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Colloque – Dakar 2015 – Les médias en Afrique : bilan, enjeux et perspectives

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« Les médias en Afrique, cinquante ans après le soleil des indépendances : bilan, enjeux et perspectives », était le thème du colloque organisé  récemment, par le réseau international de recherche Théophraste et le CESTI.

Des professeurs et des chercheurs éminents ont participé à cette rencontre scientifique que le réseau Théophraste a pris l’habitude d’organiser chaque année, dans l’un des pays francophones. La Tunisie avait d’ailleurs, l’honneur d’accueillir ce réseau de recherche, en 2011, au CAPJC. Cette année, le colloque a eu lieu à Dakar, afin de fêter le cinquantième anniversaire du CESTI.

Cette année, le colloque a mis l’accent sur quatre axes complémentaires : les médias et le processus de démocratisation en Afrique, la régulation et l’autorégulation, la formation en journalisme en Afrique et les enjeux liés aux médias sociaux.

Tidiane DIO (Université Paris Sorbonne Nouvelle) a souligné que « l’arrivée ou le retour annoncé de certains groupes français en Afrique pourrait bien faire, penser, quelque part, à une tentative de reconstitution de [l’empire médiatique français perdu] ». Alors même le basculement vers le numérique était une opportunité pour la France pour qu’elle reformule son existence sur la scène médiatique africaine vu le besoin qui s’est imposé.

De leurs côtés, Sarr IBRAHIMA (CESTI – Dakar) et Ndiaga LOUM (UQQ – Canada) ont mis l’accent sur la relation complexe qui rassemble le journaliste et le politique au Sénégal, en affirmant que «  la pluralité [médiatique] s’inscrit dans la pratique malgré des restrictions provenant de l’Etat ». Selon leurs propos, la liberté de l’information au Sénégal « reste suspendue à l’épreuve des temps politiques ». Ce qui a poussé d’ailleurs, Marie Soleil FRERE (Université Libre de Bruxelles) de se poser la question suivante : vers un système médiatique pluraliste autoritaire en Afrique francophone ?. Il s’agit d’un système hybride qui selon elle, ne devrait pas être un soutien pour la démocratie mais plutôt « le fruit d’un projet politique abouti qui présente les apparences institutionnelles et symboliques de la démocratie ».

Cela nous pousse aussi à se poser des questions sur les modèles de concentration médiatique en Afrique. Henri ASSOGBA (Université de Laval)  pense que quelque soit le pays étudié, la régulation de la concentration dans le secteur des médias est un exercice difficile d’équilibriste étant donné qu’il est un peu complexe de « se préoccuper à la fois de la préservation du pluralisme d’information sans toutefois compromettre le dynamisme économique de l’information ».

Quant à Bernadette Renée LIKASSA FOUTOU (Université Bordeaux Montaigne), elle a choisi d’étudier les débats menés sur Internet, sur l’élection présidentielle anticipée de 2009, au Gabon et ce, en assurant une veille informationnelle sur des sites dédiées au Gabon ainsi que sur les médias sociaux les plus utilisés. Une analyse des discours a été aussi menée. Ce qui lui a permis de déduire à la fin que « les médias sociaux par rapport aux médias traditionnels, ont acquis une place privilégiée pour les débats démocratiques grâce à leur fluidité ». Et cela est le cas même en Tunisie, au point que certains pensent que Facebook a fait la révolution dans ce pays.

La Tunisie au cœur de ce débat démocratique

Lors de ce colloque, les recherches menées sur la Tunisie était au nombre de quatre et elles ont porté sur le paysage médiatique Tunisien, avant et après le 14 janvier 2011. Le public présent a salué à cette occasion les Tunisiens, pour la réussite de leur transition démocratique.

