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Attaque de Ben Guerdane et son effet médiatique sur le tourisme tunisien

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Durant plus qu’une semaine, les médias classiques (télé, radio et presse écrite) aussi bien que les nouveaux médias n’ont pas cessé de parler de l’opération terroriste de Ben Guerdane (Sud de la Tunisie). Mais chacun de ses médias avait choisi pour en parler, à sa manière, en adoptant un discours différent.

Si les médias sociaux étaient les premiers canaux d’informations à couvrir cet événement en procurant des informations instantanées, la presse électronique a pris par la suite la relève. Puis les autres médias à savoir la radio et la télé les ont rejoints. Mais comme à l’accoutumée, les photos inédites étaient présentes sur les médias sociaux telle que le Selfie des soldats exposés avec les cadavres des terroristes ou la photo du soldat présent sur le champ de la bataille, accompagné d’une trentaine d’habitants de Ben Gardanne qui suivaient derrière lui l’échange de tirs. Ainsi de statuts de fierté de notre armée tunisienne ont été partagés sur les médias sociaux.

De même, si la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie, a confirmé sa satisfaction de la couverture des télés et des radios de cette attaque, les photos des cadavres des terroristes partagées sur les médias sociaux, ont créée une grande polémique. Il est vrai que la déontologie du métier du journalisme interdit la diffusion de ce type de photos mais vu l’absence d’une charte d’usage des médias sociaux, certains Tunisiens se voyaient dans ce type de partage, une fierté de notre armée. Ainsi un discours de haine a pris place sur ces canaux de communication. Ce qui fait appel à l’autorégulation de nos usages sur les médias sociaux, pour ne pas nuire ni à l’ordre général du pays ni aux valeurs communes de la société.

De plus, tous les pays du monde ont félicité la Tunisie pour sa réussite à renverser le plan terroriste. Mais certains médias français ont été critiqués pour leurs discours déployés dans la couverture de cette opération. A titre d’exemple, lors d’un reportage télévisé, au lieu de signaler qu’il y a eu un bilan de tel nombre de terroristes morts et un autre nombre de martyrs, la présentatrice de la chaine publique France 24, a annoncé qu’il existe en total un nombre de morts. Cette absence de précision a posé des points d’interrogation alors que la France s’est toujours montrée solidaire avec les Tunisiens et elle a toujours critiqué le terrorisme. Pire encore, beaucoup de Tunisiens ont appelé à la fermeture du bureau de la chaine Qatarienne Aljazeera en Tunisie suite aux déclarations de l’une de ses journalistes sur son compte Facebook personnel. Il semblait ainsi que le scénario du bureau d’Aljazeera en Egypte pourra se reproduire en Tunisie, ce qui pourra nuire à la liberté d’expression, dans un pays qui vient de remporter le Prix Nobel de la Paix pour la réussite de sa transition démocratique. Mais cela appelle aussi les médias étrangers à être neutre dans leur couverture médiatique des événements en Tunisie, mise à part leur agenda politique.

Et le tourisme ?

Il est à noter que cette attaque a eu lieu une semaine avant les vacances du printemps pour les élèves des écoles primaires, des collèges et des lycées. Ces vacances représentent une période de repos dont les parents en profitent pour partir passer quelques jours avec leurs enfants, chez les grands parents dans les régions de l’intérieur ou dans un hôtel de luxe au sahel ou au sud du pays.
Etant donné que la Tunisie souffre depuis l’attaque de Bardo tenue en 2015, de la réduction du flux de touristes, la majorité des acteurs du tourisme en Tunisie ont choisi pour ces vacances de printemps, de cibler les clients en Tunisie, en proposant une offre riche de promotions, sauf que cette opération terroriste risquait de faire éloigner du sud non seulement les touristes étrangers mais aussi les citoyens tunisiens qui pensaient profiter d’un séjour saharien.

