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Les Arabes, des grands consommateurs des informations sur Internet et les médias sociaux

En 2017, 43 % des internautes au Moyen-Orient s’inquiètent davantage de la surveillance en ligne par les gouvernements et les entreprises contre 39 % en 2015. Ceci dépend de l’évolution des pratiques des internautes arabes sur Internet et les médias sociaux.

Dans une étude menée par l’Université Northwestern à Qatar à propos de l’usage des médias dans le Moyen Orient en 2017, il s’est avéré que les Arabes ont tendance à suivre les informations sur Internet et les médias sociaux.

Cette étude a analysé les pratiques médiatiques de 7000 Arabes originaires de sept pays, à savoir : Émirats Arabes Unis (EAU), Liban, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar, Tunisie et Egypte.

L’usage de l’Internet : un taux de pénétration plus élevé en 2017

• Comparé aux usages médiatiques il y a cinq ans, le taux des citoyens arabes qui regardent la télévision a diminué modestement depuis 2013 (98% en 2013 contre 93% en 2017) alors que le taux de lecture des journaux et des magazines, et de l’audience de la radio ont diminué brusquement (journaux : 47% en 2013 contre 25% en 2017 ; radio: 59% en 2013 contre 49% en 2017; magazines: 26% en 2013 contre 19% en 2017).Par contre, le taux de pénétration d’Internet a évolué dans les sept pays étudiés notamment en Jordanie, au Liban et en Tunisie.

Les médias suivis par les Arabes 2013 vs 2017

• La durée de connexion est en corrélation positive avec le nombre d’années de présence sur Internet. Les nouveaux venus sur Internet (1 an ou moins) passent environ 8 h par semaine en ligne. Ce chiffre s’élève à 14 h par semaine pour ceux qui sont connectés depuis deux ans sur Internet et à environ 21 h par semaine pour ceux qui sont présents sur Internet entre trois et sept ans. Ceux qui utilisent Internet depuis 10 ans passent environ 29 h par semaine en ligne.

• L’utilisation de la langue arabe en ligne a évolué proportionnellement à l’augmentation du nombre des utilisateurs d’Internet. Par contre, l’utilisation de l’anglais en ligne reste quasi stable (25% en 2013 contre 28% en 2017).

• Près des trois quarts des internautes de la région utilisent le Wi-Fi ou des services de données mobiles pour se connecter à Internet. Cependant, l’utilisation du Wi-Fi varie d’un pays à l’autre. Il s’agit de moins de la moitié des Jordaniens contre deux tiers des Tunisiens et neuf sur dix des autres pays (40% Jordanie vs 63% Tunisie, 91% Liban, 87% Qatar, 84% Arabie Saoudite, 97% EAU).

Les usages médiatiques selon les plateformes : le mobile s’impose

• Depuis 2015, le nombre des utilisateurs du smartphone a évolué contre la régression du nombre des utilisateurs d’ordinateurs portables ou de bureau.

Le pourcentage de pénétration via le smartphone

• Tous les citoyens au Liban, au Qatar, en Arabie saoudite, et aux Émirats Arabes Unis possèdent un smartphone. 83% des Jordaniens et 65% des Tunisiens seulement possèdent un smartphone.

• Les interviewés qui reçoivent des nouvelles via un smartphone au moins une fois par jour sont plus susceptibles de recevoir des nouvelles via d’autres plateformes.

• Un peu plus de la moitié des interviewés utilisent des applications d’actualités et un peu plus d’un quart les utilisent quotidiennement. L’utilisation des applications traitant l’actualité est une activité plus populaire en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, et moins populaire au Qatar (utilisation: 85% Arabie Saoudite, 86% EAU contre 52% Jordanie, 49% Tunisie, 42% Liban, 33% Qatar).

La réception des nouvelles selon les plateformes

Les nouvelles formes de consommation des nouvelles

• En Jordanie, au Liban et en Tunisie, les internautes reçoivent plus fréquemment des nouvelles de la télévision plutôt que des sources en ligne, tandis qu’une plus grande proportion de Qataris, de Saoudiens et d’Emiratis se tournent vers Internet comme première source d’information.

• La consommation en ligne des informations dans la région arabe est plus élevée en 2017 et en croissance continue. Plus des trois quarts des interviewés reçoivent l’actualité sur leurs téléphones.