Nouha BELAID (IPSI –Tunisie) a analysé la couverture médiatique virtuelle de l’élection présidentielle 2014, effectuée par la chaine nationale publique « Wataniya 1 ». Cette dernière a mis à  la disposition de son public un nouveau site « Election 2014 ». Il s’est avéré qu’un petit décalage entre les candidats aux élections présidentielles a été enregistré sur le web, ce qui donne intérêt à accorder cette mission de monotoring virtuelle à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie. Le Président de la HAICA, Nouri LAJMI était d’ailleurs, parmi les intervenants à ce colloque. Il s’est posé la question suivante, lors de son intervention « quel avenir pour les médias de service public en Tunisie ?». Il  a récité ainsi les mesures à déployer pour mettre en œuvre une véritable culture de service public et de citoyenneté en Tunisie et les moyens à utiliser. Alors que Laarbi CHOUIKHA (IPSI – Tunisie) a choisi comme titre pour son intervention «  La HAICA dans la tourmente politico médiatique », en soulignant le contexte de la mise en place de la HAICA et les décisions prises par cette autorité ainsi que les expériences vécues sous la houlette des différents gouvernements.

La formation des journalistes en Afrique

On ne pourra jamais avoir une presse de qualité si on ne parle pas au même temps d’une formation riche et variée en journalisme, assumée au sein des universités ou des centres de formation, par des professeurs bien formés au métier.

« Le journalisme d’investigation, le  journalisme de surveillance et de contrôle par excellence, et que d’aucuns appellent à revaloriser et à réaffirmer est l’un des axes de la formation journalistique post révolution », a affirmé Hamida EL BOUR (IPSI – Tunisie), en affirmant que la formation au journalisme d’investigation en Tunisie est une formation à la mission de contrôle exercé par les médias.

Signalons ainsi que le mastère en journalisme d’investigation a été suspendu à l’IPSI, à partir de cette année universitaire.

Emergence des médias sociaux en Afrique

La scène médiatique africaine a vécu ces dernières années, l’émergence des médias sociaux. Oumou Salam DEME (Université Sophia/ Antipolice de Nice)  a choisi de souligner les enjeux enregistrés au niveau de la performance des apprenants, après avoir commencé à adopter les TIC comme appui à l’enseignement et à l’apprentissage. Et si Omou Slam s’est intéressée aux élèves de l’école primaire, Dikhaté DIARRA (Université Bordeaux Montaigne) a mis l’accent sur l’usage des médias sociaux dans construction et la co-construction de savoir chez les étudiants sénégalais.

Un autre volet a été traité  au niveau du dernier axe du colloque, est celui de  l’usage d’Internet. Houssein CHARMARKEH (Université d’OTTAWA) a  présenté un projet de recherche qui est en cours de réalisation et dont le thème est l’influence des innovations technologiques sur les médias numériques, en soulignant le rôle des incubateurs, startups et fab labs en Afrique.

De même, Internet a touché la pratique journalistique. Tel qu’il a été confirmé par Mamadou NDIAYE (CESTI – Sénégal)  qui a étudié l’impact d’Internet et des médias sociaux. Les journalistes ont adopté de nouvelles pratiques du jour au lendemain avant même d’être formés à ces nouveaux canaux de communication.

Pour conclure, cette rencontre scientifique fût intéressante et les échanges étaient fructueux. Il s’avère difficile de mettre l’accent sur toutes les problématiques du domaine du journalisme en Afrique mais quelques unes ont été traitées.

Quant à la scène médiatique tunisienne, elle a besoin encore d’une grande réforme. En présence de la HAICA et en absence d’un conseil de presse, la question de régulation et d’autorégulation met toujours en enjeu le métier. Et malgré toutes les expériences vécues, beaucoup de leçons sont à donner et beaucoup de formations devraient être menées au profit des journalistes pour qu’ils fassent évoluer la qualité de leurs productions médiatiques. Le soleil de la démocratie n’a pas encore touché réellement la scène médiatique tunisienne, étant donné que la relation entre journaliste et politique est au cœur du débat.

Nouha BELAID

 

Statistique et démocratie, thème du forum de l’ESSAI – Pourrons-nous influencer l’opinion publique via la statistique ?

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Le Forum de l’Ecole Supérieure de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ESSAI) a eu lieu cette année, le 18 novembre 2015, à la Bibliothèque Nationale et dont le thème était « statistique et démocratie ». Des personnes éminentes ont marqué leur présence afin de débattre un sujet très important au moment où nous commençons en Tunisie, à avoir des doutes par rapport aux statistiques livrées par les instituts de sondage privés. 

