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Statistique et démocratie, thème du forum de l’ESSAI – Pourrons-nous influencer l’opinion publique via la statistique ?

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Le Forum de l’Ecole Supérieure de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ESSAI) a eu lieu cette année, le 18 novembre 2015, à la Bibliothèque Nationale et dont le thème était « statistique et démocratie ». Des personnes éminentes ont marqué leur présence afin de débattre un sujet très important au moment où nous commençons en Tunisie, à avoir des doutes par rapport aux statistiques livrées par les instituts de sondage privés. 

La Secrétaire d’Etat rattachée au Ministère du Développement et de la Coopération Internationale a été parmi les invités d’honneur de ce forum. Elle a signalé ainsi que la statistique est un élément important pour la prise des décisions et pour cette raison qu’elle présente un élément primordial de la stratégie globale de la Tunisie qui mène par la suite à la mise en œuvre de toutes les politiques.  Elle a noté qu’elle est importante pour les pouvoirs publics aussi bien que les pouvoirs privés.

Elle a rappelé le public présent que c’était en 1999 que fut la réforme du domaine de la statistique y compris la révision juridique. L’ESSAI fait partie de cette réforme vu le rôle qu’elle joue au sein de la société. Elle travaille d’ailleurs, en étroite relation avec l’Institut National des Statistiques (INS). Et notons que le recensement de 2014, fait partie des projets de l’INS comme acteur actif de cette scène. L’INS publie aussi des bulletins mensuels considérés comme bénéfiques pour différentes organisations qui ont tendance à faire des analyses stratégiques pour bien mener leurs travaux.

La Secrétaire d’Etat a affirmé que la nouvelle ère de la Tunisie se base sur le fondement de la démocratie. Donc un nouveau schéma de développement a été préparé pour assurer un nouveau système de distribution. Cela impose la présence des outils statistiques fiables.  Par ailleurs, les données statistiques devraient instaurer un climat de confiance auprès de la population. Et elle a ajouté « En l’absence de données statistiques, nous risquons de vivre des confrontations. D’où le besoin de la statistique pour faciliter le dialogue entre les acteurs de la société. La crédibilité et l’indépendance des données statistiques sont nécessaires ».

Madame la Secrétaire d’Etat a annoncé aussi que l’Etat vise à déterminer la meilleure stratégie pour mieux utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au service de la statistique, à intensifier les canaux de la diffusion des données statistiques et à développer les  outils de détermination des données au niveau des régions. Elle a finit son mot par souligner l’importance de l’ESSAI pour l’économie nationale.

La statistique, histoire, pratiques et éthiques

De son côté, Jean Jacques DROESBEKE (Professeur à l’Université Libre de Bruxelles) a mis l’accent sur l’histoire de la statistique, en passant les quatre périodes :

  • L’antiquité la fin de l’empire romain, là où les recensements étaient importants pour les dirigeants et cela leur a permis de  reconstruire leurs empires.
  • Le Moyen âge mais nous avons enregistré des problèmes
  • Le contrôle de l’Etat et de la Religion : En 14ème siècle, des registres paroissiaux fussent crées
  • Au 17ème et au 18ème siècle : Estimation de la population et les instruments de mesure sont devenus plus performants. Ainsi nous parlions des lois des erreurs d’observation.

Notons ainsi quelques points forts du 19ème siècle : les théories de la moyenne, la corrélation, la régression et autres.  Le mariage entre statistique et démocratie a été née d’ailleurs vers la fin du 19ème siècle.

De sa part, Jean-Louis BODIN (INSEE France) a souligné la différence entre la statistique privée et la statistique publique. Cette dernière reçoit des fonds publics, elle travaille au profit de la société et elle favorise l’accès des citoyens à l’information. Elle est aussi soumise à deux autorités : l’autorité scientifique et l’autorité administrative.

Il a souligné ainsi que la statistique est gérée par la loi, le code éthique et le code de bonne pratique. En ce qui concerne l’éthique, si nous parlons de la Résolution des Nations Unies, c’est le 23 février 1990 qu’une décision a été prise pour préparer une charte rappelant les valeurs de la statistique publique communs à toutes les sociétés démocratiques, à l’échelle internationale.  Mais c’est en 2014 que l’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé cette Résolution.

Concernant la pratique de la statistique en Tunisie, Mouna ZGOULLI (Institut National de la Statistique) a présenté la charte statistique tunisienne. Cette dernière englobe dix principes, à savoir: l’impartialité, la responsabilité, l’indépendance scientifique, la transparence, le cadre légal.etc.

Statistique et opinion publique

Concernant l’implication de l’Etat, Jean Jacques DROESBEKE a présenté l’exemple de l’Argentine où l’Etat manipulait voire falsifiait les statistiques. Cela a été critiqué par le Fonds Monétaire International (FMI).

En Tunisie, nous avons vécu une expérience unique lors du deuxième tour, des élections présidentielles  en 2014, quand le PDG du bureau d’études « SIGMA CONSEIL » a annoncé approximativement les pourcentages de vote pour les deux candidats, avant la fermeture des bureaux de vote.  L’Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE) a critiqué cet acte vu qu’il y’ait un silence électoral à respecter.