• Les interviewés hésitent à payer pour obtenir du contenu médiatique. Les majorités en Jordanie (74%), au Liban (75%), au Qatar (71%) et en Tunisie (61%) ne veulent pas payer pour des nouvelles, reçues que ce soit en ligne ou via la télé, les journaux ou les magazines. Il s’agit déjà d’une chute au niveau des intentions de payer pour les nouvelles, depuis 2015, notamment au Liban et au Qatar.

• En ce qui concerne l’entreprise médiatique préférée, 62% des interviewés préfèrent s’informer auprès des entreprises locales. Puis 66% des interviewés font confiance aux médias en général, 66% aux médias locaux contre 52% aux médias arabes en dehors de leur pays, 49% aux médias des pays occidentaux et 47% aux médias sociaux.

L’utilisation des médias sociaux

• Le média social WhatsApp a été classé à la tête de la liste des médias sociaux utilisés par les interviewés, contre un taux légèrement inférieur pour Facebook et seulement la moitié pour YouTube (67% WhatsApp, 63% Facebook, 50% YouTube).

Les médias sociaux les plus utilisés par les internautes arabes

• Bien que le taux de pénétration de Facebook soit stable au Liban, il a diminué d’au moins 10 points depuis 2015 dans tous les autres pays, avec des baisses de plus de 20 points au Qatar et en Arabie Saoudite.

• Les interviewés qui s’inquiètent que leurs gouvernements vérifient leurs activités en ligne sont plus susceptibles d’être des utilisateurs de Facebook mais moins susceptibles d’être des utilisateurs de WhatsApp ou Instagram (Facebook: 75% des utilisateurs inquiets contre 66% des utilisateurs non inquiets; % des utilisateurs inquiets contre 79% % des utilisateurs non inquiets ; Instagram: 34% % des utilisateurs inquiets contre 42% des utilisateurs non inquiets).

La liberté d’expression en ligne

• Trois fois plus de citoyens pensent que les gens pourront être capables de critiquer publiquement les politiques du gouvernement que de faire des déclarations offensives sur la religion et les croyances ou sur les minorités.

Les sujets d’intérêt pour les internautes arabes

• Les deux tiers des Libanais interviewés soutiennent le droit de critiquer publiquement les politiques gouvernementales et un tiers seulement affirme que le gouvernement a le droit d’empêcher ce genre de critiques. Un quart seulement des Qataris et des Saoudiens, et seulement 14% des Emiratis pensent que les gens devraient critiquer librement les politiques gouvernementales.

• Dans l’ensemble de la région, les personnes les moins instruites (primaires ou moins) sont les moins susceptibles de critiquer le gouvernement ou de parler en ligne de la politique.

• Alors que les jeunes interviewés sont plus enclins à soutenir la liberté d’expression en ligne, un pourcentage élevé des jeunes expriment leurs inquiétudes quant à la surveillance en ligne par les gouvernements et par les entreprises (gouvernements: 27% 45+ vs 35% 18-24 ans, 39 % 25-34 ans, 38% 35-44 ans, entreprises: 28% contre 41%, 43%,42%, respectivement).

La protection de la vie privée en ligne

• Environ la moitié des interviewés soutient l’idée d’une réglementation plus stricte de l’Internet en ce qui concerne les contenus liés à la politique ou aux valeurs de la société, tandis que près de six sur dix sont en faveur d’une réglementation plus stricte pour protéger la vie privée des utilisateurs en ligne.

• Un seul interviewé sur cinq a déclaré que ses inquiétudes face à la protection de la vie privée ont changé sa manière d’utiliser les médias sociaux, allant de trois Jordaniens et Emirats sur dix à la moitié des Libanais (31% Jordanie, 30% Emirats Arabes Unis contre 15% Liban).

Il est clair que les pratiques médiatiques des Arabes ont changé en 2017 avec la propagation d’Internet et des supports numériques notamment le smartphone. Ce qui remet en question la survie des médias traditionnels à savoir la télé, la radio et la presse électronique. Déjà, nous avons assisté en 2017 à la disparition de l’un des plus grands journaux dans le monde arabe «Assafir». Aurons-nous encore besoin des médias traditionnels pour nous informer ou faut-il nous résigner à ce que ces médias migrent vers Internet ?

Cliquez ici pour lire l’étude complète 

Remarque: Cet article a été déjà publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

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Nouveaux médias et internationalisation de la consommation : nouvel modèle économique ?