La Secrétaire d’Etat rattachée au Ministère du Développement et de la Coopération Internationale a été parmi les invités d’honneur de ce forum. Elle a signalé ainsi que la statistique est un élément important pour la prise des décisions et pour cette raison qu’elle présente un élément primordial de la stratégie globale de la Tunisie qui mène par la suite à la mise en œuvre de toutes les politiques.  Elle a noté qu’elle est importante pour les pouvoirs publics aussi bien que les pouvoirs privés.

Elle a rappelé le public présent que c’était en 1999 que fut la réforme du domaine de la statistique y compris la révision juridique. L’ESSAI fait partie de cette réforme vu le rôle qu’elle joue au sein de la société. Elle travaille d’ailleurs, en étroite relation avec l’Institut National des Statistiques (INS). Et notons que le recensement de 2014, fait partie des projets de l’INS comme acteur actif de cette scène. L’INS publie aussi des bulletins mensuels considérés comme bénéfiques pour différentes organisations qui ont tendance à faire des analyses stratégiques pour bien mener leurs travaux.

La Secrétaire d’Etat a affirmé que la nouvelle ère de la Tunisie se base sur le fondement de la démocratie. Donc un nouveau schéma de développement a été préparé pour assurer un nouveau système de distribution. Cela impose la présence des outils statistiques fiables.  Par ailleurs, les données statistiques devraient instaurer un climat de confiance auprès de la population. Et elle a ajouté « En l’absence de données statistiques, nous risquons de vivre des confrontations. D’où le besoin de la statistique pour faciliter le dialogue entre les acteurs de la société. La crédibilité et l’indépendance des données statistiques sont nécessaires ».

Madame la Secrétaire d’Etat a annoncé aussi que l’Etat vise à déterminer la meilleure stratégie pour mieux utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au service de la statistique, à intensifier les canaux de la diffusion des données statistiques et à développer les  outils de détermination des données au niveau des régions. Elle a finit son mot par souligner l’importance de l’ESSAI pour l’économie nationale.

La statistique, histoire, pratiques et éthiques

De son côté, Jean Jacques DROESBEKE (Professeur à l’Université Libre de Bruxelles) a mis l’accent sur l’histoire de la statistique, en passant les quatre périodes :

  • L’antiquité la fin de l’empire romain, là où les recensements étaient importants pour les dirigeants et cela leur a permis de  reconstruire leurs empires.
  • Le Moyen âge mais nous avons enregistré des problèmes
  • Le contrôle de l’Etat et de la Religion : En 14ème siècle, des registres paroissiaux fussent crées
  • Au 17ème et au 18ème siècle : Estimation de la population et les instruments de mesure sont devenus plus performants. Ainsi nous parlions des lois des erreurs d’observation.

Notons ainsi quelques points forts du 19ème siècle : les théories de la moyenne, la corrélation, la régression et autres.  Le mariage entre statistique et démocratie a été née d’ailleurs vers la fin du 19ème siècle.

De sa part, Jean-Louis BODIN (INSEE France) a souligné la différence entre la statistique privée et la statistique publique. Cette dernière reçoit des fonds publics, elle travaille au profit de la société et elle favorise l’accès des citoyens à l’information. Elle est aussi soumise à deux autorités : l’autorité scientifique et l’autorité administrative.

Il a souligné ainsi que la statistique est gérée par la loi, le code éthique et le code de bonne pratique. En ce qui concerne l’éthique, si nous parlons de la Résolution des Nations Unies, c’est le 23 février 1990 qu’une décision a été prise pour préparer une charte rappelant les valeurs de la statistique publique communs à toutes les sociétés démocratiques, à l’échelle internationale.  Mais c’est en 2014 que l’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé cette Résolution.

Concernant la pratique de la statistique en Tunisie, Mouna ZGOULLI (Institut National de la Statistique) a présenté la charte statistique tunisienne. Cette dernière englobe dix principes, à savoir: l’impartialité, la responsabilité, l’indépendance scientifique, la transparence, le cadre légal.etc.