Mais nous avons remarqué déjà, en Tunisie, l’évolution du métier du statisticien après les événements du 14 janvier 2011, vu le climat de liberté qui s’est offert aux citoyens. De plus la nouvelle constitution tunisienne garantie le droit du citoyen à l’accès à l’information. Et cela à eu des répercussions positives sur le phénomène de veille informationnelle. Tout le monde est devenu à la recherche des informations fiables et crédibles.

Et puis les statistiques sont devenues un élément essentiel afin d’avoir une idée sur le public ciblé. Aujourd’hui, aucun parti politique ou institution associative ne pourra proposer un projet de développement sans être passé par une étude statique afin de savoir comment cibler son public. Aujourd’hui aussi,  aucune entreprise économique ne pourra lancer un produit sur le marché ou concevoir une campagne de marketing et de communication, sans qu’il y ait ce passage par les données statistiques afin de comprendre les usages et les pratiques de ses consommateurs. Les domaines d’exploitation de la statistique sont nombreux voire innombrables.

Bref, aujourd’hui, tout est défini par la statistique. Pour savoir s’adresser à sa cible ou pour savoir corriger ou améliorer les situations, il faut passer par la statistique. Et pour influencer ? Ne faut-il pas aussi passer par la statistique ?

Certains pensent que celui qui détient l’information, il détient la moitié de la réalité. Alors si nous détenons l’information selon des bases scientifiques, nous ne détenons pas la réalité complète ? Ainsi, nos choix ne seront pas le résultat de l’acceptation de cette réalité ?

Ensuite, il suffit qu’un leader d’opinion annonce des statistiques pour qu’une communauté le suive, ce qui impose la fiabilité des statistiques. Et cela mènera à l’établissement d’un climat de confiance entre les acteurs : émetteurs des statistiques et récepteurs.

Ce que nous pouvons confirmer, c’est que la  crédibilité de nos études statistiques est le miroir de la démocratie dans notre pays. Plus nous sommes honnêtes et nous livrons des chiffres correctes, plus nous sommes des êtres libres dans nos choix et nos décisions.

Nouha BELAID

N.B: Découvrez les interventions des conférenciers en vidéo

Lettre aux bacheliers… Les futurs journalistes !

  • L’animation n’est pas le journalisme
  • L’école du journalisme forme des futurs journalistes et non pas des « stars »
  • La rédaction s’impose et la maitrise de plusieurs langues est primordiale

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Nombreux sont les jeunes bacheliers qui ont rejoint les écoles du journalisme, en rêvant de devenir des animateurs télé et parfois des animateurs radio. Mais rares sont ceux qui pensent à se spécialiser dans la presse écrite ou la presse électronique dans leur cursus universitaire ou dans leur vie professionnelle. Mais comment cet amour pour l’audiovisuel et surtout la télé commence ? Pourquoi ils choisissent dés le début la télé ?

Acceptés par les écoles du journalisme et à partir de la première journée, ils se posent ces questions : Comment pourrai-je rejoindre une chaîne télévisée ? Que devrai-je faire  pour devenir une animatrice télé ?

Deux questions qui poussent les enseignants en journalisme aussi, à se demander s’ils enseignent des futurs journalistes ou des gens qui cherchent à devenir des stars.

Le terrain confirme que la majorité des bacheliers qui rejoignent une école de journalisme cherchent à devenir une star télé. Ils voient tellement des stars à la télé, parfois des pseudos journalistes, des animateurs qui attirent le public parfois avec un contenu médiocre et tout le monde en parle au point qu’ils pensent que la réussite dans le domaine du journalisme est liée à la célébrité ou bien à l’animation télé. Et où se sont partis les autres éléments nécessaires pour réussir une carrière en journalisme : la culture générale, la curiosité, la patience.etc. ?.

Le journalisme et la célébrité

La majorité des bacheliers pensent que devenir journaliste vous rend célèbre et puissant étant donné que la presse représente le quatrième pouvoir. Or la célébrité ne signifie pas la réussite dans la carrière journalistique. Il y a tant de journalistes compétents, qui travaillent dans les coulisses, qui ont confirmé leurs noms dans le domaine mais qui ne sont pas connus auprès du grand public. Et, il y a aussi tant de journalistes assez connus auprès du public mais ils n’ont pas les qualités nécessaires pour être qualifié comme des bons journalistes. Pire encore, ce qu’ils présentent comme matière informationnelle est classée comme « Trash information ».

Donc la célébrité n’accorde pas l’étiquette de compétence au journaliste. Elle fait plutôt partie de la culture du buzz et du monde de la communication et du marketing. C’est toute une équipe de communication qui s’occupe de la promotion d’un programme ou de l’image du présentateur que se soit à travers le média concerné ou via le web.

Mais est ce qu’un présentateur TV ou Radio est forcément un journaliste ?

Le journalisme et l’animation

La majorité des bacheliers qui décide de rejoindre une école de journalisme pense que le diplôme livré par une école pareille leur permettra de devenir des animateurs télé ou radio. Cela est vrai mais le journalisme diffère de l’animation.

« Un bon journaliste n’est pas automatiquement un bon animateur et un bon animateur n’est même pas un journaliste « 

Bien que certaines institutions livrent des diplômes en animation, l’art de l’animation est avant tout un don avant qu’il soit une formation. Par contre le journalisme s’enseigne vu qu’il y a des pratiques à développer et des connaissances à appréhender.