Remarque : Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Un bureau de 14 personnes dédiées exclusivement aux médias sociaux, a été mis en place par la chaîne Qatarie Al Jazeera, dès la fin de l’année 2011.Le recours aux réseaux de « journalistes citoyens » a été mis en faveur par cette chaîne télévisée, étant donné que les citoyens sont devenus des producteurs de l’information vu la disponibilité de nouveaux supports numériques. Ce qui a poussé les journalistes à chercher parfois les informations auprès des journalistes citoyens. Ceci a minimisé par la suite, les coûts de production. Déjà, dans certains pays arabes, Twitter et Facebook sont utilisés comme première source d’information, à coût zéro.

Dans son article intitulé « Nouveaux médias et flux d’information journalistique dans le monde arabe :localisation de la production et internationalisation de la consommation », paru dans l’ouvrage « La circulation des productions culturelles : cinémas, informations et séries télévisées dans les mondes arabes et musulmans » aux éditions du Centre Jacques Berque (CJB) et de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA), Enrico De Angelis a démontré comment l’émergence des nouveaux médias a transformé les modalités de production, d’échange et de diffusion de l’information dans le monde arabe, à l’échelle nationale aussi bien qu’internationale.

En fait, les révoltes de 2011 ont accéléré le processus de la diffusion de l’informationdans le monde arabe. La scène journalistique a été énormément touchée par l’émergence d’Internet. De nombreuses entreprises médiatiques construites sur l’utilisation d’Internet ont vu le jour notamment« MadaMasr » en Égypte, « Nawaat » et « Inkyfada » en Tunisie, « SyriaUntold » en Syrie, « 7iber » en Jordanie. Ceci a été facilité par l’implication des réseaux sociaux et la mise en place d’un échange direct d’informations.
De plus, les systèmes médiatiques arabes sont devenus des systèmes « hybrides » étant donné que l’information journalistique circule de façon fluide d’une plateforme médiatique à l’autre (télévisions, journaux électroniques et imprimés, réseaux sociaux, blogs, etc.). Ce qui a donné naissance à « un espace partagé, plus participatif, aux contenus produits par le bas et dont les hiérarchies entre les différentes sources d’information tendent à se brouiller ».

Impact des nouveaux médias sur les flux d’information transnationale dans le monde arabe
L’auteur confirme que les nouveaux médias ont changé les flux d’information transnationale, ce qui a impacté les coûts traditionnellement associés à la diffusion de l’information. Ainsi, « l’ère des correspondants permanents et des envoyés spéciaux réguliers semble révolue, les médias internationaux ayant de plus en plus recours aux journalistes citoyens ou aux journalistes freelance qui vivent dans les pays concernés ».

De plus, si la production de l’information tend à devenir plus locale, la consommation s’internationalise. Elle se propage rapidement via les nouveaux flux d’information aussi bien que les anciens flux.
Les grands médias traditionnels à savoir Al Jazeera, disposant des ressources humaines et budgétaires nécessaires, ont mis en place une équipe pour rechercher et vérifier l’information qui circule sur le web. Ceci leur a permis de créer et d’entretenir un réseau de « journalistes citoyens » sur le terrain.
Bien que certains journalistes citoyens ne sont pas payés, d’autres le sont. Or généralement, les journalistes citoyens, payés à l’article, permettent « d’éviterles coûts liés à la gestion d’un bureau ou d’un envoyé spécialsur le terrain ». Donc les médias ont appris selon l’auteur à tirer profit de la contribution du public dans la production des contenus.

De plus, cela permet également de « contourner plus facilement les restrictions de mouvement et d’action qui frappent souvent les journalistes professionnels ». A titred’exemple, la mobilisation des citoyens ordinaires et des activistes en Syrie vu l’interdiction d’entrée aux journalistes imposée par le régime. Donc ils sont devenus « les principaux fournisseurs d’informations et de contenus vidéo ».
Par la suite, de nombreux projets journalistiques« indépendants » qui diffusent leurs contenus exclusivement sur Interne, sont nés ces dernières années dans le monde arabe. Citons par exemple, « Nawaat »en Tunisie,« MadaMasr »en Égypte, « 7iber »en Jordanie ou « Mamfakinch »au Maroc. Toutefois, ces plateforme sont choix de se focaliser sur les informations locales en absence des moyens budgétaires permettant de couvrir efficacement l’actualité internationale.

La concentration des pouvoirs du média social « Snapchat »

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Introduit en bourse, 89 % des droits de vote pour Snapchat, sont entre les mains de Even Spiegel et Robert Murphy, les cofondateurs de ce média social. Il s’agit de la concentration des pouvoirs de Snap.

