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Statistique et démocratie, thème du forum de l’ESSAI – Pourrons-nous influencer l’opinion publique via la statistique ?

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Le Forum de l’Ecole Supérieure de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ESSAI) a eu lieu cette année, le 18 novembre 2015, à la Bibliothèque Nationale et dont le thème était « statistique et démocratie ». Des personnes éminentes ont marqué leur présence afin de débattre un sujet très important au moment où nous commençons en Tunisie, à avoir des doutes par rapport aux statistiques livrées par les instituts de sondage privés. 

La Secrétaire d’Etat rattachée au Ministère du Développement et de la Coopération Internationale a été parmi les invités d’honneur de ce forum. Elle a signalé ainsi que la statistique est un élément important pour la prise des décisions et pour cette raison qu’elle présente un élément primordial de la stratégie globale de la Tunisie qui mène par la suite à la mise en œuvre de toutes les politiques.  Elle a noté qu’elle est importante pour les pouvoirs publics aussi bien que les pouvoirs privés.

Elle a rappelé le public présent que c’était en 1999 que fut la réforme du domaine de la statistique y compris la révision juridique. L’ESSAI fait partie de cette réforme vu le rôle qu’elle joue au sein de la société. Elle travaille d’ailleurs, en étroite relation avec l’Institut National des Statistiques (INS). Et notons que le recensement de 2014, fait partie des projets de l’INS comme acteur actif de cette scène. L’INS publie aussi des bulletins mensuels considérés comme bénéfiques pour différentes organisations qui ont tendance à faire des analyses stratégiques pour bien mener leurs travaux.

La Secrétaire d’Etat a affirmé que la nouvelle ère de la Tunisie se base sur le fondement de la démocratie. Donc un nouveau schéma de développement a été préparé pour assurer un nouveau système de distribution. Cela impose la présence des outils statistiques fiables.  Par ailleurs, les données statistiques devraient instaurer un climat de confiance auprès de la population. Et elle a ajouté « En l’absence de données statistiques, nous risquons de vivre des confrontations. D’où le besoin de la statistique pour faciliter le dialogue entre les acteurs de la société. La crédibilité et l’indépendance des données statistiques sont nécessaires ».

Madame la Secrétaire d’Etat a annoncé aussi que l’Etat vise à déterminer la meilleure stratégie pour mieux utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au service de la statistique, à intensifier les canaux de la diffusion des données statistiques et à développer les  outils de détermination des données au niveau des régions. Elle a finit son mot par souligner l’importance de l’ESSAI pour l’économie nationale.

La statistique, histoire, pratiques et éthiques

De son côté, Jean Jacques DROESBEKE (Professeur à l’Université Libre de Bruxelles) a mis l’accent sur l’histoire de la statistique, en passant les quatre périodes :

  • L’antiquité la fin de l’empire romain, là où les recensements étaient importants pour les dirigeants et cela leur a permis de  reconstruire leurs empires.
  • Le Moyen âge mais nous avons enregistré des problèmes
  • Le contrôle de l’Etat et de la Religion : En 14ème siècle, des registres paroissiaux fussent crées
  • Au 17ème et au 18ème siècle : Estimation de la population et les instruments de mesure sont devenus plus performants. Ainsi nous parlions des lois des erreurs d’observation.

Notons ainsi quelques points forts du 19ème siècle : les théories de la moyenne, la corrélation, la régression et autres.  Le mariage entre statistique et démocratie a été née d’ailleurs vers la fin du 19ème siècle.

De sa part, Jean-Louis BODIN (INSEE France) a souligné la différence entre la statistique privée et la statistique publique. Cette dernière reçoit des fonds publics, elle travaille au profit de la société et elle favorise l’accès des citoyens à l’information. Elle est aussi soumise à deux autorités : l’autorité scientifique et l’autorité administrative.

Il a souligné ainsi que la statistique est gérée par la loi, le code éthique et le code de bonne pratique. En ce qui concerne l’éthique, si nous parlons de la Résolution des Nations Unies, c’est le 23 février 1990 qu’une décision a été prise pour préparer une charte rappelant les valeurs de la statistique publique communs à toutes les sociétés démocratiques, à l’échelle internationale.  Mais c’est en 2014 que l’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé cette Résolution.

Concernant la pratique de la statistique en Tunisie, Mouna ZGOULLI (Institut National de la Statistique) a présenté la charte statistique tunisienne. Cette dernière englobe dix principes, à savoir: l’impartialité, la responsabilité, l’indépendance scientifique, la transparence, le cadre légal.etc.

Statistique et opinion publique

Concernant l’implication de l’Etat, Jean Jacques DROESBEKE a présenté l’exemple de l’Argentine où l’Etat manipulait voire falsifiait les statistiques. Cela a été critiqué par le Fonds Monétaire International (FMI).

En Tunisie, nous avons vécu une expérience unique lors du deuxième tour, des élections présidentielles  en 2014, quand le PDG du bureau d’études « SIGMA CONSEIL » a annoncé approximativement les pourcentages de vote pour les deux candidats, avant la fermeture des bureaux de vote.  L’Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE) a critiqué cet acte vu qu’il y’ait un silence électoral à respecter.

Mais nous avons remarqué déjà, en Tunisie, l’évolution du métier du statisticien après les événements du 14 janvier 2011, vu le climat de liberté qui s’est offert aux citoyens. De plus la nouvelle constitution tunisienne garantie le droit du citoyen à l’accès à l’information. Et cela à eu des répercussions positives sur le phénomène de veille informationnelle. Tout le monde est devenu à la recherche des informations fiables et crédibles.

