Archives de Tag: Internet des donnés

Tunisie – Les 10 points à retenir du Forum National de la Gouvernance d’Internet 2017

N.B : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La deuxième édition du Forum National de la Gouvernance d’Internet (IGF Tunisie 2017) a eu lieu récemment en Tunisie. Lors de cette édition, il y avait cinq tables rondes :

  • *Gouvernance et réglementation de l’Internet
  • *Enjeux de la cybersécurité et la vie privée à l’ère du digital
  • *Open Gov et démocratie numérique
  • *Développement du contenu web local
  • *Neutralité de l’Internet

Voici alors les 10 points à retenir de la deuxième édition de ce Forum :

  1. La Tunisie est le premier pays arabe qui abrite ce genre de forum dont la mission est d’encourager l’accès libre à l’information et la digitalisation des institutions pour assurer le bon déroulement du travail administratif ;
  2. Parmi les projets du plan national « Horizon 2020 », une centaine de villes municipales seront connectées d’ici 2020 ;
  3. Selon ce plan national, toutes les familles tunisiennes seront connectées en 2020. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté en faveur de cet objectif ;
  4. La digitalisation de l’administration tunisienne est en cours. Il existe maintenant six ministères connectés. Ce qui engendra l’échange en ligne des données entre ces ministères ;
  5. Actuellement, 29 licences ont été attribuées pour lancer des startups relatives à l’Internet des objets ;
  6. Parmi les projets à concrétiser, la mise en place d’une agence qui s’occupera de l’exécution des projets relatifs aux TIC. Ce modèle de management existe déjà au Maroc ;
  7. La création d’une version en ligne du code du numérique en cours de préparation conformément à la consultation publique qui a été menée auprès des acteurs du monde de l’Internet. Une deuxième consultation sera lancée bientôt. Un chapitre sera consacré à l’économie numérique ;
  8. Parmi les décisions qui seront prises à l’encontre de l’accès libre à l’information et à la digitalisation de la société, nous citons l’augmentation des taxes que devront payer les fournisseurs de connexion Internet ;
  9. La confirmation officielle de l’échec de la convention entre le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique avec le service du payement en ligne « Paypal », ce qui pousse le ministère de communication et de l’économie numérique à trouver une autre solution ;
  10. Dans le cadre d’un projet mené par l’association « Bawsala » pour digitaliser les données et créer une base de donnés en ligne, sur 264 municipalités tunisiennes contactées, 4 seulement ont refusé de fournir leurs données. Ce qui a poussé l’association à porter plainte contre eux devant la justice.

Ce Forum a enregistré la présence de nombreuses personnalités telles que M.Anouar Maarouf, ministre en exercice des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, les deux anciens ministres, M. Mongi Marzoug et M.Noomene Fehri, M.Ridha Debbabi, conseiller de ce ministère, M. Kamel Rezqui, membre du Conseil de l’Instance Nationale de Protection des Données Personnelles et Mme Hager Trabelsi, membre de l’Instance d’Accès à l’Information et autres.

Publicités

Impact de l’Internet des objets et des « Big data » sur la gouvernance politique dans le monde arabe

Remarque : Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

76 % des internautes dans 22 pays du monde arabe, fournissent des informations personnelles sur les médias sociaux. Ces nouvelles plateformes numériques sont devenues ainsi une grande base de données, selon le septième rapport sur les médias numériques dans le monde arabe.

Ce rapport annuel dirigé par Fadi Salem, est le fruit du programme de la gouvernance et de l’innovation de la Faculté de Mohamed Bin Rashid de l’administration gouvernementale aux Émirats Arabes.Intitulé « Vers une élaboration de politiques axée sur les données dans le monde arabe : Potentiel, Limites et Préoccupations », le rapport a exploré et évalué les multiples aspects de la transformation numérique dans 22 pays du monde arabe. Il vise la compréhension de l’impact des média sociaux, le développement et la gouvernance dans le monde arabe. Quatre médias sociaux ont été étudiés : Facebook, Twitter, LinkedIn et Instagram. Nous en présentons ci-après les principales idées.

