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Le Monde Diplomatique :  » La presse égyptienne mise au pas « 

Le Monde Diplomatique - Novembre 2015, p.20

Le Monde Diplomatique – Novembre 2015, p.20

« La presse égyptienne mise au pas »  est le titre d’un article lu dans le journal français Le Monde Diplomatique de ce mois (Novembre 2015). Cet article rédigé par le journaliste Aziz El MASSASSI, a remporté d’ailleurs, le prix  annuel de l’Association des Amis du Monde Diplomatique.
Dans cet article, des journalistes égyptiens libres s’exprimaient sur la situation des médias dans le pays des Pharaons, après la chute du régime des frères musulmans. Accusés de soutenir le terrorisme, les journalistes indépendants égyptiens sont pris pour cibles par le régime mis en place, celui de Abdel Fateh AL-SISSI.
Prenons comme exemple, quelques extraits des propos de quelques journalistes du journal « Al Ahram », de la chaîne télévisée « Nile TV » et d’autres médias:
"Les journalistes ne peuvent pas tout dire mais ils peuvent 
dire  n'importe quoi, y compris des mensonges"

"Avant, même s'il était très rare de pouvoir accéder aux 
documents, les politiciens se livraient davantage en Off... 
Plus maintenant... Désormais, tout le monde a peur".

 "Ceux qui critiquent le gouvernement ou livrent un récit des 
événements différent sont assimilés à des traîtres ou à des 
espions à la solde de puissances ennemies"
Rappelons  ainsi que l’Egypte a été classée selon le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) au 3ème rang des pays les plus dangereux pour les journalistes au Proche Orient, derrière la Syrie et l’Irak.
Aujourd’hui, la scène journalistique égyptienne souffre d’ailleurs, de devisions et de conflits entre journalistes. C’est le 26 octobre 2014, que 17 rédacteurs en chef des journaux les plus connus dans ce pays, ont signé une déclaration à refréner les critiques à l’encontre de la police, de l’armée et des institutions judiciaires, « au prétexte  s’indigne Amin, d’aider le gouvernement dans sa lutte contre les discours islamistes et les violence terroristes: un vœu de loyauté sans précédent dans l’histoire de l’Egypte ».
Ainsi, plus que six cent journalistes ont refusé cette forme d’autocensure et ont signé une pétition en ligne dénonçant cet acte qui va à leur avis, à l’encontre de la liberté de presse. Ils l’ont considéré comme « perte de dignité » pour chaque journaliste égyptien » alors qu’il est « une victoire pour le terrorisme ».
Nouha BELAID
 
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Quand les Présidents des pays arabes optent pour une communication politique interactive

Cet article a été publié le 30/05/2015 dans le Huffpostmaghreb

Le Président Egyptien Abdel Fattah All Sissi

Le Président Égyptien Abdel Fattah All Sissi

Bien que le printemps arabe ait été suivi de certaines situations douloureuses, la liberté d’expression et d’échange d’informations a été toujours, farouchement défendue par les citoyens et les défenseurs de droits de l’homme et ce, dans tous les pays arabes qui ont vécu des soulèvements populaires.

L’homme politique s’est trouvé lui-même appelé à défendre le droit du citoyen à l’accès à l’information, dans le cadre de la transparence de l’Etat et de l’ouverture sur l’échange entre gouverneurs et gouvernés.  Jean Michel Cotteret  disait d’ailleurs que « la communication politique est un échange entre gouvernants et gouvernés par des moyens formels ou informels pour conquérir le pouvoir ou l’exercer ».

En Tunisie, un groupe portant le nom « OpenGovTN» a été lancé le 04 novembre 2011. Noté sur son site officiel, ce groupe « milite pour la consécration des principes de la transparence totale et la participation citoyenne dans la gestion des affaires publiques, afin de garantir le droit à une société juste, démocratique et prospère. Sans forme juridique, le groupe est ouvert à tous les citoyens tunisiens indépendamment de leurs appartenances politiques ou associatives sous condition du respect de la présente charte. Le groupe est autogéré bénévolement par tous ses membres ».

En Egypte, afin d’assurer cette transparence d’Etat et de créer des autoroutes d’échange d’informations entre les dirigeants du pays et les citoyens, le Président Egyptien Abdel Fattah All Sissi a pris l’initiative, en mettant  à la disposition des citoyens de son pays, une adresse email à travers laquelle ils peuvent lui poser des questions. Le Président égyptien répondra ainsi aux questions au cours de son rendez-vous télévisuel mensuel.

Selon le bureau de presse de la Présidence égyptienne, la participation des citoyens dans la prise des décisions est un élément fondamental du plan de fonctionnement de l’Etat égyptien.

Rappelons ainsi  l’expérience du Président Tunisien, Beji Caied Essebsi lors des élections présidentielles 2014, quand il a invité ses followers sur Twitter à participer à un « Tweet Chat » qui a eu lieu ce vendredi 14 novembre 2014 de 16h à 18h. Ce Twitter Chat d’Essebsi a totalisé 1979  tweets pour 358 contributeurs. Il a promis d’ailleurs les Twittos de faire de ce Tweet Chat un rendez vous mensuel sans que rien n’a été réalisé après sa victoire.

Il parait que les nouveaux gouverneurs dans le monde arabe, optent pour la communication interactive qui favorise l’échange virtuel avec les citoyens. Mais cela n’empêche pas d’être sélectif dans les réponses sous prétexte de ne pas avoir le temps nécessaire pour répondre à tous les emails ou commentaires ou tweets. Il est facile d’ailleurs de faire semblant d’être ouvert et transparent et jouer avec la langue de bois mais il est difficile de convaincre tout le monde car la stupidité humaine n’est pas collective. On se demande ensuite, si les internautes étaient présents en temps réel, les hommes politiques répondront-ils à toutes les questions et de la même manière ? On espère ainsi que l’espace public virtuel devient réellement  un espace d’échange entre gouverneurs et gouvernés, en offrant au peuple la possibilité de s’exprimer librement sans qu’il y ait des contraintes.

Nouha Belaid