Selon un article publié récemment dans le journal américain Washington Post, les cofondateurs de Snap ont choisi de garder le contrôle de la société, même s’ils retirent ou s’ils liquident une grande partie de leurs actions. Donc ils ne cèderont pas leurs droits.

Notons déjà que Google a appliqué la même concentration de pouvoirs en 2004. Lors de son entrée en Bourse, Larry Page et Sergueï Brin n’ont offert aux investisseurs que des actions à droit de vote limité. Ceci ressemble au modèle japonais, il y a une trentaine d’année, qui valorisait la toute-puissance des chefs d’entreprise.

Selon l’auteur de cet article, la source la plus rare aujourd’hui, n’est pas le capital financier mais plutôt le capital humain. Donc le pouvoir revient aux personnes talentueuses et non pas celles qui ramènent des fonds.

Bien que Even Spiegel et Robert Murphy aient conçu un média social innovant, ce dernier d’un équilibre de pouvoirs. De même ; si le chiffre d’affaire de Snapchat a multiplié par sept en 2016, ses pertes sont encore importantes. L’introduction en bourse va-t-elle sauver ce média social ?

Élections américaines 2016: La couverture en direct sur les médias sociaux grâce à « Facebook Live Video »

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Nous confirmons que la campagne électorale de Barak Obama en 2008, a été marquée par une exploitation majore des médias sociaux à savoir Facebook et Twitter.

Cette année,  l’application Facebook Live était en usage très avancé alors qu’elle vienne d’être exploitée comme application sur Facebook. Elle n’a pas été seulement utilisée par les hommes politiques mais les médias classiques l’ont aussi exploitée pour assurer une bonne couverture de cet événement international.

Les internautes du monde entier, ont suivi les différentes étapes des élections sur les médias sociaux, comme s’ils étaient au cœur du champ de l’action.

Selon Reuters, Facebook avait des partenariats avec 50 médias qui ont utilisé cette plateforme pour couvrir les élections en direct et attirer plus d’auditeurs. Ces médias ne sont pas juste des chaines télévisées mais la presse écrite et électronique ont été aussi impliquées dans cette nouvelle vague.

Il y a quelques années, nous étions surpris par la couverture  en direct des élections sur les plateformes des médias en ligne. Nous avons assisté dans le passé à des tweets Live. Mais cette année, Facebook a attiré les attentions avec ces vidéos Live.

Ce qui est aussi étonnent, c’est l’exploitation de cette application par les chaines télévisées qui ont déjà la possibilité d’une couverture Live sur leurs antennes. Or il parait que les médias classiques sont devenus beaucoup plus conscients de la présence de leurs auditeurs sur les médias sociaux. Donc de stratégies trans-médiatiques ont été mises en place lors de cet événement pour attirer les auditeurs via les différents supports.

Bien que l’application « Facebook Live » a été exploitée à son début par les citoyens, voilà que les médias l’accaparent. Mais dans un cadre pareil, il est quasi impossible aux citoyens d’avoir accès aux salles du vote et à d’autres lieux privés. Encore une fois, le 4ème pouvoir s’impose mais avec un nouveau outil.

Attaque de Ben Guerdane et son effet médiatique sur le tourisme tunisien

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Durant plus qu’une semaine, les médias classiques (télé, radio et presse écrite) aussi bien que les nouveaux médias n’ont pas cessé de parler de l’opération terroriste de Ben Guerdane (Sud de la Tunisie). Mais chacun de ses médias avait choisi pour en parler, à sa manière, en adoptant un discours différent.

Si les médias sociaux étaient les premiers canaux d’informations à couvrir cet événement en procurant des informations instantanées, la presse électronique a pris par la suite la relève. Puis les autres médias à savoir la radio et la télé les ont rejoints. Mais comme à l’accoutumée, les photos inédites étaient présentes sur les médias sociaux telle que le Selfie des soldats exposés avec les cadavres des terroristes ou la photo du soldat présent sur le champ de la bataille, accompagné d’une trentaine d’habitants de Ben Gardanne qui suivaient derrière lui l’échange de tirs. Ainsi de statuts de fierté de notre armée tunisienne ont été partagés sur les médias sociaux.

De même, si la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) en Tunisie, a confirmé sa satisfaction de la couverture des télés et des radios de cette attaque, les photos des cadavres des terroristes partagées sur les médias sociaux, ont créée une grande polémique. Il est vrai que la déontologie du métier du journalisme interdit la diffusion de ce type de photos mais vu l’absence d’une charte d’usage des médias sociaux, certains Tunisiens se voyaient dans ce type de partage, une fierté de notre armée. Ainsi un discours de haine a pris place sur ces canaux de communication. Ce qui fait appel à l’autorégulation de nos usages sur les médias sociaux, pour ne pas nuire ni à l’ordre général du pays ni aux valeurs communes de la société.