Cela n’empêche de dire que les Tunisiens ont exprimé comme à l’accoutumée un élan de solidarité contre le terrorisme. Donc la présence des Tunisiens au sud du pays est une preuve de bravoure et un message clair aux militants auprès de Daaech que la Tunisie ne sera jamais un abri du terrorisme.
Par la suite, aujourd’hui, en présence d’une mosaïque médiatique de journaux et de chaines radiophoniques et télévisées qui émettent en Tunisie et ailleurs, la Tunisie possède déjà sa machine communicationnelle. Et comme ces médias locaux ont réussi à couvrir l’opération terroriste de Ben Guerdane, ils sont ainsi appelés à prendre individuellement l’initiative pour promouvoir l’image du pays à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur. Notons que le terrorisme a marqué sa présence dans les pays les plus puissants du monde à savoir les Etats Unis, la France, le Royaume Unis, etc.
De même, l’engagement du citoyen dans la promotion de l’image du pays à l’extérieur est primordial, avec la disponibilité des médias sociaux. La citoyenneté s’exprime d’ailleurs à travers le partage des photos et des vidéos des zones touristiques car citoyen est devenu de nos jours, un acteur à part entière. Plus besoin d’attendre la réaction des instituions gouvernementales. Nous sommes tous des communicateurs !

Nouha Belaid

Le Monde Diplomatique :  » La presse égyptienne mise au pas « 

Le Monde Diplomatique - Novembre 2015, p.20

Le Monde Diplomatique – Novembre 2015, p.20

« La presse égyptienne mise au pas »  est le titre d’un article lu dans le journal français Le Monde Diplomatique de ce mois (Novembre 2015). Cet article rédigé par le journaliste Aziz El MASSASSI, a remporté d’ailleurs, le prix  annuel de l’Association des Amis du Monde Diplomatique.
Dans cet article, des journalistes égyptiens libres s’exprimaient sur la situation des médias dans le pays des Pharaons, après la chute du régime des frères musulmans. Accusés de soutenir le terrorisme, les journalistes indépendants égyptiens sont pris pour cibles par le régime mis en place, celui de Abdel Fateh AL-SISSI.
Prenons comme exemple, quelques extraits des propos de quelques journalistes du journal « Al Ahram », de la chaîne télévisée « Nile TV » et d’autres médias:
"Les journalistes ne peuvent pas tout dire mais ils peuvent 
dire  n'importe quoi, y compris des mensonges"

"Avant, même s'il était très rare de pouvoir accéder aux 
documents, les politiciens se livraient davantage en Off... 
Plus maintenant... Désormais, tout le monde a peur".

 "Ceux qui critiquent le gouvernement ou livrent un récit des 
événements différent sont assimilés à des traîtres ou à des 
espions à la solde de puissances ennemies"
Rappelons  ainsi que l’Egypte a été classée selon le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) au 3ème rang des pays les plus dangereux pour les journalistes au Proche Orient, derrière la Syrie et l’Irak.
Aujourd’hui, la scène journalistique égyptienne souffre d’ailleurs, de devisions et de conflits entre journalistes. C’est le 26 octobre 2014, que 17 rédacteurs en chef des journaux les plus connus dans ce pays, ont signé une déclaration à refréner les critiques à l’encontre de la police, de l’armée et des institutions judiciaires, « au prétexte  s’indigne Amin, d’aider le gouvernement dans sa lutte contre les discours islamistes et les violence terroristes: un vœu de loyauté sans précédent dans l’histoire de l’Egypte ».
Ainsi, plus que six cent journalistes ont refusé cette forme d’autocensure et ont signé une pétition en ligne dénonçant cet acte qui va à leur avis, à l’encontre de la liberté de presse. Ils l’ont considéré comme « perte de dignité » pour chaque journaliste égyptien » alors qu’il est « une victoire pour le terrorisme ».
Nouha BELAID
 

Tunisie – L’attaque terroriste du bus commentée sur Facebook

Suite à l’attaque terroriste barbare qui a été menée hier , le 25 novembre 2015, contre le bus de la garde présidentielles, les Tunisiens ont réagit directement avec cette actualité sur Facebook, comme à l’accoutumée.