Et puis les statistiques sont devenues un élément essentiel afin d’avoir une idée sur le public ciblé. Aujourd’hui, aucun parti politique ou institution associative ne pourra proposer un projet de développement sans être passé par une étude statique afin de savoir comment cibler son public. Aujourd’hui aussi,  aucune entreprise économique ne pourra lancer un produit sur le marché ou concevoir une campagne de marketing et de communication, sans qu’il y ait ce passage par les données statistiques afin de comprendre les usages et les pratiques de ses consommateurs. Les domaines d’exploitation de la statistique sont nombreux voire innombrables.

Bref, aujourd’hui, tout est défini par la statistique. Pour savoir s’adresser à sa cible ou pour savoir corriger ou améliorer les situations, il faut passer par la statistique. Et pour influencer ? Ne faut-il pas aussi passer par la statistique ?

Certains pensent que celui qui détient l’information, il détient la moitié de la réalité. Alors si nous détenons l’information selon des bases scientifiques, nous ne détenons pas la réalité complète ? Ainsi, nos choix ne seront pas le résultat de l’acceptation de cette réalité ?

Ensuite, il suffit qu’un leader d’opinion annonce des statistiques pour qu’une communauté le suive, ce qui impose la fiabilité des statistiques. Et cela mènera à l’établissement d’un climat de confiance entre les acteurs : émetteurs des statistiques et récepteurs.

Ce que nous pouvons confirmer, c’est que la  crédibilité de nos études statistiques est le miroir de la démocratie dans notre pays. Plus nous sommes honnêtes et nous livrons des chiffres correctes, plus nous sommes des êtres libres dans nos choix et nos décisions.

Nouha BELAID

N.B: Découvrez les interventions des conférenciers en vidéo

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Facebook et les autres réseaux sociaux, peuvent-ils être une source d’information pour les journalistes ?

Informer & Communiquer – Depuis que Facebook est devenu un support d’information pour la plus part des gens, les professionnels du domaine du journalisme se demandaient si ce canal de communication est fiable. Il y en a même ceux qui ont critiqué les professionnels qui se posaient cette question. Pour plusieurs journalistes et experts en médias (notamment ceux qui font partie de l’ancienne génération), Facebook et les autres réseaux sociaux se présentent seulement en tant que des moyens de distraction.

Mais, nous avons découvert au fil des années que le rôle par exemple, de Facebook ne se limite pas à la distraction. Facebook est devenu aussi un moyen efficace en matière de marketng, de communication, d’événementiel et d’information. Alors comment Facebook et les autres réseaux sociaux se manifestent-ils dans le domaine du journalisme ?

Il suffit de se demander combien dans le monde entier, d’hommes politiques, d’acteurs de Hollywood et des joueurs de football possèdent des pages Facebook ?… Et si vous doutez sur la fiabilité de la page, il y a déjà le signe en bleu que Facebook accorde à la page pour montrer qu’elle est vérifiée (le contenu est fiable). Donc, c’est à vous de se mettre à la place d’un journaliste tunisien qui trouve une déclaration du Président Américain Barack Obama publiée sur sa page Facebook officielle, est ce que la déclaration est fiable ? Bien sûr que oui. Au lieu, que le bureau de communication de la Maison Blanche se limite à envoyer un communiqué de presse aux médias américains, il publie aussi l’information sur Facebook vu que le public de ce réseau social est plus large et l’information pourra toucher les journalistes du monde entier.

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Donc Facebook est soumis à la culture de la mondialisation. Dans ce cas, tout usage journalistique d’information publiée sur la page Facebook ou le compte Twitter officiel d’une vedette est faisable. Vous pouvez même meubler votre article avec une vidéo publiée sur le support officiel et parfois un ensemble de photos. C’est le cas aussi pour LinkedIn et Viadéo qui représentent plutôt les entreprises économiques.

Il est à noter que si la page n’est pas vérifiée, vous devrez contacter la personne concernée et vérifier auprès d’elle l’information publiée sur la page. Parfois, le nombre de clics j’aime de la page pourrait être un indicateur pour mesurer la fiabilité de la page.

Où est le problème ?

Le problème concerne plutôt les pages Facebook à vocation générale dont le propriétaire est anonyme. Certains journalistes sont tellement toujours à la recherche d’un scoop qu’ils oublient de vérifier l’information auprès de la personne concernée. Mais la déontologie du métier du journalisme vous oblige à contacter l’héros de votre article afin de présenter au public une information crédible.

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Malheureusement en Tunisie, nous avons vécu maintes fois une période d’instabilité informationnelle à cause des rumeurs lancées par certains journalistes qui publient directement l’information publiée sur Facebook, sans penser aux répercussions. La presse électronique d’ailleurs, est victime des rumeurs publiées sur les réseaux sociaux vu qu’elle se caractérise par l’instantanéité de l’information. Ces fautes ont systématiquement une influence sur l’image du média.

Pour résumer, nous pourrons avoir recours à certains réseaux sociaux comme source d’information pour mener un travail journalistique. Mais dans certains cas, il faut vérifier auprès de la source officielle. De même, il faut toujours diffuser l’information telle qu’elle a été publiée sur le réseau social. Et pour développer vos liens avec les personnalités, vous pouvez leur envoyer le lien de votre article ou votre reportage pour qu’ils vous ajoutent à leur base de journalistes. Et faites attention en ce qui concerne la vie privée de ces personnalités. Certaines informations ne devront pas être publiées sinon vous risquez d’être sanctionné.

 

Nouha Belaid