De plus, tous les pays du monde ont félicité la Tunisie pour sa réussite à renverser le plan terroriste. Mais certains médias français ont été critiqués pour leurs discours déployés dans la couverture de cette opération. A titre d’exemple, lors d’un reportage télévisé, au lieu de signaler qu’il y a eu un bilan de tel nombre de terroristes morts et un autre nombre de martyrs, la présentatrice de la chaine publique France 24, a annoncé qu’il existe en total un nombre de morts. Cette absence de précision a posé des points d’interrogation alors que la France s’est toujours montrée solidaire avec les Tunisiens et elle a toujours critiqué le terrorisme. Pire encore, beaucoup de Tunisiens ont appelé à la fermeture du bureau de la chaine Qatarienne Aljazeera en Tunisie suite aux déclarations de l’une de ses journalistes sur son compte Facebook personnel. Il semblait ainsi que le scénario du bureau d’Aljazeera en Egypte pourra se reproduire en Tunisie, ce qui pourra nuire à la liberté d’expression, dans un pays qui vient de remporter le Prix Nobel de la Paix pour la réussite de sa transition démocratique. Mais cela appelle aussi les médias étrangers à être neutre dans leur couverture médiatique des événements en Tunisie, mise à part leur agenda politique.

Et le tourisme ?

Il est à noter que cette attaque a eu lieu une semaine avant les vacances du printemps pour les élèves des écoles primaires, des collèges et des lycées. Ces vacances représentent une période de repos dont les parents en profitent pour partir passer quelques jours avec leurs enfants, chez les grands parents dans les régions de l’intérieur ou dans un hôtel de luxe au sahel ou au sud du pays.
Etant donné que la Tunisie souffre depuis l’attaque de Bardo tenue en 2015, de la réduction du flux de touristes, la majorité des acteurs du tourisme en Tunisie ont choisi pour ces vacances de printemps, de cibler les clients en Tunisie, en proposant une offre riche de promotions, sauf que cette opération terroriste risquait de faire éloigner du sud non seulement les touristes étrangers mais aussi les citoyens tunisiens qui pensaient profiter d’un séjour saharien.

Cela n’empêche de dire que les Tunisiens ont exprimé comme à l’accoutumée un élan de solidarité contre le terrorisme. Donc la présence des Tunisiens au sud du pays est une preuve de bravoure et un message clair aux militants auprès de Daaech que la Tunisie ne sera jamais un abri du terrorisme.
Par la suite, aujourd’hui, en présence d’une mosaïque médiatique de journaux et de chaines radiophoniques et télévisées qui émettent en Tunisie et ailleurs, la Tunisie possède déjà sa machine communicationnelle. Et comme ces médias locaux ont réussi à couvrir l’opération terroriste de Ben Guerdane, ils sont ainsi appelés à prendre individuellement l’initiative pour promouvoir l’image du pays à l’extérieur aussi bien qu’à l’intérieur. Notons que le terrorisme a marqué sa présence dans les pays les plus puissants du monde à savoir les Etats Unis, la France, le Royaume Unis, etc.
De même, l’engagement du citoyen dans la promotion de l’image du pays à l’extérieur est primordial, avec la disponibilité des médias sociaux. La citoyenneté s’exprime d’ailleurs à travers le partage des photos et des vidéos des zones touristiques car citoyen est devenu de nos jours, un acteur à part entière. Plus besoin d’attendre la réaction des instituions gouvernementales. Nous sommes tous des communicateurs !

Nouha Belaid

« Envoyé spécial » : Le client est-il le roi à l’ère des médias sociaux ?

téléchargementLes fans de l’émission hebdomadaire « Envoyé Spécial » diffusée sur la chaîne télévisée France 2, avaient comme à l’accoutumée un rendez-vous spécial, ce 04 mars 2016. L’un des reportages de cette émission a mis l’accent sur le métier du community management en France.

Le community management, défini comme étant le fait de gérer des communautés en ligne, a évolué comme métier, ces dix dernières années en France. Il est devenu une mission à part entière pour toute entreprise qui cherche à se connaitre ou à résister sur le marché. De même, la e-réputation est devenue une affaire très importante pour ces entreprises. C’est d’ailleurs, parmi les tâches principales du community manager.