Ainsi de nombreux messages que j’ai rassemblés pour vous, m’ont attirée l’attention. Des messages qui reflètent la douleur ressentie par le peuple tunisien mais qui donnent une image aussi sur l’actualité suite à ce attaque, durant les premiers 24 H. Haro sur le terrorisme !

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Nouha Belaid- Éduquer aux médias sociaux #terrorisme

Après l’attaque du Bardo, la Tunisie debout !

N.B: Cet article publié sur le journal français The Dissident ne parle pas des SIC mais d’une cause nationale et universelle. Ma chère Tunisie n’a jamais été la terre du terrorisme. 

Au lendemain de la prise d’otage qui a frappé le musée du Bardo, à Tunis, l’unité nationale et la lutte contre le terrorisme semblent de mise dans le pays. Un pays choqué, mais décidé à protéger sa jeune démocratie et son ouverture au monde.

Le choc est immense. Aussi violent que la solidarité et les appels à l’unité se font impérieux. Abasourdis par la sanglante prise d’otage qui a eu lieu mercredi au musée du Bardo, à Tunis – et au cours de laquelle ont péri dix-neuf personnes, dont dix-sept touristes – les Tunisois se sont spontanément rassemblés dans la soirée sur l’avenue Habib Bourguiba, dans la capitale, afin d’exprimer leur indignation face à cet acte barbare.

Au même moment, alors que des milliers de personnes descendaient dans la rue, une pétition était lancée sur internet, appelant les Tunisiens à se montrer solidaires et unis pour défendre leurs libertés, leur diversité et leur tolérance, et ainsi couvrir les discours haineux et le bruit des armes. « Seule une poignée de personnes mal intentionnées jubile. À coup sûr, les terroristes et extrémistes de tous bords vont tenter d’utiliser ce drame pour diviser notre société, en jouant sur les peurs et les préjugés. Mais cette tragédie peut aussi nous rassembler comme jamais — cela ne dépend que de nous. (…) Ne nous laissons pas diviser et réduire au silence. », exhorte le texte, qui recueille seconde après seconde de nouvelles signatures.

Contrer la mauvaise réputation du pays

De fait, la majorité des Tunisiens dénonce cette violente agression contre les touristes étrangers. Dès l’annonce du drame, nombreux sont ceux à s’être mobilisés sur les réseaux sociaux, soucieux de contrer la mauvaise réputation du pays et d’envoyer un message à leurs amis étrangers. Des amis qui, de leur côté, n’ont pas tardé à exprimer leur soutien total à la Tunisie, à travers une campagne de solidarité menée par des internautes de France, de Serbie, de Russie, ou d’Italie. Les réseaux sociaux ont ainsi vu fleurir des pancartes affichant la volonté des uns et des autres de passer leurs prochaines vacances en Tunisie, et ce malgré les menaces terroristes pesant sur le pays, tandis que les slogans « Je suis Bardo » ou encore « Je suis la Tunisie » ont commencé à remplacer les photos de profils des internautes.

« Haro sur le terrorisme! »

Si cette attaque touche en plein cœur le secteur du tourisme en Tunisie – comme l’a rappelé hier Libération dans un article au titre particulièrement malvenu – il s’avère toutefois que la destination initiale des terroristes n’était pas le musée du Bardo, qui n’a jamais fait partie de leurs plans, mais bien le Conseil du peuple. Un symbole de la démocratie tunisienne donc, aujourd’hui mise à l’épreuve par ceux qui voudraient instiller peur et fragilité dans la société.

En réponse, des associations et des syndicats ont ainsi appelé à un rassemblement silencieux cet après-midi près du musée du Bardo, au nom de « l’unité nationale dans la lutte contre le terrorisme ». Malgré leur tristesse pour les victimes et leurs familles, les Tunisiens sont en effet convaincus que la peur et la violence n’ont pas leur place ici, et que le mouvement pour les libertés continuera son chemin. Les attentats contre Charlie Hebdo ont-ils bloqué la France ? Bien au contraire, ils ont confirmé la vitalité de la liberté d’expression. Il en sera de même pour les Tunisiens, qui étaient nombreux cet après-midi à dire « Haro sur le terrorisme ! ».

