Archives de Tag: Nouha Belaid

UNESCO’S WORLD PRESS FREEDOM DAY

Retour en vidéo sur la célébration mondiale de l’UNESCO de la Journée Internationale de la Liberté de Presse, cette année (2019) en Ethiopie.

Bilan RSF des violences contre les journalistes en 2018 : 59 journalistes en otage en Syrie, en Irak et au Yémen

Crédit Photo @Paris Match

En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. Tel qu’il a confirmé par le bilan annuel de Reporters Sans frontières (RSF). Ce sont des chiffres qui « traduisent une violence inédite contre les journalistes ».

En fait, il s’agit d’une évolution du nombre des journalistes professionnels tués, avec une hausse de 15% : 63 homicides en 2018 (pareil en 2016) contre 55 en 2017. La majorité des journalistes tués est composée des hommes dont fait partie d’ailleurs, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi. De même, onze journalistes syriens en sont victimes. Il s’agit de deux journalistes professionnels, huit non professionnels et un collaborateur de médias, qui étaient presque tous tués dans des bombardements.

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Un nouvel observatoire du journalisme pour le Monde Arabe

AJO Logo FR

Le réseau de l’Observatoire Européen du Journalisme (EJO) s’est élargi en dehors de l’Europe avec le lancement de l’Observatoire Arabe du Journalisme (AJO – http://www.ajo-ar.org), en partenariat avec le Centre de développement des médias (MDC – http://www.mdcnet.org), implanté à Tunis.

Cet observatoire couvrira, en arabe et bientôt en français, l’actualité du journalisme, ainsi que la recherche sur les médias, la liberté de la presse et la responsabilité des médias, les tendances du journalisme et des industries médiatiques dans les pays arabes.

Outre le site web, AJO diffusera également sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. AJO est dirigé par Dr. Abdelkrim Hizaoui, Professeur à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI, Tunis) et ancien Directeur du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC).

A travers AJO, Dr Hizaoui espère offrir aux chercheurs des médias arabes et aux professionnels des médias un forum pour présenter et discuter leurs recherches à un moment où les médias sont appelés à soutenir les transitions politiques déclenchées par le «Printemps Arabe».

Le site AJO est édité par Nouha Belaid, doctorante à l’IPSI, blogueuse et enseignante de médias numériques. L’AJO sera étroitement lié au réseau de l’Observatoire Européen du Journalisme (en.ejo.ch) qui se compose de 13 universités européennes et une américaine, ainsi que de plusieurs institutions de recherche, qui partagent les mêmes objectifs pour un meilleur accès aux recherches sur le journalisme, sur les effets du numérique sur les industries des médias et pour l’amélioration des échanges entre les différentes cultures du journalisme au-delà des barrières linguistiques.

Ce projet a été développé en étroite collaboration avec l’Observatoire Européen du Journalisme et l’Università della Svizzera Italiana (USI- http://www.usi.ch/ ) à Lugano, en Suisse, et il fait partie d’un projet visant à renforcer les relations entre la Suisse d’une part et les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée d’autre part. Il constitue également une première étape pour revitaliser le laboratoire des études méditerranéennes à l’USI. AJO est financé par la Fondation Fidinam, à Lugano.

Page Facebook : https://www.facebook.com/Observatoire-Arabe-du-Journalisme-المرصد-العربي-للصحافة-497279620475363/

Compte Twitter : https://twitter.com/AJO_EJO

Attaque de Ben Guerdane et son effet médiatique sur le tourisme tunisien

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Durant plus qu’une semaine, les médias classiques (télé, radio et presse écrite) aussi bien que les nouveaux médias n’ont pas cessé de parler de l’opération terroriste de Ben Guerdane (Sud de la Tunisie). Mais chacun de ses médias avait choisi pour en parler, à sa manière, en adoptant un discours différent.

Si les médias sociaux étaient les premiers canaux d’informations à couvrir cet événement en procurant des informations instantanées, la presse électronique a pris par la suite la relève. Puis les autres médias à savoir la radio et la télé les ont rejoints. Mais comme à l’accoutumée, les photos inédites étaient présentes sur les médias sociaux telle que le Selfie des soldats exposés avec les cadavres des terroristes ou la photo du soldat présent sur le champ de la bataille, accompagné d’une trentaine d’habitants de Ben Gardanne qui suivaient derrière lui l’échange de tirs. Ainsi de statuts de fierté de notre armée tunisienne ont été partagés sur les médias sociaux.