La règle dit ainsi qu’un bon journaliste n’est pas automatiquement un bon animateur et un bon animateur n’est même pas un journaliste.

C’est pour cette raison que les chaines télévisées exigent le recrutement des diplômés des écoles du journalisme pour la présentation du journal télévisé alors que l’animation des programmes télévisés pourra être effectuée par des diplômés d’autres disciplines. Il suffit d’être doué, d’aimer le métier, d’avoir surtout une belle allure et une voix captivante et pourquoi pas un grand bagage intellectuel pour réussir l’animation d’une émission télévisée.

Certes un certificat a une valeur étant donné que les animateurs des grandes chaines télévisées passent par des formations avant d’intégrer une équipe d’un média. Ce certificat pourra être délivré par un centre de formation pour une formation de longue ou de courte durée.

Les autres débouchés des écoles du journalisme

Le premier média qu’a connu l’humanité était le journal papier alias « La Gazette », sauf que le journal papier a commencé ces dernières années, à perdre sa valeur suite au développement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). La presse papier a cédé ainsi, sa place à la presse électronique, ce qui explique  la disparition de certains titres. Et d’ailleurs, la presse électronique était un moyen pour sauver le journalisme écrit de la crise économique qu’a traversé la scène médiatique, sachant que beaucoup de bacheliers pensent qu’ils vont fuir la rédaction en faisant la télévision ou la radio alors que nous écrivons pour la radio et pour la télé.

Notons aussi que le domaine du journalisme a connu ces dernières années, des grandes réformes au point que nous parlons aussi de la « web TV », de la « web radio » et des médias sociaux. Ces nouveaux médias ont participé au changement enregistré en matière de pratiques journalistiques.

Donc l’accès aux écoles de journalisme vous permet d’assurer plusieurs tâches : journaliste radiophonique, animateur radiophonique, journaliste télévisé, animateur télé, attaché de presse, journaliste photographe, reporter de guerre, journaliste rédacteur, journaliste reporter, présentateur des news, journaliste reporte d’images (JRI).etc.). Nombreux sont les débouchés de ce domaine. Mais comment devenir un bon journaliste ?

Les éléments nécessaires pour réussir une carrière en journalisme

Nous ne pouvons pas du jour au lendemain, devenir un bon journaliste. Mis à part l’amour que nous portons pour ce métier et la  passion qui nous attache à ce domaine, il y a des pratiques à développer et des connaissances à appréhender. Au cours des années d’étude, les étudiants en journalisme découvrent les différents genres journalistiques,  développent leurs carnets d’adresse, nouent de nouveaux liens,  améliorent leur bagage intellectuel.etc. Et surtout, avec un diplôme en journalisme, personne ne pourra  pas vous appeler par « intrus » parce que vous avez un diplôme en journalisme dans la poche. Mais notez bien que « la rédaction » s’impose et la maîtrise de plusieurs langues est primordiale.

Bonne chance aux nouveaux bacheliers !

Nouha BELAID

Nouha Belaid « My story with social media »

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In 2008, we started using social networks in Tunisia. I was studying mass media and communication and I was working as a freelance journalist with a well-known Tunisian newspaper. I remember once, I have published an article about social networks. I said that Facebook is a huge database for the United States. One has to mention that the Internet was invented by the Pentagon.

In 2011, the Revolution took place in Tunisia. Some thought that it’s a Facebook. Nothing has been scientifically proven. Since that date, I became interested in social networks but my point of view was different. Although, I believe that these social networks, which are owned by the United States, can be beneficial to other areas (economy, culture.etc.).

From 2011, I started doing research about social networks. I subscribed in most social networks, just to determine the specifics of each network and observe the behavior of people, whatever the field of use of these digital social networks … I created Facebook pages and groups… I tried to read all books (published all over the world) which talk about this issue… and I tried to build online relationships with experts around the world…. And I remember when I presented my master to Mr. Renaud De La Brosse (a French researcher), he appreciated the topic because it has never been treated. My master thesis was talking about the use of social networks by politicians. I wanted to know if politicians’ Facebook pages are considered as an area of democracy and ​​free speech. I analyzed the behavior and reactions of users. My Director of Research has also encouraged me. So, I got my master’s with honors and I had the price of scientific excellence from the University of Manouba. Moreover, my research document was composed of more than 400 pages. The jury thought that this was a PHD dissertation.

I have got a doctoral scholarship from the Ministry of Higher Education to achieve my PHD in Montreal University (Canada) but I haven’t found a Research Director for the September session. I was obliged to wait until the February session. Meanwhile, I gave up my job as a communication consultant and public relations at a communication agency and I joined the Central University as an educational coordinator of journalism and communication department, a university teacher and Communications Officer. I use social networks to teach (http://fr.slideshare.net/BelNou/un-modle-denseignement-dun-cours-en-ligne)

At the same time, I was active in community life. So as a member of the Tunisian Social Media Club, I has organized with friends many workshops dealing with topics related to social networks. I have been even involving my students. As a case in point, the workshop about social TV.

I felt underpaid in my new job. So I enrolled in the Tunisian PHD program. I chose to analyze the experience of television on social networks. This time, three approaches have heckled me: the sociological approach, the economic approach and the legal approach.