Médias sociaux, analyse de données et intelligence artificielle

Au cours de ces dernières années, les médias sociaux ont joué un rôle très influent, à l’ère de « post-vérité » dans les contextes politique et diplomatique. Citons comme exemple, le rôle des « bots » des médias sociaux dans l’influence de l’opinion publique aussi bien internationale que nationale. Il s’agit d’une application invisible, intégrée dans une fenêtre de clavardage. Ce service fonctionne avec une intelligence artificielle qui peut être stable ou adaptative.

Ces bots dépendent fortement de la grande analyse de données, de l’intelligence artificielle et de la machine des algorithmes d’apprentissage, non seulement en rassemblant et en écrasant les opinions et les sentiments du public, mais aussi en influençant activement les opinions, les décisions et les comportements du public.

Ces activités de médias sociaux ont été aussi liées à un flot de fausses informations qui ont manipulé les perceptions et les croyances du public à grande échelle. Facebook a été par exemple un média social primordial en 2016, où des fausses nouvelles très influentes ont prospéré et pénétré l’opinion publique aux États-Unis et en Europe. Ce qui a influencé les décisions de la politique mondiale ainsi que l’ordre international.

Selon ce rapport, Twitter aégalement été utilisé au début de 2017, comme un outil influent de gouvernance dans le plus haut poste public aux États-Unis et à l’extérieur de ce pays.

Donc les usagers des médias ont dépassé les moyens d’information traditionnels, déclenché des crises au niveau de la politique étrangère et de la communication politique, et perturbé les cycles de mise en place des stratégies politiques.

Les gouvernements arabesà l’ère des bases de données et des sources ouvertes
Bien que cette étude se limite aux médias sociaux et à l’Internet des objets, les sources de bases de données sont en réalité nombreuses, à savoir les données gouvernementales ouvertes, les transactions financières, les données géo-spatiales, les données sociétales sur le «mode de vie», les données de médias sociaux, les données générées par l’Internet des objets, les données de capteurs, les données de machine à machine et les données de systèmes de sécurité.

Dans la région arabe, il existe déjà de nombreuses expériences et applications où les données extraites des médias sociaux et de l ‘Internet des objets, informent et influencent les pratiques gouvernementales, en tant que sources de données importantes. Ce qui modifie effectivement la manière dont les sociétés et les gouvernements interagissent. Ces deux sources influent déjà sur l’élaboration des politiques, l’engagement du public et les interactions entre les citoyens et les gouvernements dans la région.

Selon cette étude, nous retenons que :
• 15% des interviewés ont déclaré qu’ils fournissent des fausses informations sur les médias sociaux. 10 % le font sur une seule plateforme et 5 % le font sur plusieurs plateformes. Certains ne déclarent pas leurs vrais noms et d’autres leurs vrais âges ou sexes ou villes ou situations amoureuses ou autres.
• 76 % des interviewés fournissent des informations personnelles sur les médias sociaux.
• Environ 44% des répondants àl’enquête ont déclaré qu’ils ont fermé ou abandonné au moins un compte sur les médias sociaux en 2016.
• Un tiers des répondants désactive la localisation lorsqu’ils se connectent aux médias sociaux.
• Environ 40% des répondants à l’enquête autorisent les services de localisation pour certaines plateformes de médias sociaux.
• Un répondant sur cinq a indiqué qu’il a autorisé intentionnellement le service de localisation sur un média social.
• 46% des répondants à l’enquête ont plusieurs comptes sur au moins un seul média social. Cela pourra être expliqué selon l’auteur, par le contexte politique et culturel. 34 % possèdent déjà plus qu’un compte Facebook, 18 % possèdent plus qu’un compte sur Google+, 10 % sur Instagram et 5 % sur LinkedIn.

Reference
Salem, F. (2017). The Arab Social Media Report 2017: Social Media and the Internet of Things: Towards Data-Driven Policymaking in the Arab World (Vol. 7). Dubai: MBR School of Government.