité ainsi les mesures à déployer pour mettre en œuvre une véritable culture de service public et de citoyenneté en Tunisie et les moyens à utiliser. Alors que Laarbi CHOUIKHA (IPSI – Tunisie) a choisi comme titre pour son intervention «  La HAICA dans la tourmente politico médiatique », en soulignant le contexte de la mise en place de la HAICA et les décisions prises par cette autorité ainsi que les expériences vécues sous la houlette des différents gouvernements.

La formation des journalistes en Afrique

On ne pourra jamais avoir une presse de qualité si on ne parle pas au même temps d’une formation riche et variée en journalisme, assumée au sein des universités ou des centres de formation, par des professeurs bien formés au métier.

« Le journalisme d’investigation, le  journalisme de surveillance et de contrôle par excellence, et que d’aucuns appellent à revaloriser et à réaffirmer est l’un des axes de la formation journalistique post révolution », a affirmé Hamida EL BOUR (IPSI – Tunisie), en affirmant que la formation au journalisme d’investigation en Tunisie est une formation à la mission de contrôle exercé par les médias.

Signalons ainsi que le mastère en journalisme d’investigation a été suspendu à l’IPSI, à partir de cette année universitaire.

Emergence des médias sociaux en Afrique

La scène médiatique africaine a vécu ces dernières années, l’émergence des médias sociaux. Oumou Salam DEME (Université Sophia/ Antipolice de Nice)  a choisi de souligner les enjeux enregistrés au niveau de la performance des apprenants, après avoir commencé à adopter les TIC comme appui à l’enseignement et à l’apprentissage. Et si Omou Slam s’est intéressée aux élèves de l’école primaire, Dikhaté DIARRA (Université Bordeaux Montaigne) a mis l’accent sur l’usage des médias sociaux dans construction et la co-construction de savoir chez les étudiants sénégalais.

Un autre volet a été traité  au niveau du dernier axe du colloque, est celui de  l’usage d’Internet. Houssein CHARMARKEH (Université d’OTTAWA) a  présenté un projet de recherche qui est en cours de réalisation et dont le thème est l’influence des innovations technologiques sur les médias numériques, en soulignant le rôle des incubateurs, startups et fab labs en Afrique.

De même, Internet a touché la pratique journalistique. Tel qu’il a été confirmé par Mamadou NDIAYE (CESTI – Sénégal)  qui a étudié l’impact d’Internet et des médias sociaux. Les journalistes ont adopté de nouvelles pratiques du jour au lendemain avant même d’être formés à ces nouveaux canaux de communication.

Pour conclure, cette rencontre scientifique fût intéressante et les échanges étaient fructueux. Il s’avère difficile de mettre l’accent sur toutes les problématiques du domaine du journalisme en Afrique mais quelques unes ont été traitées.

Quant à la scène médiatique tunisienne, elle a besoin encore d’une grande réforme. En présence de la HAICA et en absence d’un conseil de presse, la question de régulation et d’autorégulation met toujours en enjeu le métier. Et malgré toutes les expériences vécues, beaucoup de leçons sont à donner et beaucoup de formations devraient être menées au profit des journalistes pour qu’ils fassent évoluer la qualité de leurs productions médiatiques. Le soleil de la démocratie n’a pas encore touché réellement la scène médiatique tunisienne, étant donné que la relation entre journaliste et politique est au cœur du débat.

Nouha BELAID

 

Sauver la communication politique gouvernementale en Tunisie

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N.B: Cet article a été publié par HuffPost Tunisie le 26/11/2015

J’ai choisi d’emprunter le titre de l’ouvrage de Dominique WOLTON «  SAUVER LA COMMUNICATION » vu l’échec actuel du gouvernement tunisien dans sa communication politique, suite à l’attaque terroriste menée contre un bus de la garde présidentielle.

L’échec a été enregistré depuis le démarrage de la crise. Au moment où les citoyens attendaient à être rassurés par leurs protecteurs, gouverneurs de ce pays, le gouvernement a marqué un silence qui dépasse les trois heures. Une seule photo véhiculait sur les médias sociaux, celle du bus brûlé. Toute suite après, les agents de sécurité ont interdit l’accès aux journalistes aussi bien qu’aux citoyens vu la gravité de la situation. Il y avait partout les cadavres des victimes et les blessés encore vivants qui demandaient de l’aide. A vous ensuite d’imaginer la situation dans laquelle se trouvaient les agents de sécurité surtout qu’il s’agit d’une attaque contre leurs collègues.