Statistique et opinion publique

Concernant l’implication de l’Etat, Jean Jacques DROESBEKE a présenté l’exemple de l’Argentine où l’Etat manipulait voire falsifiait les statistiques. Cela a été critiqué par le Fonds Monétaire International (FMI).

En Tunisie, nous avons vécu une expérience unique lors du deuxième tour, des élections présidentielles  en 2014, quand le PDG du bureau d’études « SIGMA CONSEIL » a annoncé approximativement les pourcentages de vote pour les deux candidats, avant la fermeture des bureaux de vote.  L’Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE) a critiqué cet acte vu qu’il y’ait un silence électoral à respecter.

Mais nous avons remarqué déjà, en Tunisie, l’évolution du métier du statisticien après les événements du 14 janvier 2011, vu le climat de liberté qui s’est offert aux citoyens. De plus la nouvelle constitution tunisienne garantie le droit du citoyen à l’accès à l’information. Et cela à eu des répercussions positives sur le phénomène de veille informationnelle. Tout le monde est devenu à la recherche des informations fiables et crédibles.

Et puis les statistiques sont devenues un élément essentiel afin d’avoir une idée sur le public ciblé. Aujourd’hui, aucun parti politique ou institution associative ne pourra proposer un projet de développement sans être passé par une étude statique afin de savoir comment cibler son public. Aujourd’hui aussi,  aucune entreprise économique ne pourra lancer un produit sur le marché ou concevoir une campagne de marketing et de communication, sans qu’il y ait ce passage par les données statistiques afin de comprendre les usages et les pratiques de ses consommateurs. Les domaines d’exploitation de la statistique sont nombreux voire innombrables.

Bref, aujourd’hui, tout est défini par la statistique. Pour savoir s’adresser à sa cible ou pour savoir corriger ou améliorer les situations, il faut passer par la statistique. Et pour influencer ? Ne faut-il pas aussi passer par la statistique ?

Certains pensent que celui qui détient l’information, il détient la moitié de la réalité. Alors si nous détenons l’information selon des bases scientifiques, nous ne détenons pas la réalité complète ? Ainsi, nos choix ne seront pas le résultat de l’acceptation de cette réalité ?

Ensuite, il suffit qu’un leader d’opinion annonce des statistiques pour qu’une communauté le suive, ce qui impose la fiabilité des statistiques. Et cela mènera à l’établissement d’un climat de confiance entre les acteurs : émetteurs des statistiques et récepteurs.

Ce que nous pouvons confirmer, c’est que la  crédibilité de nos études statistiques est le miroir de la démocratie dans notre pays. Plus nous sommes honnêtes et nous livrons des chiffres correctes, plus nous sommes des êtres libres dans nos choix et nos décisions.

Nouha BELAID

N.B: Découvrez les interventions des conférenciers en vidéo

Enseignement en ligne en Tunisie: Usage des TIC

Cette présentation a été faite lors de la conférence Internationale sur la didactique et la pédagogie qui a eu lieu, les 17 et 18 Novembre 2015 –‪#‎Oran‬ ( ‪#‎Algérie‬) / Plus de détails dans une prochaine publication.

Tunisie – Homme politique et communication : le cas de Noomane Fehri

Nommé Ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, en Tunisie, M.Noomane FEHRI a choisi de garder son profil personnel sur Facebook, qui fonctionne en parallèle avec sa page Facebook officielle. Depuis les événements du 14 janvier 2011, l’octroi d’une page Facebook est devenu d’ailleurs, utile pour un homme politique en Tunisie, sauf que certains choisissent d’avoir un compte Facebook ouvert au public.

M.le Ministre Noomane FEHRI a opté pour un autre plan comme s’il a voulu garder ce lien d’intimité avec ces amis et ces proches. Possédant toujours un compte Facebook, il a ajouté l’étiquette  « Personal Profile » et en gardant toujours sa photo avec sa femme comme couverture de ce compte Facebook.

M.Noomane Fehri et sa femme

M.Noomane Fehri et sa femme

En fait, son nouveau statut ne l’a pas poussé à adapter de nouvelles pratiques technologiques. Il a gardé les mêmes pratiques mais en prenant du recul par rapport à la publication de ses opinions politiques.

Sur son compte Facebook qui suppose être personnel,  nous trouvons  presque 5000  personnes qui sont amis  avec lui. Il est toujours identifié dans des publications de tout genre. La publication pourrait être une information politique mais elle pourrait être une photo prise en famille. Et d’ailleurs, ce compte Facebook présente l’image d’un papa heureux, qui vit une vie de famille stable et pleine de joie et de bonheur.

M.Noomane Fehri accompagné de sa famille (Photo publiée publiquement sur Facebook)

M.Noomane Fehri accompagné de sa famille (Photo publiée publiquement sur Facebook)

Quand la femme du Ministre s’exprime !

En Tunisie, nous n’avons jamais parlé de la femme d’un Ministre.  Mais nous savons aussi que derrière chaque grand homme se cache une femme. Dans une première en Tunisie, la femme d’un Ministre s’est exprimée sur son compte Facebook. Il s’agit de  Mme Latifa FEHRI qui a identifié  son mari, M.le Ministre des TIC dans un joli statut. Elle faisait l’éloge de son mari avec tant d’amour et de tendresse.

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Les spécialistes de la communication savent qu’en France Carla BRUNI a été un instrument politique pour Nicolas SARKOZY, l’ex Président français. Grâce à elle, Sarkozy a pu présenter au peuple l’image d’un mari amoureux. Et les journalistes ne cessaient suivre les activités de Carla qui était un élément fondamental de la stratégie de communication de Sarkozy.

En ce qui concerne Mme FEHRI, bien qu’elle ait fait les choses par amour mais ses paroles envers son époux de temps en temps, pourraient être considérées comme une bonne action de communication. Or pour un homme politique est-il utile d’avoir un compte Facebook personnel ou une page Facebook officielle publique ? Cela ne pourrait pas nuire à sa e-reputation en tant que Ministre ?

Nouha BELAID

N.B.: Cet article ne fait pas l’éloge de M.Noomane FEHRI mais il met l’accent sur une nouvelle pratique politique en Tunisie.

Lettre aux bacheliers… Les futurs journalistes !

  • L’animation n’est pas le journalisme
  • L’école du journalisme forme des futurs journalistes et non pas des « stars »
  • La rédaction s’impose et la maitrise de plusieurs langues est primordiale

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Nombreux sont les jeunes bacheliers qui ont rejoint les écoles du journalisme, en rêvant de devenir des animateurs télé et parfois des animateurs radio. Mais rares sont ceux qui pensent à se spécialiser dans la presse écrite ou la presse électronique dans leur cursus universitaire ou dans leur vie professionnelle. Mais comment cet amour pour l’audiovisuel et surtout la télé commence ? Pourquoi ils choisissent dés le début la télé ?

Acceptés par les écoles du journalisme et à partir de la première journée, ils se posent ces questions : Comment pourrai-je rejoindre une chaîne télévisée ? Que devrai-je faire  pour devenir une animatrice télé ?

Deux questions qui poussent les enseignants en journalisme aussi, à se demander s’ils enseignent des futurs journalistes ou des gens qui cherchent à devenir des stars.

Le terrain confirme que la majorité des bacheliers qui rejoignent une école de journalisme cherchent à devenir une star télé. Ils voient tellement des stars à la télé, parfois des pseudos journalistes, des animateurs qui attirent le public parfois avec un contenu médiocre et tout le monde en parle au point qu’ils pensent que la réussite dans le domaine du journalisme est liée à la célébrité ou bien à l’animation télé. Et où se sont partis les autres éléments nécessaires pour réussir une carrière en journalisme : la culture générale, la curiosité, la patience.etc. ?.

Le journalisme et la célébrité

La majorité des bacheliers pensent que devenir journaliste vous rend célèbre et puissant étant donné que la presse représente le quatrième pouvoir. Or la célébrité ne signifie pas la réussite dans la carrière journalistique. Il y a tant de journalistes compétents, qui travaillent dans les coulisses, qui ont confirmé leurs noms dans le domaine mais qui ne sont pas connus auprès du grand public. Et, il y a aussi tant de journalistes assez connus auprès du public mais ils n’ont pas les qualités nécessaires pour être qualifié comme des bons journalistes. Pire encore, ce qu’ils présentent comme matière informationnelle est classée comme « Trash information ».

Donc la célébrité n’accorde pas l’étiquette de compétence au journaliste. Elle fait plutôt partie de la culture du buzz et du monde de la communication et du marketing. C’est toute une équipe de communication qui s’occupe de la promotion d’un programme ou de l’image du présentateur que se soit à travers le média concerné ou via le web.

Mais est ce qu’un présentateur TV ou Radio est forcément un journaliste ?

Le journalisme et l’animation

La majorité des bacheliers qui décide de rejoindre une école de journalisme pense que le diplôme livré par une école pareille leur permettra de devenir des animateurs télé ou radio. Cela est vrai mais le journalisme diffère de l’animation.

« Un bon journaliste n’est pas automatiquement un bon animateur et un bon animateur n’est même pas un journaliste « 

Bien que certaines institutions livrent des diplômes en animation, l’art de l’animation est avant tout un don avant qu’il soit une formation. Par contre le journalisme s’enseigne vu qu’il y a des pratiques à développer et des connaissances à appréhender.

La règle dit ainsi qu’un bon journaliste n’est pas automatiquement un bon animateur et un bon animateur n’est même pas un journaliste.

C’est pour cette raison que les chaines télévisées exigent le recrutement des diplômés des écoles du journalisme pour la présentation du journal télévisé alors que l’animation des programmes télévisés pourra être effectuée par des diplômés d’autres disciplines. Il suffit d’être doué, d’aimer le métier, d’avoir surtout une belle allure et une voix captivante et pourquoi pas un grand bagage intellectuel pour réussir l’animation d’une émission télévisée.

Certes un certificat a une valeur étant donné que les animateurs des grandes chaines télévisées passent par des formations avant d’intégrer une équipe d’un média. Ce certificat pourra être délivré par un centre de formation pour une formation de longue ou de courte durée.

Les autres débouchés des écoles du journalisme

Le premier média qu’a connu l’humanité était le journal papier alias « La Gazette », sauf que le journal papier a commencé ces dernières années, à perdre sa valeur suite au développement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). La presse papier a cédé ainsi, sa place à la presse électronique, ce qui explique  la disparition de certains titres. Et d’ailleurs, la presse électronique était un moyen pour sauver le journalisme écrit de la crise économique qu’a traversé la scène médiatique, sachant que beaucoup de bacheliers pensent qu’ils vont fuir la rédaction en faisant la télévision ou la radio alors que nous écrivons pour la radio et pour la télé.

Notons aussi que le domaine du journalisme a connu ces dernières années, des grandes réformes au point que nous parlons aussi de la « web TV », de la « web radio » et des médias sociaux. Ces nouveaux médias ont participé au changement enregistré en matière de pratiques journalistiques.

Donc l’accès aux écoles de journalisme vous permet d’assurer plusieurs tâches : journaliste radiophonique, animateur radiophonique, journaliste télévisé, animateur télé, attaché de presse, journaliste photographe, reporter de guerre, journaliste rédacteur, journaliste reporter, présentateur des news, journaliste reporte d’images (JRI).etc.). Nombreux sont les débouchés de ce domaine. Mais comment devenir un bon journaliste ?

Les éléments nécessaires pour réussir une carrière en journalisme

Nous ne pouvons pas du jour au lendemain, devenir un bon journaliste. Mis à part l’amour que nous portons pour ce métier et la  passion qui nous attache à ce domaine, il y a des pratiques à développer et des connaissances à appréhender. Au cours des années d’étude, les étudiants en journalisme découvrent les différents genres journalistiques,  développent leurs carnets d’adresse, nouent de nouveaux liens,  améliorent leur bagage intellectuel.etc. Et surtout, avec un diplôme en journalisme, personne ne pourra  pas vous appeler par « intrus » parce que vous avez un diplôme en journalisme dans la poche. Mais notez bien que « la rédaction » s’impose et la maîtrise de plusieurs langues est primordiale.

Bonne chance aux nouveaux bacheliers !

Nouha BELAID