Nouha BELAID (de Tunis)

Quand la France éduque ses enfants au terrorisme, il est temps pour le faire chez nous !

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Au lendemain du 08 janvier 2015, au moment où nous étions encore, en train de relater les faits de l’attentant de « Charlie Hebdo » et de présenter nos sincères condoléances, nous la communauté arabe y compris tunisienne et nous nous sommes lancés dans leur campagne «  Je suis Charlie » sans comprendre pourquoi et comment nous le sommes,  les français ont choisi de parler à leurs futures générations (enfants et adultes) de « Charlie Hebdo », dans le cadre de l’éducation des enfants aux médias.

Des images forcément violentes et des vidéos insoutenables tournaient en boucle sur les chaînes d’informations nationales et internationales,  sur les sites Internet et les médias sociaux. Et  étant donné que les enfants et les adultes sont sensibles à ces scènes de violence, qui déclenchent chez eux une quantité d’émotions,  la France a pensé  à faire face  à cette violence et leur aider à digérer ces images.

Si certains parents ont interdit leurs enfants de suivre les émissions qui relatent les faits de cet événement, la ministre française de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a réuni, lundi 12 janvier, les principaux acteurs de la communauté éducative française, afin de discuter avec eux l’enseignement des valeurs républicaines. Un appel a été lancé ainsi, de la part du ministère de l’éducation demandant aux directeurs de lui informer des incidents qui se sont produits dans les écoles, collèges et lycées, à l’occasion de la minute de silence observée en hommage aux victimes de l’attentat survenu la veille. La ministre leur a appelé d’ailleurs, à évoquer le sujet avant ou au milieu du cours, car il s’agit bel et bien d’une affaire nationale qui a touché les valeurs de la citoyenneté et notamment la liberté d’expression.

D’après un communiqué qui a été lancé dans ce sens, « toutes les difficultés rencontrées ont été traitées localement, de manière proportionnée à la gravité des faits, par les équipes éducatives et pédagogiques, entre dialogue éducatif et sanctions disciplinaires, allant du rappel à l’ordre en présence de l’élève et de ses parents à la convocation de conseil de discipline ».

Il est à signaler aussi qu’en France, il y a même un journal pour les enfants intitulé « Le petit Quotidien » dont l’objectif est d’apprendre aux enfants les droits civiques. Dans les numéros qui ont suivi l’attentat de « Charlie hebdo », nous trouvons des textes et des photos qui expliquent aux enfants de 6 à 10 ans qu’est ce que nous entendons dire par « «terrorisme », « démocratie ».etc. Un numéro a été déjà consacré pour définir la religion au sein de la société française. Un autre journal intitulé «  Mon Quotidien » consacré aux enfants âgés entre 10 et 14 ans réservait un numéro pour la liberté d’expression, en signalant qu’en France, les citoyens ont le droit à tout dire. Deux modèles de presse qui confirment le rôle important que joue la presse en matière d’éducation.

Éduquer nos enfants au terrorisme

Chez-nous, bien que depuis le déclenchement du printemps arabe, les scènes violentes soient devenues plus nombreuses et les images sanglantes circulent tous les jours dans nos médias classiques et en ligne aucune campagne de sensibilisation  n’a été lancée par notre ministère afin d’appeler les enseignants à éduquer nos enfants aux médias, à l’ère de l’émergence de la violence et des courants terroristes.

education_enfants_aux_mediasLa seule initiative qui a été enregistrée était celle du CAPJC qui a organisé pendant plusieurs occasions des ateliers sur le sujet, en appelant les journalistes à céder la parole aux enfants et leur expliquer les éléments du quotidien d’une manière très souple. Une dizaine de journalistes formés ont appliqué les recommandations des formateurs. Mais si les enseignants eux-mêmes, participent au projet de l’éducation aux médias ?