De même, si la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie, a confirmé sa satisfaction de la couverture des télés et des radios de cette attaque, les photos des cadavres des terroristes partagées sur les médias sociaux, ont créée une grande polémique. Il est vrai que la déontologie du métier du journalisme interdit la diffusion de ce type de photos mais vu l’absence d’une charte d’usage des médias sociaux, certains Tunisiens se voyaient dans ce type de partage, une fierté de notre armée. Ainsi un discours de haine a pris place sur ces canaux de communication. Ce qui fait appel à l’autorégulation de nos usages sur les médias sociaux, pour ne pas nuire ni à l’ordre général du pays ni aux valeurs communes de la société.

De plus, tous les pays du monde ont félicité la Tunisie pour sa réussite à renverser le plan terroriste. Mais certains médias français ont été critiqués pour leurs discours déployés dans la couverture de cette opération. A titre d’exemple, lors d’un reportage télévisé, au lieu de signaler qu’il y a eu un bilan de tel nombre de terroristes morts et un autre nombre de martyrs, la présentatrice de la chaine publique France 24, a annoncé qu’il existe en total un nombre de morts. Cette absence de précision a posé des points d’interrogation alors que la France s’est toujours montrée solidaire avec les Tunisiens et elle a toujours critiqué le terrorisme. Pire encore, beaucoup de Tunisiens ont appelé à la fermeture du bureau de la chaine Qatarienne Aljazeera en Tunisie suite aux déclarations de l’une de ses journalistes sur son compte Facebook personnel. Il semblait ainsi que le scénario du bureau d’Aljazeera en Egypte pourra se reproduire en Tunisie, ce qui pourra nuire à la liberté d’expression, dans un pays qui vient de remporter le Prix Nobel de la Paix pour la réussite de sa transition démocratique. Mais cela appelle aussi les médias étrangers à être neutre dans leur couverture médiatique des événements en Tunisie, mise à part leur agenda politique.

Et le tourisme ?

Il est à noter que cette attaque a eu lieu une semaine avant les vacances du printemps pour les élèves des écoles primaires, des collèges et des lycées. Ces vacances représentent une période de repos dont les parents en profitent pour partir passer quelques jours avec leurs enfants, chez les grands parents dans les régions de l’intérieur ou dans un hôtel de luxe au sahel ou au sud du pays.
Etant donné que la Tunisie souffre depuis l’attaque de Bardo tenue en 2015, de la réduction du flux de touristes, la majorité des acteurs du tourisme en Tunisie ont choisi pour ces vacances de printemps, de cibler les clients en Tunisie, en proposant une offre riche de promotions, sauf que cette opération terroriste risquait de faire éloigner du sud non seulement les touristes étrangers mais aussi les citoyens tunisiens qui pensaient profiter d’un séjour saharien.

Cela n’empêche de dire que les Tunisiens ont exprimé comme à l’accoutumée un élan de solidarité contre le terrorisme. Donc la présence des Tunisiens au sud du pays est une preuve de bravoure et un message clair aux militants auprès de Daaech que la Tunisie ne sera jamais un abri du terrorisme.
Par la suite, aujourd’hui, en présence d’une mosaïque médiatique de journaux et de chaines radiophoniques et télévisées qui émettent en Tunisie et ailleurs, la Tunisie possède déjà sa machine communicationnelle. Et comme ces médias locaux ont réussi à couvrir l’opération terroriste de Ben Guerdane, ils sont ainsi appelés à prendre individuellement l’initiative pour promouvoir l’image du pays à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur. Notons que le terrorisme a marqué sa présence dans les pays les plus puissants du monde à savoir les Etats Unis, la France, le Royaume Unis, etc.
De même, l’engagement du citoyen dans la promotion de l’image du pays à l’extérieur est primordial, avec la disponibilité des médias sociaux. La citoyenneté s’exprime d’ailleurs à travers le partage des photos et des vidéos des zones touristiques car citoyen est devenu de nos jours, un acteur à part entière. Plus besoin d’attendre la réaction des instituions gouvernementales. Nous sommes tous des communicateurs !

Nouha Belaid

Les usagers de Facebook en Tunisie : un déséquilibre remarquable entre les gouvernorats

L’agence du webmarketing tunisienne Medianet vient de publier une récente recherche qui dresse le bilan des usagers du réseau social numéro un en Tunisie et dans le monde entier : Facebook.

Cette étude fût la première de ce genre en Tunisie, car depuis la création de ce réseau social, le seul chiffre que nous disposons  est celui du nombre des facebokeurs tunisiens. Et encore ce chiffre n’est pas réellement correcte vu le nombre de faux profils qui est incomptable.