Trois heures de silence et on critique les journalistes ?

Certains organismes médiatiques ont critiqué la violence menée de la part des agents de sécurité contre les journalistes qui étaient présents sur le champ de l’attaque. Le bilan de plus qu’une vingtaine d’agressions a été enregistré.

Ainsi on se demandait si les agents de sécurité étaient obligés de se comporter de cette manière agressive, alors que nous devrons être l’exemple de la démocratie après tout ce que nous avions vécu ces dernières années, depuis le 17 décembre 2010. Ce n’est pas la constitution tunisienne qui garantie le droit du citoyen à l’accès à l’information ? Que dire alors du journaliste ?! … D’ailleurs, ce n’est pas à l’agent de sécurité de rappeler le journaliste de la déontologie du métier, entre autres prendre ou non des photos mais plutôt d’assurer sa sécurité sur le champ de la bataille. Et si le journaliste  ne respecte pas la déontologie du métier, il sera critiqué par les institutions concernées.

En réalité, ces pratiques barbares commisses à l’égard des journalistes n’étaient pas une solution pour limiter la propagation de l’information car il n’y avait pas que les journalistes qui ont été à la recherche de l’information mais aussi les citoyens. Qu’est ce que vous attendez de ces citoyens vu que le gouvernement a passé plus que trois heures sans communiquer une information : aucun communiqué n’a été diffusé, aucune déclaration n’a été faite d’un haut responsable et aucun message  n’a été lancé sur Facebook.etc. On ne demandait pas des chiffres ou des confirmations mais un message rassurant pour calmer les tensions. Pire encore, le Président de la République a annoncé que la réunion avec le conseil de sécurité aura lieu le lendemain. On suppose que c’est le cas, faut-il réellement le dire au moment ou les Tunisiens attendent des directives immédiates pour mettre fin au terrorisme ?. ll a fallu leur dire : «  nous allons faire ! », en leur rappelant des derniers acquis sur le plan sécuritaire.

Gérer une crise, çà s’apprend !

C’est clair que le gouvernement tunisien, malgré toutes les crises vécues, ne sait pas encore gérer sa communication de crise, en absence d’une stratégie claire.

De plus malgré tous les textes lois, malgré le prix Nobel et les milliers de conflits vécus, la liberté d’expression et de l’accès à l’information est toujours remise en question car les responsables politiques ne savent pas encore que la question de l’information, avant qu’elle devienne un enjeu professionnel ou économique, elle est au cœur de la vitalité démocratique elle-même, tel qu’il a été déclaré par le philosophe Edwy PLENETL. Il a ajouté d’ailleurs que «  proclamer ce dit, c’est ainsi refuser la confiscation de la politique par ceux qui prétendent savoir quand d’autres ne pourraient jamais savoir ».

D’un autre coté, PLENEL confirme dans son ouvrage « Le droit au savoir » qu’un journaliste fait son boulot quand il informe le public ce qui lui échappe, ce qu’on lui cache, ce que lui est méconnu ou inconnu. Donc on se demande si le bureau de communication du Ministère de l’Intérieur a déjà de bonnes relations avec les médias. Et là se manifeste le vrai boulot des relations publiques car ces relations deviennent plus importantes durant une crise. On pourrait même devenir un Spin doctor grâce aux liens forts que nous avons tissés auparavant avec des leaders d’opinion dans des entreprises médiatiques.

Comme l’a déjà dit Dominique WOLTON, «  communiquer n’est pas un jeu d’enfant » mais c’est un travail de ruse. Il faut être rusé pour savoir gérer une crise et cela nécessite des aptitudes communicationnelles de haute qualité : rapidité, instantanéité, fluidité de réponse, intelligence.etc. Comme cela peut aussi se développer avec le temps via les formations mensuelles du personnel. Mais aussi il faut  toujours faire l’évaluation finale de chaque crise vécue  pour tirer des leçons et apprendre à réagir dans une deuxième occasion, sachant que les plans de communication diffèrent selon le contexte à savoir le contexte spatio-temporel et les acteurs. Les enjeux d’une crise ne sont pas toujours les mêmes mais un plan de communication préparé à l’avance pour gérer une crise est toujours appréciable, à savoir : un discours déjà filmé et adaptable à toutes les situations, un communiqué de presse déjà préparé.etc.

Nouha BELAID