At the end of December, I presented to my boss a communication strategy for 2014 in which I talked about social networks. He appreciated my report and told me that he intended to create a community management service of which I will be responsible. No university in Tunisia has a community management team and even companies work with the agency of communication and marketing. At first, the launch of such service was not easy because there aren’t people who have degrees in this field in Tunisia. The minority who works in this area are graduated of universities of marketing, communication and business. And then I prepared a training program for new recruits.

The service of the community management was composed of twenty community managers. They provided content on social networks of the University. You have to know that the Central University has nine official Facebook pages, a twitter account, a Linkedin account, a Google + page and a YouTube channel. It has also unofficial Facebook pages.

  • Facebook Pages

https://www.facebook.com/universitecentraledetunisieref=ts&fref=tshttps://www.facebook.com/universitecentraleentunisie

https://www.facebook.com/universitecentraletunisie

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

https://www.facebook.com/universitecentraletunis

  • Twiter account

https://twitter.com/UCentrale

  • Linkedin account

http://tn.linkedin.com/pub/universite-centrale/22/ab6/287

  • YouTube Channel

http://www.youtube.com/channel/UCaa-YUoN0h60TMjk9DULCDA

  • Google+

https://plus.google.com/+UniversitecentraleNetTunisie

 

On social networks of the Central University, you will find the news of its schools (6 schools). The service also covers instantly some events. And the service provides content for the university’s websites. It has 6 websites.

At the end of each month, the service provided a final report consisting of four parts: Internet monitoring, social networks, claims and proposals.

The service cooperated with the web service, graphic service and audiovisual service. But each person working at the University represents a source of information. And community managers have learned the art of photography and editing. The end of this experience was in December 2014.

Meanwhile, I organized several workshops to convince people by the importance of social networks. I launched in April 2014, the first call in Tunisia about New Media literacy. And I even started scientific research. The Last one was presented in Toulon (France), in June 2014. The topic was on the role of social networks in spreading the Turkish series « Harem Soltan / The magnificent century) as an example. And I have contacted the community managers of social networks of this famous series in different Arab countries. So, whenever any approach interested me … I tried to get more information on it.

 Then, I considered the community manger team as a focus group which would allow me to propose a plan to develop this field.

To organize occasional workshops about social networks is interesting but I am more interested in scientific research. A minority of people in Tunisia has an idea about this job and a minority also knows that they are being manipulated on the Net. I want firstly to teach people the best use of social networks and how to take advantage but I also want to know the right way to influence the public opinion on Internet and how to use digital social networks.

This is my story with social media.

PARIS communique et la TUNISIE ?


Au début de 2015, la Tunisie et la France ont vécu deux attaques sanglantes : attaque de CHARLIE HEBDO et attaque du Musée de BARDO. Deux attaques qui ont été critiquées dans tous les coins du monde et la majorité des pays ont exprimé leur solidarité avec les pays victimes. Nous avons assisté à des marches pacifiques critiquant ces attaques barbares et nous avons vu des milliers de reportages sur les médias confirmons que ces deux pays restent en paix. Mais comment la France est-elle actuellement, cinq mois après son attaque qui a été le sujet de tous les médias sur cette planète ? Et où est la Tunisie actuelle de tout cela ?

La Tunisie traverse une crise remarquable. Dans tous les lieux touristiques, les touristes sont moins nombreux que les années précédentes. Les employés de l’artisanat réclament l’absence des ventes. Que vous soyez à Hammamet ou à Sousse, il y a moins de mouvement et donc moins d’achat.

Par contre, à Paris, avec ce soleil qui réchauffe ces jours-ci la méditerranée, il y a plein de monde venu des différents pays notamment des pays asiatiques. J’étais d’ailleurs, il y a quelques jours à Paris et j’étais surprise par le nombre de touristes. Je me suis posée la question : Paris est-elle plus belle que la Tunisie ? Mais nous avons aussi, en Tunisie, des monuments historiques et des sites archéologiques qui sont plus anciens que l’histoire de Paris. Pourquoi les touristes sont présents à Paris et ils s’absentent en Tunisie ? Une Française m’a répondu : « Il n’y a pas de sécurité en Tunisie, surtout avec l’attaque du musée de BARDO ».  Je lui ai répondu : « Mais vous avez vécu aussi une attaque sanglante au début de cette année. Pourquoi les touristes vous font confiance et viennent passer leurs vacances chez-vous ? ».

Je passais des nuits assise au bord de la scène de France, réfléchir sur cette question, en se rappelant des détails de mon voyage et en comparant mon pays à la France.

La majorité des jeunes Tunisiens, a  l’habitude d’ignorer ses origines quand elle quitte le pays mais j’ai voulu toujours faire partie de cette communauté qui observe le modèle étranger, s’inspire, se pose des questions et pourquoi pas proposer des remèdes. J’avais une simple réponse aux questions qui m’interpellent sur cette chute que traverse mon pays et ce que la France est en train de vivre : PARIS communique.

Faute de communication et non pas de moyens

PARIS

Personne ne peut ignorer que la Tunisie est un pays en voie de développement mais ce problème de chute économique et touristique est faute de communication et non pas de moyens.