« Envoyé spécial » a signalé dans son reportage sur le métier du community management qu’aujourd’hui, lorsqu’on n’est pas satisfait d’un produit ou d’un service, on n’a plus tendance d’aller écrire ou téléphoner au service client du produit, surtout que cela pourra se solder par une très longue attente. Donc certains consommateurs mécontents choisissent de s’exprimer sur les médias sociaux. Ils pensent ainsi que cela pourra être plus efficace étant donné que l’entreprise cherche à avoir une bonne réputation sur le net, ce qui la pousse à répondre aux commentaires des consommateurs mécontents et régler leurs problèmes en un laps de temps très court. Cela était dans ce reportage, le cas d’une française qui a exposé son problème sur Twitter.

Par la suite, le reportage a signalé que les community managers cherchent à séduire les consommateurs. Donc une réclamation d’un consommateur pourra donner naissance à un bad buzz. Ce qui fait impliquer une « armée » de community mangers pour face à cette mauvaise réputation sur Internet. Mais entre temps, on se demande si les médias sociaux ont rendu au client son statut réel comme on l’a toujours confirmé : Le client est toujours le roi ? car les messages des clients constituent aujourd’hui, une arme de destruction massive en terme de publicité : tout le monde peut les lire, à tout moment et là où ils sont. Au même temps, le client pourra mettre en valeur un produit à travers un commentaire de remerciement.

Certainement, on se demande qui sont ces community managers ? Ce sont tout simplement, des diplômés en marketing et en communication. Mais ces cinq dernières années, des universités et des centres de formation en France et même en Tunisie, ont commencé à livrer des diplômes en community management, vu l’utilité de ce métier pour faire survivre une entreprise ou soigner son image de marque. Cela n’empêche pas de confirmer qu’il arrive que quelqu’un non spécialiste du domaine, exerce le métier. La reconnaissance du métier est confirmée mais reste aux diplômés en community management d’arracher leurs places.

Nouha Belaid

A voir émission complète, épisode diffusé le 04/03/2016

 

Les usagers de Facebook en Tunisie : un déséquilibre remarquable entre les gouvernorats

L’agence du webmarketing tunisienne Medianet vient de publier une récente recherche qui dresse le bilan des usagers du réseau social numéro un en Tunisie et dans le monde entier : Facebook.

Cette étude fût la première de ce genre en Tunisie, car depuis la création de ce réseau social, le seul chiffre que nous disposons  est celui du nombre des facebokeurs tunisiens. Et encore ce chiffre n’est pas réellement correcte vu le nombre de faux profils qui est incomptable.

Par la suite, cette étude a relevé qu’il existe en Tunisie,  5 690 100 facebookeurs répartis d’une manière déséquilibrée sur les gouvernorats, même si la majorité utilisent le mobile pour avoir accès à ce réseau social.

Sur Tunis, il existe d’ailleurs, le plus grand nombre de facebookeurs. Il s’agit de 3 447 000 facebookeurs, soit 61.58 % du nombre total de facebookeurs en Tunisie, alors que le nombre de facebookeurs répartis sur les autres gouvernorats, varie entre 11 400 et 153 000 facebokeurs. De plus, si la capitale est classée en premier rang, le gouvernorat de Sfax occupe le deuxième rang, suivie successivement des autres gouvernorats : Sousse, Nabeul et Monastir. Ci-dessous le Silder de l’étude.

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Notons ainsi que cette étude s’avère utile pour les chercheurs en marketing et en communication digitale ainsi que les bureaux de sondage et les agences de webmarketing qui utilisent Facebook comme canal de communication. Sauf que Medianet reste toujours ferme, comme elle l’a été à l’accoutumée sur sa stratégie de travail aboutissant à ces résultats. Et cette absence de transparence crée entre autres, des doutes sur la fiabilité des chiffres livrés par cette étude, étant donné que le nombre de faux profils est incomptable sur Facebook.

Par la suite, nous rappelons que l’opinion publique a confirmé il y a quelques années que Facebook a déclenché la révolution tunisienne mais aucune étude scientifique ne l’a jusqu’à présent confirmé. Alors si cette révolution a été déclenché dans un gouvernorat dont 7 % seulement du nombre total de facebookeurs ont accès à Facebook, pourrons nous encore confirmer que cette révolution est une révolution digitale ? Reste à confirmer selon la disponibilité d’autres caractéristiques démographiques et de données sociologiques. Cette étude n’est ainsi, qu’une étape préliminaire en absence d’autres détails.

Nouha BELAID