Par la suite, cette étude a relevé qu’il existe en Tunisie,  5 690 100 facebookeurs répartis d’une manière déséquilibrée sur les gouvernorats, même si la majorité utilisent le mobile pour avoir accès à ce réseau social.

Sur Tunis, il existe d’ailleurs, le plus grand nombre de facebookeurs. Il s’agit de 3 447 000 facebookeurs, soit 61.58 % du nombre total de facebookeurs en Tunisie, alors que le nombre de facebookeurs répartis sur les autres gouvernorats, varie entre 11 400 et 153 000 facebokeurs. De plus, si la capitale est classée en premier rang, le gouvernorat de Sfax occupe le deuxième rang, suivie successivement des autres gouvernorats : Sousse, Nabeul et Monastir. Ci-dessous le Silder de l’étude.

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Notons ainsi que cette étude s’avère utile pour les chercheurs en marketing et en communication digitale ainsi que les bureaux de sondage et les agences de webmarketing qui utilisent Facebook comme canal de communication. Sauf que Medianet reste toujours ferme, comme elle l’a été à l’accoutumée sur sa stratégie de travail aboutissant à ces résultats. Et cette absence de transparence crée entre autres, des doutes sur la fiabilité des chiffres livrés par cette étude, étant donné que le nombre de faux profils est incomptable sur Facebook.

Par la suite, nous rappelons que l’opinion publique a confirmé il y a quelques années que Facebook a déclenché la révolution tunisienne mais aucune étude scientifique ne l’a jusqu’à présent confirmé. Alors si cette révolution a été déclenché dans un gouvernorat dont 7 % seulement du nombre total de facebookeurs ont accès à Facebook, pourrons nous encore confirmer que cette révolution est une révolution digitale ? Reste à confirmer selon la disponibilité d’autres caractéristiques démographiques et de données sociologiques. Cette étude n’est ainsi, qu’une étape préliminaire en absence d’autres détails.

Nouha BELAID

La 4ème conférence annuelle de l’Organisation Mondiale du Tourisme – Médias et Tourisme – Octobre 2015

Le Monde Diplomatique :  » La presse égyptienne mise au pas « 

Le Monde Diplomatique - Novembre 2015, p.20

Le Monde Diplomatique – Novembre 2015, p.20

« La presse égyptienne mise au pas »  est le titre d’un article lu dans le journal français Le Monde Diplomatique de ce mois (Novembre 2015). Cet article rédigé par le journaliste Aziz El MASSASSI, a remporté d’ailleurs, le prix  annuel de l’Association des Amis du Monde Diplomatique.
Dans cet article, des journalistes égyptiens libres s’exprimaient sur la situation des médias dans le pays des Pharaons, après la chute du régime des frères musulmans. Accusés de soutenir le terrorisme, les journalistes indépendants égyptiens sont pris pour cibles par le régime mis en place, celui de Abdel Fateh AL-SISSI.
Prenons comme exemple, quelques extraits des propos de quelques journalistes du journal « Al Ahram », de la chaîne télévisée « Nile TV » et d’autres médias:
"Les journalistes ne peuvent pas tout dire mais ils peuvent 
dire  n'importe quoi, y compris des mensonges"

"Avant, même s'il était très rare de pouvoir accéder aux 
documents, les politiciens se livraient davantage en Off... 
Plus maintenant... Désormais, tout le monde a peur".

 "Ceux qui critiquent le gouvernement ou livrent un récit des 
événements différent sont assimilés à des traîtres ou à des 
espions à la solde de puissances ennemies"
Rappelons  ainsi que l’Egypte a été classée selon le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) au 3ème rang des pays les plus dangereux pour les journalistes au Proche Orient, derrière la Syrie et l’Irak.
Aujourd’hui, la scène journalistique égyptienne souffre d’ailleurs, de devisions et de conflits entre journalistes. C’est le 26 octobre 2014, que 17 rédacteurs en chef des journaux les plus connus dans ce pays, ont signé une déclaration à refréner les critiques à l’encontre de la police, de l’armée et des institutions judiciaires, « au prétexte  s’indigne Amin, d’aider le gouvernement dans sa lutte contre les discours islamistes et les violence terroristes: un vœu de loyauté sans précédent dans l’histoire de l’Egypte ».
Ainsi, plus que six cent journalistes ont refusé cette forme d’autocensure et ont signé une pétition en ligne dénonçant cet acte qui va à leur avis, à l’encontre de la liberté de presse. Ils l’ont considéré comme « perte de dignité » pour chaque journaliste égyptien » alors qu’il est « une victoire pour le terrorisme ».
Nouha BELAID