En France, à partir du moment où vous mettez le pied dans l’aéroport, vous commencez à découvrir ce pays, à travers les affiches qui décorent les murs, les panneaux publicitaires, les écrans télé qui diffusent des spots attirants. Même les messages qu’ils utilisent dans leurs  publicités, sont simples et vous font évader. A titre d’exemple «  Débarquez dans l’avenir ! ».

Et quand vous passez par la douane française, il y a le sourire chaleureux qui vous accueille en vous souhaitant un bon séjour. Vous commencez déjà à être éblouie par les images puis par le comportement des gens. Ce n’est pas le ministère du tourisme qui est le seul moteur du processus d’attraction mais aussi les citoyens français.

Vous appréciez la mise en ordre des objets, la propreté des moyens de transport commun et des rues et la clarté des affiches d’indication de chemin mais vous êtes impressionnez par la manière avec laquelle on vous parle, on vous répond, on vous sourit, on vous vend les choses.etc.

Si vous passez dans la rue, à Tunis et un homme vous sourit, soyez sûr qu’il est en train de vous draguer. Mais un sourire Français signifie tout simplement un salut. Une fois, une française critiquait sa copine qui saluait de haut de la scène, les passagers des bateaux qui traversent la scène. Sa copine lui a répondu : «  Tu n’imagines pas comme il est beau ce sentiment quand tu fais la salut à une personne que tu ne connais pas. Juste pour lui dire « Salut ». C’est cela l’humanité ».

C’est vrai que les Français ont leur mode de vie accéléré. Mais ils sont aussi chaleureux. Aucun Français ne vous refuse une demande de prise de photo pour vous. Aucun Français ne vous ignore quand vous lui demandez une information. Et même quand vous entrez dans un magasin et vous n’achetez rien, il vous souhaite une excellente journée.

En France, tout le monde communique. L’Etat communique, le Maire de Paris communique, les citoyens communiquent.etc. La communication s’applique dans toutes ses formes : verbale, non verbale, publique, sociale, culturelle.etc.

Et le remède ?

La sécurité que ressentent les touristes à Paris ne se manifeste pas dans le nombre des agents de sécurité qui circulent dans la rue. Bien au contraire, les agents de sécurité en France sont beaucoup moins nombreux que les agents de sécurité en Tunisie. Ils sont omni absents.

Mais les images, les messages des affiches publicitaires, le sourire des Français et la qualité d’accueil soulagent les touristes. Le remède dépend d’une part de  la mentalité des gens et de la culture dans laquelle nous nous sommes nées et d’autre part, de la stratégie de communication de notre Etat.

Commençons par ce dernier, le Ministère du Tourisme en Tunisie, a-t-il vraiment établi une bonne stratégie de communication sur la saison d’été ? Pourquoi on ne voit pas des affiches sur la Tunisie au cœur de Paris par exemple ? Ou à l’aéroport Tunis Carthage ? Ou dans les zones touristiques ?

Pourquoi aussi, nous lançons des actions sans assurer leur bonne promotion ? Et si par exemple, on affiche en gros à l’aéroport Tunis Carthage un panneau publicitaire qui annonce que les deux légendes du football mondial et de l’AC Milan, Gennaro Gattuso et Andry Shevchenko, sont à Tunis. A l’aéroport Charles De Gaulle, on annonce les dates des expositions.

Et si nous utilisons les écrans télévisés pour passer des documentaires de quelques minutes sur Tunis, au sein de l’aéroport, dans les salles d’attentes ? Les gens s’influencent par les images et les vidéos. En plus, cela tue l’ennui d’attente et soulage les esprits.

Mis à part cela, nous défendons l’émancipation féminine alors que nous n’arrêtons pas de gêner les femmes. Même les touristes se sentent gênées chez nous. Après leur séjour à Tunis, ils quittent avec une image d’un pays de complexes.

Certes, avant de demander à l’Etat de travailler sur une bonne stratégie de communication, c’est à nous d’apprendre à communiquer. Cette culture d’échange de salut et de sourire n’existe pas chez nous. Nous avons toujours tendance à draguer ou à être dragué. Nous oublions toujours que le client est le roi. Qu’on devienne alors, plus chaleureux, plus aimables, plus gentils et plus compréhensifs pour que le peu de touristes qui vient, transmet une image positive sur la Tunisie et recommande notre pays à d’autres personnes. Qu’on communique aussi, sur nos médias sociaux et dans nos médias classiques en partageant toujours une belle image sur ce pays. L’initiative de rehausser le pays n’est pas individuelle mais elle devra être collective,  sous la houlette des membres de  la société civile. Il faut que la TUNISIE communique !

Nouha BELAID

Pédagogie d’enseignement et éducation des enfants aux médias sociaux, à l’ère du web 2.0

Nouha Belaid- Éduquer aux médias sociaux #terrorisme

Nouha Belaid : «Les pays maghrébins ont besoin d’une réforme communicationnelle»

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Interview réalisée par Lyazid Khaber

Lien :Chiffre d’affaires 

Touchés de près ou de loin par les effets du «Printemps arabe», les médias maghrébins vivent une phase de transformation qui implique des changements capitaux, tant sur le plan de la structure que des méthodes. Etant coincés entre le besoin d’une évolution qui s’impose à eux, avec notamment l’émergence des nouveaux médias, et l’impératif d’être au service de la société, ces médias donnent l’impression de suivre mal la marche du développement, car embourbés qu’ils sont dans les contradictions qui minent déjà leur terrain d’évolution. A toutes ces questions, et face au déficit encore visible en terme de performance, nous avons interrogé l’experte tunisienne en communication, Melle Nouha Belaid, occupant actuellement le poste de Coordinatrice Pédagogique du département Journalisme & Communication, CentraleCom – Université Centrale – Tunisie, laquelle porte dans ses recherches et interventions, une grande attention à la convergence entre les médias ainsi qu’à la communication en général. Ainsi, et vu que noussommes aujourd’hui à l’ère du web 2.0, plusieurs question d’ordre technique et pratique se pose, d’où l’intérêt croissant à l’approche économique du domaine de l’information. Dans cette interview, notre interlocutrice qui s’intéresse de près à l’évolution actuelle au rythme de transformations majeures qu’imposent la mondialisation et la technologie, explique comment il est urgent de procéder à des réformes profondes dans le domaine. Estimant que la communication joue un rôle capital dans les rapports en société, et à plus forte raison au niveau des Etats, Nouh Belaid qui s’intéresse également à l’évolution des médias dans la région Ména (Moyen-Orient et Afrique du Nord), et particulièrement au Maghreb, regrette le fait que les médias modernes (internet notamment) «tardent à se faire reconnaitre en tant que sources fiables», ce qui selon elle doit changer. Interview.

 Le Chiffre d’affaires : Les médias vivent actuellement au rythme de transformations majeures qu’imposent la mondialisation et la technologie. Toutefois, dans la région Ména, et particulièrement au Maghreb, les médias modernes (internet notamment) tardent à se faire reconnaitre en tant que source fiable, sans compter la réticence des gouvernants à les hisser au niveau de l’excellence, quelle lecture faites vous en tant que spécialiste des médias, de cette situation?

Nouha Belaid : Certes, l’adoption de la nouvelle technologie par le monde arabe est venue un peu en retard mais quelques dates confirment l’implication de la société au rythme de la mondialisation. Le Président tunisien déchu Zine Abbdeddine Ben Ali a voulu en 2005, confirmer que la Tunisie est un  pôle arabe technologique et ce en accueillant le Sommet Mondial de l’Information, sauf que plusieurs études confirmaient le fossé numérique entre les régions du pays. Toutefois après, les médias sociaux notamment Facebook étaient le  moteur du printemps arabe. Et même quand le Président déchu Hosni Moubarek a décidé de fermer Internet, Google était au service des révolutionnaires égyptiens.  Donc au moment où les médias classiques s’abstenaient, le numérique répondaient à l’appel des manifestants. Tout simplement, les gouvernants avaient peur de ces canaux numériques qui semblent difficile de les gérer. Il suffit qu’un contenu soit publié à l’instant « t » pour qu’il soit partagé auprès de toute l’humanité. C’est pour cette raison que nous appelions à démocratiser le numérique. Il faut que tout le monde ait accès à Internet étant donné que cela fait partie du droit du citoyen à l’accès à l’information. Mais le problème s’impose quand il s’agit d’un mauvais usage d’Internet notamment avec le développement ces dernières années, de la presse électronique. Cette dernière exige l’instantanéité au point que le journaliste ne trouve pas parfois suffisamment le temps pour vérifier ses informations. Du coup, il pourra tomber dans le piège de propagation des rumeurs. Malheureusement, de nombreux accidents ont été enregistrés dans les pays du printemps arabe vu le nombre des événements qui aient lieu chaque jours entre manifestation, sit in, déclaration politique.etc. Ce qui souligne l’importance d’un conseil de presse électronique pour réguler le domaine des médias électroniques à l’instar des pays occidentaux. Le Maroc a déjà crée l’association marocaine de la presse digitale dont l’objectif est « défendre les intérêts de la presse digitale ». Reste à adopter le modèle dans d’autres pays arabes à savoir la Tunisie. Dans tous les cas, le journaliste qui exerce le métier auprès d’un média électronique devra toujours vérifier son information auprès d’une source fiable et cela fait partie de la déontologie du métier journalistique. Ce qui fait la différence entre un média crédible et un média mensongère. Et surtout, il faut se méfier des informations publiées sur les médias sociaux qui reflètent le journalisme citoyen. Ce dernier n’est pas soumis à une règle ou contrainte. Tout citoyen est journaliste et transporteur de l’information. Par contre un journaliste professionnel devra se rappeler du code de presse, sinon à quoi çà sert la reconnaissance du journaliste électronique s’il n’applique pas les règles du métier ?. Et nous attendons à ce que les médias sociaux dont le numéro un est Facebook créent leur chartes déontologiques tant qu’ils se présentent en tant que des nouveaux médias.

 

Le Chiffre d’affaires : Vous avez vécu en Tunisie l’une des révolutions les plus marquantes de ce qui est appelé « le printemps arabe » où on dit que les médias sociaux ont joué un rôle primordial, ne pensez-vous pas que c’est là une des preuves de l’échec des médias classiques à drainer les foules, et que ces derniers sont actuellement condamnés à suivre la marche du développement?