Depuis maintes années, les diplômés de l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI)  en Tunisie ont appelé à ajouter un cours d’éducation aux médias à la liste des matières de l’école primaire. Des séminaires aussi ont été organisés pour mobiliser les efforts autour de ce projet et présenter les axes majeurs mais aucune réponse n’a été enregistrée de la part de l’Etat. Il parait qu’il est temps pour que l’Etat fait fasse à cet appel, à l’instar des pays démocratiques, après avoir organisé les premières élections présidentielles en Tunisie.

L’enfant est membre de la société. L’adulte aussi … Ils font partis du tissu social et constituent les acteurs de l’avenir du pays. Si un enfant entend parler des termes à savoir «  terrorisme », « assassinat », « snipers ».etc. il ne faut pas essayer de camoufler l’histoire ou de changer le sujet quand un enfant vous interpelle mais il faut plutôt lui expliquer les termes  dans leur contexte socioculturel et souligner les méfaits. La construction de la personnalité de l’individu commence dés son enfance. Si votre enfant comprenne que le terrorisme est un acte barbare,  toutes ses prochaines lectures ou négociations dépendront de cet avis. Mais s’il se base sur ce qu’il a vu dans les chaines satellitaires arabes qui touchent indirectement à l’innocence de l’enfant, il risque d’être membre dans les prochaines années, d’un projet djihadiste. N’oublions pas que votre enfant est confronté à plusieurs canaux de diffusion d’information.

Enseigner l’éducation islamique d’une autre manière

education_enfants_aux_medias3Depuis plusieurs années, l’école française adopte le modèle de la laïcité. Contrairement aux autres pays européens, l’enseignement des faits religieux se fait dans le cadre des disciplines existantes : l’Histoire, les Lettres, la Philosophie, éducation civique.etc. Et quand les valeurs de la citoyenneté sont touchées il faut sérieusement en parler aux enfants, pour  concevoir les valeurs de la république. Alors que chez nous, l’éducation islamique s’enseigne dans les écoles primaires, les collègues et les lycées comme matière obligatoire et les faits religieux pourront ainsi être le sujet de nos séances pédagogiques.

En fait, la Tunisie a vécu après la révolution du 14 janvier 2011, beaucoup de débats autour de la religion avec la réapparition du parti islamiste Ennahdha sur la scène politique. Quelques mois plus tard, un parti islamiste a été au pouvoir. En parallèle, des salafistes se sont apparus et des milliers de tunisiens sont partis au Djihad en Lybie et en Syrie. Entre temps, certaines mosquées sont devenues la destination des gens qui appellent au Djihad et au terrorisme. Confrontés à ses gens dans les sites religieux, nos enfants absorbent leurs discours sans réfléchir, jusqu’à ce que leurs parents reçoivent une lettre qui confirme qu’ils sont partis au Djihad.  Devrons-nous attendre la perte de nos enfants pour mobiliser les efforts autour du développement de notre système éducatif ?

 Donc ce qui se passe dans notre entourage nous pousse à revoir notre programme éducatif et cela commence par la matière de l’éducation islamique. La séance de cette dernière pourra devenir un espace pour discuter la religion en relation avec l’actualité et ce en soulignant que l’islam est la religion de paix et de solidarité et non pas du terrorisme.

En Tunisie, jusqu’à présent, l’école ne sait pas éduquer à la liberté d’expression, à la lutte contre le terrorisme et aux valeurs de la citoyenneté d’une manière générale. Nous sommes appelés à consacrer plus de temps à l’instruction civique et la vie démocratique à l’école. Cela fait parti du développement du pays, dans un climat démocratique qui encourage le pluralisme des opinions. Entre temps, nous devrons penser sérieusement à l’ajout de la matière «  éducation aux médias » au programme scolaire afin d’apprendre nos enfants comment se comporter avec l’information véhiculée par les médias.

