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Sauver la communication politique gouvernementale en Tunisie

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N.B: Cet article a été publié par HuffPost Tunisie le 26/11/2015

J’ai choisi d’emprunter le titre de l’ouvrage de Dominique WOLTON «  SAUVER LA COMMUNICATION » vu l’échec actuel du gouvernement tunisien dans sa communication politique, suite à l’attaque terroriste menée contre un bus de la garde présidentielle.

L’échec a été enregistré depuis le démarrage de la crise. Au moment où les citoyens attendaient à être rassurés par leurs protecteurs, gouverneurs de ce pays, le gouvernement a marqué un silence qui dépasse les trois heures. Une seule photo véhiculait sur les médias sociaux, celle du bus brûlé. Toute suite après, les agents de sécurité ont interdit l’accès aux journalistes aussi bien qu’aux citoyens vu la gravité de la situation. Il y avait partout les cadavres des victimes et les blessés encore vivants qui demandaient de l’aide. A vous ensuite d’imaginer la situation dans laquelle se trouvaient les agents de sécurité surtout qu’il s’agit d’une attaque contre leurs collègues.

Trois heures de silence et on critique les journalistes ?

Certains organismes médiatiques ont critiqué la violence menée de la part des agents de sécurité contre les journalistes qui étaient présents sur le champ de l’attaque. Le bilan de plus qu’une vingtaine d’agressions a été enregistré.

Ainsi on se demandait si les agents de sécurité étaient obligés de se comporter de cette manière agressive, alors que nous devrons être l’exemple de la démocratie après tout ce que nous avions vécu ces dernières années, depuis le 17 décembre 2010. Ce n’est pas la constitution tunisienne qui garantie le droit du citoyen à l’accès à l’information ? Que dire alors du journaliste ?! … D’ailleurs, ce n’est pas à l’agent de sécurité de rappeler le journaliste de la déontologie du métier, entre autres prendre ou non des photos mais plutôt d’assurer sa sécurité sur le champ de la bataille. Et si le journaliste  ne respecte pas la déontologie du métier, il sera critiqué par les institutions concernées.

En réalité, ces pratiques barbares commisses à l’égard des journalistes n’étaient pas une solution pour limiter la propagation de l’information car il n’y avait pas que les journalistes qui ont été à la recherche de l’information mais aussi les citoyens. Qu’est ce que vous attendez de ces citoyens vu que le gouvernement a passé plus que trois heures sans communiquer une information : aucun communiqué n’a été diffusé, aucune déclaration n’a été faite d’un haut responsable et aucun message  n’a été lancé sur Facebook.etc. On ne demandait pas des chiffres ou des confirmations mais un message rassurant pour calmer les tensions. Pire encore, le Président de la République a annoncé que la réunion avec le conseil de sécurité aura lieu le lendemain. On suppose que c’est le cas, faut-il réellement le dire au moment ou les Tunisiens attendent des directives immédiates pour mettre fin au terrorisme ?. ll a fallu leur dire : «  nous allons faire ! », en leur rappelant des derniers acquis sur le plan sécuritaire.

Gérer une crise, çà s’apprend !

C’est clair que le gouvernement tunisien, malgré toutes les crises vécues, ne sait pas encore gérer sa communication de crise, en absence d’une stratégie claire.

De plus malgré tous les textes lois, malgré le prix Nobel et les milliers de conflits vécus, la liberté d’expression et de l’accès à l’information est toujours remise en question car les responsables politiques ne savent pas encore que la question de l’information, avant qu’elle devienne un enjeu professionnel ou économique, elle est au cœur de la vitalité démocratique elle-même, tel qu’il a été déclaré par le philosophe Edwy PLENETL. Il a ajouté d’ailleurs que «  proclamer ce dit, c’est ainsi refuser la confiscation de la politique par ceux qui prétendent savoir quand d’autres ne pourraient jamais savoir ».

D’un autre coté, PLENEL confirme dans son ouvrage « Le droit au savoir » qu’un journaliste fait son boulot quand il informe le public ce qui lui échappe, ce qu’on lui cache, ce que lui est méconnu ou inconnu. Donc on se demande si le bureau de communication du Ministère de l’Intérieur a déjà de bonnes relations avec les médias. Et là se manifeste le vrai boulot des relations publiques car ces relations deviennent plus importantes durant une crise. On pourrait même devenir un Spin doctor grâce aux liens forts que nous avons tissés auparavant avec des leaders d’opinion dans des entreprises médiatiques.

Comme l’a déjà dit Dominique WOLTON, «  communiquer n’est pas un jeu d’enfant » mais c’est un travail de ruse. Il faut être rusé pour savoir gérer une crise et cela nécessite des aptitudes communicationnelles de haute qualité : rapidité, instantanéité, fluidité de réponse, intelligence.etc. Comme cela peut aussi se développer avec le temps via les formations mensuelles du personnel. Mais aussi il faut  toujours faire l’évaluation finale de chaque crise vécue  pour tirer des leçons et apprendre à réagir dans une deuxième occasion, sachant que les plans de communication diffèrent selon le contexte à savoir le contexte spatio-temporel et les acteurs. Les enjeux d’une crise ne sont pas toujours les mêmes mais un plan de communication préparé à l’avance pour gérer une crise est toujours appréciable, à savoir : un discours déjà filmé et adaptable à toutes les situations, un communiqué de presse déjà préparé.etc.

Nouha BELAID

 

Communication de crise : Comment utiliser les médias sociaux pour sauver le secteur du tourisme ?

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Programme : http://africa.unwto.org/event/4th-unwto-international-conference-tourism-and-media-building-new-partnerships-tunis-tunisia-1