Nouha Belaid : Certains pensent que les médias sociaux ont déclenché le « printemps arabe » et que Facebook a crée ces évènements puisque les révolutionnaires ont utilisé cet outil, pour publier les vidéos des manifestations et des agressions de la police contre les citoyens. Mais tel que l’a déjà dit  Hisham Almiraat, médecin et blogueur marocain, il serait un peu exagéré de prétendre qu’Internet a suffi à imposer le respect de la dignité des citoyens. Peut être, il y a beaucoup participé dans le sens où  il a donné une voix aux citoyens ordinaires ou des quartiers démunis  car n’oublions pas que nous souffrons du fossé numérique entre les régions de l’intérieur. Mais à un certain moment, les médias sociaux ont mis l’accent sur des sujets très sensibles et ont dévoilés des situations pénibles que les médias traditionnels soumis au pouvoir du régime, ne pouvaient pas aborder en toute liberté et objectivité. Ces médias sociaux sont tout simplement des instruments qui permettent de montrer les abus, soulever les vraies préoccupations du peuple, et bien entendu faire tomber les tabous quels qu’ils soient : politiques, sociaux, religieux, économiques. C’était le cas chez nous en Tunisie mais après la réforme du domaine de l’information et de la communication que ce soit avec l’abolition des anciennes institutions de régulation et la création de l’ Instance Nationale de la Réforme du domaine de l’Information et de la Communication (INRIC) et après de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) ou avec l’émergence de nouveaux médias ( télés, radio et journaux), les médias classiques ont repris leur rôle et ont essayé de gagner la confiance du peuple tunisien. Entre temps, ces médias ont découvert l’importance de la présence sur la toile. Donc, ils ont cherché au même temps à s’imposer sur Internet et ce en créant leurs versions numériques. Quand le citoyen tunisien est devenu victimes de rumeurs propagées sur Internet, l’INRIC qui a été appelée à reformer le domaine, préparait les décrets lois 115 et 116 (codes de presse) afin de réguler le domaine et mettre fin aux rumeurs. Petit à petit, le citoyen tunisien a commencé à découvrir autrement les médias classiques. Les journalistes eux-mêmes, ont passé par des stages de formation afin de rompre avec les  anciennes méthodes de traitement de l’information. Donc tous les médias que se soient classiques ou nouveaux réussissent à drainer les foules, au point que certains hommes politiques cherchent à  les détenir. Le deuxième vainqueur des élections du 23 octobre 2011 en Tunisie, Aridha Chaabia, son dirigeant n’était pas propriétaire  d’une chaine télévisée qui diffuse de Londres ? En fait, ses discours ont influencé les citoyens tunisiens pourtant nous n’avons jamais entendu parler de lui avant cette date et nous n’avons jamais pensé à sa victoire. C’était une surprise pour tous les bureaux de sondage, toute la classe politique tunisienne et tous les citoyens intellectuels.

«Le journaliste qui exerce le métier auprès d’un média électronique devra
toujours vérifier son information auprès d’une source fiable et cela fait
partie de la déontologie du métier journalistique. Ce qui fait la différence
entre un média crédible et un média mensonger. Et surtout, il faut se
méfier des informations publiées sur les médias sociaux qui reflètent le
journalisme citoyen.»

Le Chiffre d’affaires : La formation universitaire reste, au niveau des pays maghrébin notamment, coincée dans les schémas anciens et classiques de la communication, partagez-vous cet avis ou appréciez-vous par contre le rendement de la recherche universitaire dans ce domaine dans nos pays?

Nouha Belaid : Il faut se demander tout d’abord : est ce que la recherche universitaire dans ce domaine est développée dans le monde arabe ? Bien que le terrain soit propice et le milieu temporaire et social suscite l’intérêt de plusieurs chercheurs de l’autre coté de la méditerranée, les chercheurs de ce domaine ne trouvent pas une occasion pour exploiter leurs recherches et ont recours à l’étranger. Ce n’est pas faute de moyens mais plutôt de volonté. Et tellement le corps universitaire a vieilli, nous ne cherchons pas à développer les méthodes pédagogiques. Dans les pays occidentaux, l’enseignement se base sur l’interactivité entre enseignant/étudiant et étudiant/étudiant. Malheureusement, chez nous rares sont les cours interactifs qui se basent notamment sur l’application des nouveaux schémas de communication, en adoptant le numérique. Nous pouvons encore assister à un cours là où l’enseignant dicte et explique. C’est le schéma le plus classique de l’enseignement. Et à vous d’imaginer une université qui enseigne la communication et qui n’applique pas la communication sur le plan administratif ou pédagogique. Cela fait partie déjà du besoin à une réforme communicationnelle au sein des pays arabes notamment maghrébins.

 

Le Chiffre d’affaires : Vous avez travaillé sur la convergence des médias en ces temps où les TIC impose la marche à suivre, et le journalisme citoyen s’impose comme alternative, quelle appréciation faite vous de cette évolution dans notre région, et quelle seront d’après vous les priorités afin d’éviter de décrédibiliser davantage les médias classiques?

Nouha Belaid : Le journalisme citoyen a été à un certain moment une alternative dans les pays du « printemps arabe » mais ne pourrait jamais l’être à long terme car les journalistes sont appelés après la réforme à assurer leurs rôles convenablement. Mais comme je vous l’ai déjà dit, les médias classiques ont découvert l’importance que jouent les réseaux électroniques, ces nouveaux canaux dont parlait Emanuel Castels puisqu’il s’agit d’une société en réseaux, au point qu’ils ont crée leurs versions sur la toile. Nous trouvons alors des télés et des radios qui ont des sites Internet ou des journaux qui ont leurs versions électroniques. Ils ont même crée des pages Facebook et des comptes sur Twitter et ils participent à la course d’instantanéité d’informations avec les nouveaux médias. C’est la crédibilité de l’information qui fait la différence. De même, le grand philosophe et spécialiste de la cyberculture Pierre Levy disait los d’une interview avec le journal français Libération que « les réseaux permettent de mettre en commun nos mémoires, nos compétences, nos imaginations, nos projets, nos idées, et de faire en sorte que toutes les différences, les singularités se relancent les unes les autres, entrent en complémentarité, en synergie ». Donc nous devrons apprendre à profiter de ces réseaux au service de la société.

«Certains pensent que les médias sociaux ont déclenché le «Printemps arabe» et que Facebook a créé ces évènements puisque les révolutionnaires ont utilisé cet outil, pour publier les vidéos des manifestations et des agressions de la police contre les citoyens. Mais tel que l’a déjà dit Hisham Almiraat, médecin et blogueur marocain, il serait un peu exagéré de prétendre qu’Internet a suffi à imposer le respect de la dignité des citoyens.»

Le Chiffre d’affaires : Les médias maghrébins, particulièrement la presse écrite, les radios et les télévisions, donnent l’impression d’être déconnectés de la réalité maghrébine, pensez-vous qu’il y a des barrières psychologiques qui empêchent ces médias à tariter de l’actualité des pays du Maghreb alors qu’ils réservent beaucoup de temps et d’espace à l’actualité internationale des autres régions du monde, ou encore y a-t-il d’autres raisons à votre sens qui empêchent l’émergence d’une presse maghrébine au sens réel du terme?

Nouha Belaid : Le grand Maghreb a été toujours un grand projet. L’Algérie, le Maroc et la Tunisie partagent des moments historiques notamment depuis la colonisation française mais le « printemps arabe » nous n’a jamais réunis. Peut être parce que vous vivez déjà la démocratie et peut être parce que vous n’avez pas encore réussi à l’arracher. Ce qui est sur et certain, c’est que « Nesma TV » est le projet du Maghreb et pourquoi pas d’autres projets médiatiques qui nous réunissent. Il n’a y aucune raison qui empêche l’émergence d’une presse maghrébine si la volonté du peuple existe. N’oublions pas aussi que la presse représente le quatrième pouvoir.  Entre temps, là où il y a une guerre, là où il y a un lot d’informations. Et d’ailleurs, en Tunisie, de nombreux journalistes en chômage ont trouvé du boulot après le 14 janvier 2011, parce que tous les médias du monde entier cherchaient à être au courant de l’actualité tunisienne et l’ambiance démocratique a participé à l’émergence de nouveaux médias. C’est le cas aussi en Iraq, en Palestine, en Afghanistan, en Syrie.etc. Peut être parce que nous vivons dans des  milieux différents mais la démocratie n’a qu’une seule couleur et la liberté d’expression se vit de la même manière dans tous les pays arabes. Et rappelons-nous de l’exemple classique qui reflète ce que cherchent les médias. Un chien mordu par un enfant pourra être  intéressant comme information pour les médias plus que l’histoire d’un enfant mordu par un chien. Ce qui sort de l’ordinaire intéresse les médias.  Donc le jour où nous pouvons parler d’un Maghreb démocratique, où la liberté d’expression s’impose et tout le monde critique le pouvoir s’il le faut, la presse maghrébine sera présente tant qu’il y ait un accès facile à l’information sans contraintes ou limites.

«Ce qui est sur et certain, c’est que «Nesma TV» est le projet du
Maghreb et pourquoi pas d’autres projets médiatiques qui nous réunissent. Il n’a y aucune raison qui empêche l’émergence d’une presse
maghrébine si la volonté du peuple existe.»

Le Chiffre d’affaires : En Tunisie, la presse évolue actuellement à une cadence intéressante, quelle lecture faite vous de cette évolution?

Nouha Belaid : Beaucoup de médias  ont vu le jour après la date du 14 janvier 2011. Certains se sont même imposés sur le marché sans avoir leurs autorisations notamment pour les télés et les radios. Mais voilà que l’INRIC et la HAICA ont résolu le problème. Et encore pour la HAICA qui vit tous les jours des problèmes avec les nouvelles chaines télévisées et radiophoniques mais aussi les anciennes. Certaines ne veulent pas appliquer les règles dont parle le décret loi 116 notamment le cahier de charge que devrait avoir chaque télé ou radio. Mais nous disions toujours que ce genre de problèmes fait partie de la transition démocratique du pays. Voilà que les premières élections présidentielles démocratiques dans l’histoire de la Tunisie ont eu lieu et nous attendons à ce que le domaine de l’audiovisuel soit développé, en espérant la création du conseil de la presse écrite et électronique. Une presse développée reflète dans quel état politique vivent les citoyens et un pays démocratique est doté d’une presse de qualité. Au même temps, j’espère que les diplômés des écoles du journalisme seront dotés d’une bonne formation pour qu’ils puissent participer au développent du domaine de l’information et de la communication de leur pays.

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