Nouha Belaid

Ces criminels de « Charlie Hebdo » n’ont rien à voir avec l’islam

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NB: Ce papier a été publié dans le journal français « The dissident »

La majorité de la communauté musulmane des quatre coins du monde a toujours considéré les caricatures de l’hebdomadaire français « Charlie Hebdo » comme une « offense » faite aux Musulmans. Nombreuses sont d’ailleurs, les occasions pendant lesquelles cet hebdomadaire satirique a su provoquer cette communauté. Mais la réaction de cette communauté a été différente cette fois-si après avoir critiqué les actes barbares des terroristes.

Rappelons au début, ce qui a eu lieu dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, quand les locaux de Charlie Hebdo ont été la cible d’un incendie criminel provoqué par un cocktail molotov, après avoir annoncé que le numéro du 02 novembre 2011 du journal sera baptisé « Charia Hebdo », afin de « fêter la victoire » du parti islamiste Ennahdha en Tunisie, et ce en présentant des caricatures du Prophète. Et aussi le piratage ce jour là du site du journal, après avoir remplacé sa page d’accueil par une photo de La Mecque et des versets du Coran. Mais cet attentat du 08 janvier 2014 qui a surpris la communauté musulmane, a été un vrai choc.

En fait, dans le coran, c’est noté « Celui qui tue une âme innocente, c’est comme s’il avait tué l’humanité entière et celui qui sauve une âme, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité entière. » Coran(52/32). Ce qui a poussé Tariq Ramadhan (philosophe, islamologue) à écrire sur sa page Facebook :

« Contrairement, à ce qu’ont apparemment dit les assassins dans l’attentat des bureaux de Charlie Hebdo, ce n’est pas le Prophète qui a été vengé, c’est notre religion, nos valeurs et nos principes islamiques qui ont été trahis et souillés.

Une condamnation absolue et une colère profonde (saine et mille fois justifiée) contre cette horreur!!!

Qu’il me soit permis d’exprimer ici ma profonde sympathie et mes sincères condoléances aux familles des victimes ».

Signalons que Tariq Ramadan n’était pas le seul qui a critiqué cet acte barbare commis par des terroristes qui ne représentant pas l’islam. Tous les Imams du monde arabe ont traité lors de la prière du vendredi, l’accident mortel de « Charlie Hebdo », en appelant les à combattre le terrorisme. Tous les politiciens des pays arabes ont adressé au nom de leurs peuples et de leurs partis politiques leurs sincères condoléances au Président de la France, François Hollande.

Mais les musulmans se demandaient au même temps si l’islam est une fierté étant donné que certains l’utilisent au profit de la barbarie. Ce n’est pas d’ailleurs, la première fois que des barbus, soit disant des islamistes attaquent des citoyens innocents ou des défenseurs de la liberté d’expression. Même le monde arabe en souffre énormément notamment après ce qu’on appelle « le printemps arabe ». Ce dernier a offert la liberté d’expression aux citoyens arabes mais il a aussi participé à l’émergence de ce genre de criminels cachés derrière le masque de l’islam et à l’instauration du terrorisme dans certains pays notamment la Lybie. Ce ne sont pas déjà des terroristes qui détiennent les deux journalistes tunisiens Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari ?

La liberté d’expression est un acquis et un droit à défendre. S’il y a eu ce « printemps arabe » c’est pour que les gens s’expriment librement. Mais le fait de refuser que notre religion soit touchée, ne nous donne pas le droit à tuer l’autre. « Charlie Hebdo » a critiqué aussi le judaïsme, le christianisme et autres religions. Ont-ils alors réagit de cette manière offensive à laquelle nous avions assisté ce 08 janvier 2015 ? Bien sûr que non. Nous devrons ainsi apprendre à vivre dans un Etat de droits et de lois.

Bref, toute la communauté musulmane présente ses sincères condoléances aux familles des victimes de l’attentat de Charlie Hebdo et au peuple français. Ces criminels de « Charlie Hebdo » n’ont rien à voir avec l’islam.

Nouha Belaid

Voir aussi  » L’Histoire de CHARLIE HEBDO »: