Archives de Catégorie: Web 2.0 et médias sociaux

A l’ère du web 2.0 : La communication diplomatique prend une nouvelle forme à l’occasion de la fête du Mouled

Joyeuse fête de Mouled aux chers lecteurs de ce blog  !

La diplomatie n’est qu’un art de communication. Il faut savoir comment entretenir les relations entre les pays, développer les conventions et les partenariats et concrétiser des projets au profit de tout le monde. La diplomatie est une mission politique qui n’est pas donné à tout le monde mais plutôt à des gens doués des affaires internationales et qui cherchent toujours à découvrir l’autre, sa culture et sa tradition. Certaines actions diplomatiques proviennent des normes internationaux et des codes fondamentaux, des règles protocolaires ou des conventions bilatérales alors que certaines d’autres sont innées. Nous sommes nées parfois pour être diplomate !

Il me semblait difficile de prendre une pause pendant la fête du Mouled (une fête qui commémore la naissance du prophète Mohamed) en regardant les publications des diplomates étrangers en Tunisie. Bien que la majorité des Ambassadeurs se soit limitée à des posts simples et classiques sur les pages Facebook officielles de leurs ambassades, souhaitant un joyeux Mouled aux Tunisiens, certains d’autres ont choisi d’être plus proches des Tunisiens lors de cette fête Musulmane. Puis, il ne faut être être Chrétien pour fêter Noel comme il ne faut pas être Musulman pour participer aux rites, découvrir les traditions et apprendre à préparer l’Assida Zgougou, ce dessert typiquement tunisien à base de graines de pin d’alep, préparé pendant cette occasion.

Voici les trois modèles de communication diplomatique qui ont marqué cette année, la fête du Mouled  en Tunisie.

  • L’Ambassadeur de la France, Monsieur Olivier Poivre d’Arvor

Comme à l’accoutumée M., l’ambassadeur de France en Tunisie n’a pas raté cette festivité. Pour profiter de la belle ambiance, il a entamé une visite à Kairouan notamment à la mausolée de Sidi Sahab. Ci-dessous un post publié sur compte sur Facebook accompagné d’une vidéo de l’ambiance de la fête du Mouled à Kairouan.

  • L’Ambassadeur du Canada, Madame Carol McQueen

Le multiculturalisme est un aspect de vie qui ne pourra jamais échapper à Madame Carol McQueen, l’Ambassadeur du Canada en Tunisie, qui a appris cette année à préparer l’Assida tel que le montre le post publié  sur la page Facebook de l’Ambassade du Canada en Tunisie.

  • L’Ambassadeur Adjoint de la Grande Bretagne

L’Ambassadeur Adjoint britannique vient à peine d’arriver il y a quelques semaines en Tunisie et pourtant elle n’a pas voulu rater l’occasion pour apprendre elle et son mari à préparer une délicieuse Assida zougou. Ils se sont lancés dans un défi tel que le montre la vidéo ci-dessous.

Vous ne pensez pas que ces trois diplomates ont réussi leur communication diplomatique lors de cette fête du Mouled ?

Il est clair que des gestes pareils pourront avoir un effet meilleur que de tas de papiers de conventions ou de réunions de discussions des affaires entre les pays. A l’ère du web 2.0, la diplomatie prend une nouvelle forme.

Enfin, pour ceux et celles qui veulent aussi apprendre à préparer une délicieuse Assida zougou, cliquez sur ce lien pour découvrir la recette. Bon appétit !

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Les Arabes, des grands consommateurs des informations sur Internet et les médias sociaux

En 2017, 43 % des internautes au Moyen-Orient s’inquiètent davantage de la surveillance en ligne par les gouvernements et les entreprises contre 39 % en 2015. Ceci dépend de l’évolution des pratiques des internautes arabes sur Internet et les médias sociaux.

Dans une étude menée par l’Université Northwestern à Qatar à propos de l’usage des médias dans le Moyen Orient en 2017, il s’est avéré que les Arabes ont tendance à suivre les informations sur Internet et les médias sociaux.

Cette étude a analysé les pratiques médiatiques de 7000 Arabes originaires de sept pays, à savoir : Émirats Arabes Unis (EAU), Liban, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar, Tunisie et Egypte.

L’usage de l’Internet : un taux de pénétration plus élevé en 2017

• Comparé aux usages médiatiques il y a cinq ans, le taux des citoyens arabes qui regardent la télévision a diminué modestement depuis 2013 (98% en 2013 contre 93% en 2017) alors que le taux de lecture des journaux et des magazines, et de l’audience de la radio ont diminué brusquement (journaux : 47% en 2013 contre 25% en 2017 ; radio: 59% en 2013 contre 49% en 2017; magazines: 26% en 2013 contre 19% en 2017).Par contre, le taux de pénétration d’Internet a évolué dans les sept pays étudiés notamment en Jordanie, au Liban et en Tunisie.

Les médias suivis par les Arabes 2013 vs 2017

• La durée de connexion est en corrélation positive avec le nombre d’années de présence sur Internet. Les nouveaux venus sur Internet (1 an ou moins) passent environ 8 h par semaine en ligne. Ce chiffre s’élève à 14 h par semaine pour ceux qui sont connectés depuis deux ans sur Internet et à environ 21 h par semaine pour ceux qui sont présents sur Internet entre trois et sept ans. Ceux qui utilisent Internet depuis 10 ans passent environ 29 h par semaine en ligne.

• L’utilisation de la langue arabe en ligne a évolué proportionnellement à l’augmentation du nombre des utilisateurs d’Internet. Par contre, l’utilisation de l’anglais en ligne reste quasi stable (25% en 2013 contre 28% en 2017).

• Près des trois quarts des internautes de la région utilisent le Wi-Fi ou des services de données mobiles pour se connecter à Internet. Cependant, l’utilisation du Wi-Fi varie d’un pays à l’autre. Il s’agit de moins de la moitié des Jordaniens contre deux tiers des Tunisiens et neuf sur dix des autres pays (40% Jordanie vs 63% Tunisie, 91% Liban, 87% Qatar, 84% Arabie Saoudite, 97% EAU).

Les usages médiatiques selon les plateformes : le mobile s’impose

• Depuis 2015, le nombre des utilisateurs du smartphone a évolué contre la régression du nombre des utilisateurs d’ordinateurs portables ou de bureau.

Le pourcentage de pénétration via le smartphone

• Tous les citoyens au Liban, au Qatar, en Arabie saoudite, et aux Émirats Arabes Unis possèdent un smartphone. 83% des Jordaniens et 65% des Tunisiens seulement possèdent un smartphone.

• Les interviewés qui reçoivent des nouvelles via un smartphone au moins une fois par jour sont plus susceptibles de recevoir des nouvelles via d’autres plateformes.

• Un peu plus de la moitié des interviewés utilisent des applications d’actualités et un peu plus d’un quart les utilisent quotidiennement. L’utilisation des applications traitant l’actualité est une activité plus populaire en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, et moins populaire au Qatar (utilisation: 85% Arabie Saoudite, 86% EAU contre 52% Jordanie, 49% Tunisie, 42% Liban, 33% Qatar).

La réception des nouvelles selon les plateformes

Les nouvelles formes de consommation des nouvelles

• En Jordanie, au Liban et en Tunisie, les internautes reçoivent plus fréquemment des nouvelles de la télévision plutôt que des sources en ligne, tandis qu’une plus grande proportion de Qataris, de Saoudiens et d’Emiratis se tournent vers Internet comme première source d’information.

• La consommation en ligne des informations dans la région arabe est plus élevée en 2017 et en croissance continue. Plus des trois quarts des interviewés reçoivent l’actualité sur leurs téléphones.

• Les interviewés hésitent à payer pour obtenir du contenu médiatique. Les majorités en Jordanie (74%), au Liban (75%), au Qatar (71%) et en Tunisie (61%) ne veulent pas payer pour des nouvelles, reçues que ce soit en ligne ou via la télé, les journaux ou les magazines. Il s’agit déjà d’une chute au niveau des intentions de payer pour les nouvelles, depuis 2015, notamment au Liban et au Qatar.

• En ce qui concerne l’entreprise médiatique préférée, 62% des interviewés préfèrent s’informer auprès des entreprises locales. Puis 66% des interviewés font confiance aux médias en général, 66% aux médias locaux contre 52% aux médias arabes en dehors de leur pays, 49% aux médias des pays occidentaux et 47% aux médias sociaux.

L’utilisation des médias sociaux

• Le média social WhatsApp a été classé à la tête de la liste des médias sociaux utilisés par les interviewés, contre un taux légèrement inférieur pour Facebook et seulement la moitié pour YouTube (67% WhatsApp, 63% Facebook, 50% YouTube).

Les médias sociaux les plus utilisés par les internautes arabes

• Bien que le taux de pénétration de Facebook soit stable au Liban, il a diminué d’au moins 10 points depuis 2015 dans tous les autres pays, avec des baisses de plus de 20 points au Qatar et en Arabie Saoudite.

• Les interviewés qui s’inquiètent que leurs gouvernements vérifient leurs activités en ligne sont plus susceptibles d’être des utilisateurs de Facebook mais moins susceptibles d’être des utilisateurs de WhatsApp ou Instagram (Facebook: 75% des utilisateurs inquiets contre 66% des utilisateurs non inquiets; % des utilisateurs inquiets contre 79% % des utilisateurs non inquiets ; Instagram: 34% % des utilisateurs inquiets contre 42% des utilisateurs non inquiets).

La liberté d’expression en ligne

• Trois fois plus de citoyens pensent que les gens pourront être capables de critiquer publiquement les politiques du gouvernement que de faire des déclarations offensives sur la religion et les croyances ou sur les minorités.

Les sujets d’intérêt pour les internautes arabes

• Les deux tiers des Libanais interviewés soutiennent le droit de critiquer publiquement les politiques gouvernementales et un tiers seulement affirme que le gouvernement a le droit d’empêcher ce genre de critiques. Un quart seulement des Qataris et des Saoudiens, et seulement 14% des Emiratis pensent que les gens devraient critiquer librement les politiques gouvernementales.

• Dans l’ensemble de la région, les personnes les moins instruites (primaires ou moins) sont les moins susceptibles de critiquer le gouvernement ou de parler en ligne de la politique.

• Alors que les jeunes interviewés sont plus enclins à soutenir la liberté d’expression en ligne, un pourcentage élevé des jeunes expriment leurs inquiétudes quant à la surveillance en ligne par les gouvernements et par les entreprises (gouvernements: 27% 45+ vs 35% 18-24 ans, 39 % 25-34 ans, 38% 35-44 ans, entreprises: 28% contre 41%, 43%,42%, respectivement).

La protection de la vie privée en ligne

• Environ la moitié des interviewés soutient l’idée d’une réglementation plus stricte de l’Internet en ce qui concerne les contenus liés à la politique ou aux valeurs de la société, tandis que près de six sur dix sont en faveur d’une réglementation plus stricte pour protéger la vie privée des utilisateurs en ligne.

• Un seul interviewé sur cinq a déclaré que ses inquiétudes face à la protection de la vie privée ont changé sa manière d’utiliser les médias sociaux, allant de trois Jordaniens et Emirats sur dix à la moitié des Libanais (31% Jordanie, 30% Emirats Arabes Unis contre 15% Liban).

Il est clair que les pratiques médiatiques des Arabes ont changé en 2017 avec la propagation d’Internet et des supports numériques notamment le smartphone. Ce qui remet en question la survie des médias traditionnels à savoir la télé, la radio et la presse électronique. Déjà, nous avons assisté en 2017 à la disparition de l’un des plus grands journaux dans le monde arabe «Assafir». Aurons-nous encore besoin des médias traditionnels pour nous informer ou faut-il nous résigner à ce que ces médias migrent vers Internet ?

Cliquez ici pour lire l’étude complète 

Remarque: Cet article a été déjà publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Tunisie – Les 10 points à retenir du Forum National de la Gouvernance d’Internet 2017

N.B : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La deuxième édition du Forum National de la Gouvernance d’Internet (IGF Tunisie 2017) a eu lieu récemment en Tunisie. Lors de cette édition, il y avait cinq tables rondes :

  • *Gouvernance et réglementation de l’Internet
  • *Enjeux de la cybersécurité et la vie privée à l’ère du digital
  • *Open Gov et démocratie numérique
  • *Développement du contenu web local
  • *Neutralité de l’Internet

Voici alors les 10 points à retenir de la deuxième édition de ce Forum :

  1. La Tunisie est le premier pays arabe qui abrite ce genre de forum dont la mission est d’encourager l’accès libre à l’information et la digitalisation des institutions pour assurer le bon déroulement du travail administratif ;
  2. Parmi les projets du plan national « Horizon 2020 », une centaine de villes municipales seront connectées d’ici 2020 ;
  3. Selon ce plan national, toutes les familles tunisiennes seront connectées en 2020. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté en faveur de cet objectif ;
  4. La digitalisation de l’administration tunisienne est en cours. Il existe maintenant six ministères connectés. Ce qui engendra l’échange en ligne des données entre ces ministères ;
  5. Actuellement, 29 licences ont été attribuées pour lancer des startups relatives à l’Internet des objets ;
  6. Parmi les projets à concrétiser, la mise en place d’une agence qui s’occupera de l’exécution des projets relatifs aux TIC. Ce modèle de management existe déjà au Maroc ;
  7. La création d’une version en ligne du code du numérique en cours de préparation conformément à la consultation publique qui a été menée auprès des acteurs du monde de l’Internet. Une deuxième consultation sera lancée bientôt. Un chapitre sera consacré à l’économie numérique ;
  8. Parmi les décisions qui seront prises à l’encontre de l’accès libre à l’information et à la digitalisation de la société, nous citons l’augmentation des taxes que devront payer les fournisseurs de connexion Internet ;
  9. La confirmation officielle de l’échec de la convention entre le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique avec le service du payement en ligne « Paypal », ce qui pousse le ministère de communication et de l’économie numérique à trouver une autre solution ;
  10. Dans le cadre d’un projet mené par l’association « Bawsala » pour digitaliser les données et créer une base de donnés en ligne, sur 264 municipalités tunisiennes contactées, 4 seulement ont refusé de fournir leurs données. Ce qui a poussé l’association à porter plainte contre eux devant la justice.

Ce Forum a enregistré la présence de nombreuses personnalités telles que M.Anouar Maarouf, ministre en exercice des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, les deux anciens ministres, M. Mongi Marzoug et M.Noomene Fehri, M.Ridha Debbabi, conseiller de ce ministère, M. Kamel Rezqui, membre du Conseil de l’Instance Nationale de Protection des Données Personnelles et Mme Hager Trabelsi, membre de l’Instance d’Accès à l’Information et autres.

الإشاعة في عصر شبكات التواصل الاجتماعي: سارع إلى نشرها قبل الحذف

ملاحظة: نشر هذا المقال بالموقع الرسمي للمرصد العربي للصحافة

 

يعتبر خبر حرق المسلمين في بورما من قبل البوذيين وقصة المصحف الشريف والخنازير في قضية الفيلم الدنماركي المسيء للإسلام وخبر تظاهر حسناوات السويد للمطالبة بالزواج إشاعات انتشرت سنة 2014 بمختلف أرجاء المعمورة عبر وسائل الإعلام التقليدية والحديثة دون التثبت من صحتّها.

في دراسة صدرت بالعدد 17 من المجلة العربيّة للإعلام والاتصال الصادرة عن الجمعية السعوديّة للإعلام والاتصال تحت عنوان « دور التفكير النقدي في عقلنة التعامل مع الإشاعات على شبكات التواصل الاجتماعية »، تطرق الدكتور الصادق رابح بالاعتماد على الأسلوب الوصفي الاستقصائي التحليلي إلى مراحل تشكل الإشاعة من منظور التأثير الاجتماعي وآليات انتشارها بشبكات التواصل الاجتماعي إضافة إلى كيفية تبّني الفكر النقدي للتصدّي لهذه الظاهرة بالرغم من أنّ الطبيعة البشريّة تميل إلى نشر الإشاعات. ممّا يؤكد أهميّة تربية الأفراد على الفكر النقدي وتصميم أنظمة تكنولوجيّة واجتماعيّة لدعم هذا التفكير عند مختلف الفئات الاجتماعيّة.

وأشار الباحث في بداية ورقته العلميّة إلى أن مصطلح الإشاعة ظهر في القرن 13 للتعبير عن « موقف غاضب أو استنكاري يصدر عن الفرد حيال وضع ما غير مقبول ». ولكنّ المصطلح لم يحافظ على نفس التعريف مع مرور الزمن ليتحوّل مفهومه خلال القرن 18 إلى « ضجة يكون مصدرها الصراع والفتنة ». ثمّ اكتسب هذا المصطلح المفهوم الحالي خلال القرن 19 في إشارة إلى « المضامين السيّارة التي تنتقل من خلال أحاديث الناس ».

وتساهم العديد من العوامل النفسيّة والاجتماعيّة في انتشار الإشاعة حيث أنّها تساهم في مرحلة أولى بالتأثير بالسجل العاطفي فيما تحاول في مرحلة ثانية بالتلاعب بقدرة المستهدفين على إصدار حكم موضوعي حول الموضوع. وبالتالي يصعب الحديث عن ضحايا حين يتعلّق الأمر بالإشاعة لأنّ تداول الإشاعة يتمّ بإرادة الفرد بل إن وجود رغبة في تصديق الإشاعة يساهم في انتشارها. ثمّ إنّ حاجة الأفراد إلى فهم ما يحدث حولهم وغياب المعلومات يساهم في انتشار الإشاعة بل إنّ هناك العديد من المتغيرات تؤثر على انتقالها وتداولها منها الدقة والقلق وأهميّة الأحداث موضوع الإشاعات. واختار إذن الباحث أن يصنف الإشاعة وفق ثلاث خصائص: الظرف ووضعية الانتشار والمضمون.

كما أكدّ الباحث أهميّة شبكات التواصل الاجتماعي للحصول على معلومات أو لنشرها مع أكبر عدد ممكن من الأفراد بالعالم الافتراضي، مضيفا أنّ الاعتماد على شبكات التواصل الاجتماعي يتزايد إثر حدوث حركة احتجاجية أو فيضان أو حركة إرهابيّة. ويغتنم إذن بعض الأفراد هذه الفرصة خلال هذه المناسبات لنشر الإشاعات والتضليل والتلاعب بعقول روّاد الانترنت حيث أشار الكاتب بأن شبكات التواصل الاجتماعي هي  » تربة خصبة للتضليل الإعلامي ونشر الإشاعات والأقاويل والأراجيف والتلاعب بعقول الناس وعواطفهم، خاصة خلال الأزمات »، إذ يعتمد مروجو الإشاعات على « صيغ تعبيريّة تحفيزية ومراوغة تستثمر آليات سيكولوجية قد يجب الكثير من الأفراد صعوبة في مقاومتها من قبيل (سارع إلى نشرها قبل الحذف) أو (هل لديك الجرأة لإرسالها لمن تعرف) أو (لا تجعلها تتوقف عندك) ».
وأشار الدكتور الصادق رابح إلى أنّ وفرة المعلومات بشبكات التواصل الاجتماعي تطرح مسألة معايير انتقاء المعلومة والقدرة على استيعابها وتمثلها ومن ثمّ معالجتها. ممّا يستدعي الأفراد إلى التثبت من المعلومات التي تنشر عبر الواب وخاصة بشبكات التواصل الاجتماعي. لكن ذلك يحتاج إلى تفعيل بعض المهارات كالثقة بالنفس وتبني إستراتجية تقوم على التأكد من مصدر المعلومة والتاريخ والأفراد الفاعلين وطرح بعض الأسئلة : « هل المؤشرات التي تضمنتها المعلومة معقولة ؟ هل الأشخاص المذكورن على علم بها ؟ هل هناك عدم اتساق في نصّ الإشاعة ؟ هل الحجج العلميّة المستخدمة منطقية ؟ الخ.. ».

وساهمت أيضا شبكات التواصل الاجتماعي حسب هذه الدراسة في إعادة تشكيل طرق العمل الجماعي، إذ ذكر الباحث بعض الأمثلة التّي لعبت خلالها هذه الوسائل دورا مهمّا لتأكيد معلومات أو لنفيها، على غرار ثورات « الربيع العربي » والعدوان على غزة وانتفاضة لندن. وتعدّ المقاربة التجميعية حسب الباحث من أكثر المقاربات انتشارا « حيث أنّها تحيل إلى الذكاء الجماعي التي تقوم الآلات بتوليده انطلاقا من الذكاء البشري للأفراد قد يكونون متباعدين جغرافيا، ولكنهم مترابطون شبكيّا ». ويضيف الباحث أنّ أدوات الذكاء البشري تقوم  » بالتقاط مشاركات المستخدمين في الفضاءات الرقميّة وتجميعها، ومن ثمّ توليد فهم أفضل للمحيط الذي يتحرك فيه الأفراد، وهو ما يقود بدوره إلى اتخاذ قرارات وممارسات أكثر ذكاء ودقّة »، مذكرا في الآن ذاته بتعريف بيار لوفي للذكاء الجماعي كـ »شكل من أشكال الذكاء الموزع بشكل كوني والخاضع للتحسين المستمر والمتناغم بشكل آني والذي ينتج عنه استثمار فعلي وفعال لكل المهارات ». ممّا يمكن الأفراد من التفكير بشكل جماعي بهدف فهم ومعالجة قضايا مفاهمية وخلافية مثل صناعة القرارات وإدارة البيئة والكشف عن الإشاعات.

كما أصبحت بعض شبكات التواصل الاجتماعي تتمتع بآليات للحدّ من انتشار الأخبار المغلوطة الزائفة والمغلوطة. فالشارة الزرقاء بالفايسبوك أو التويتر التي توجد بجانب صاحب الحساب أو الصفحة يؤكد أنّه حساب رسمي وليس مزيّفا. وقد تم منذ فترة تطوير تطبيق التصويت للمضامين، مما ساهم في الحدّ من انتشار الإشاعة. ممّا يؤكد أهميّة العمل الجماعي للحدّ من انتشار الإشاعات عبر شبكات التواصل الإجتماعي.

*أستاذ مشارك، كلية الإمارات للتكنولوجيا، الإمارات العربيّة المتّحدة

Nouveaux médias et internationalisation de la consommation : nouvel modèle économique ?

Remarque : Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Un bureau de 14 personnes dédiées exclusivement aux médias sociaux, a été mis en place par la chaîne Qatarie Al Jazeera, dès la fin de l’année 2011.Le recours aux réseaux de « journalistes citoyens » a été mis en faveur par cette chaîne télévisée, étant donné que les citoyens sont devenus des producteurs de l’information vu la disponibilité de nouveaux supports numériques. Ce qui a poussé les journalistes à chercher parfois les informations auprès des journalistes citoyens. Ceci a minimisé par la suite, les coûts de production. Déjà, dans certains pays arabes, Twitter et Facebook sont utilisés comme première source d’information, à coût zéro.

Dans son article intitulé « Nouveaux médias et flux d’information journalistique dans le monde arabe :localisation de la production et internationalisation de la consommation », paru dans l’ouvrage « La circulation des productions culturelles : cinémas, informations et séries télévisées dans les mondes arabes et musulmans » aux éditions du Centre Jacques Berque (CJB) et de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA), Enrico De Angelis a démontré comment l’émergence des nouveaux médias a transformé les modalités de production, d’échange et de diffusion de l’information dans le monde arabe, à l’échelle nationale aussi bien qu’internationale.

En fait, les révoltes de 2011 ont accéléré le processus de la diffusion de l’informationdans le monde arabe. La scène journalistique a été énormément touchée par l’émergence d’Internet. De nombreuses entreprises médiatiques construites sur l’utilisation d’Internet ont vu le jour notamment« MadaMasr » en Égypte, « Nawaat » et « Inkyfada » en Tunisie, « SyriaUntold » en Syrie, « 7iber » en Jordanie. Ceci a été facilité par l’implication des réseaux sociaux et la mise en place d’un échange direct d’informations.
De plus, les systèmes médiatiques arabes sont devenus des systèmes « hybrides » étant donné que l’information journalistique circule de façon fluide d’une plateforme médiatique à l’autre (télévisions, journaux électroniques et imprimés, réseaux sociaux, blogs, etc.). Ce qui a donné naissance à « un espace partagé, plus participatif, aux contenus produits par le bas et dont les hiérarchies entre les différentes sources d’information tendent à se brouiller ».

Impact des nouveaux médias sur les flux d’information transnationale dans le monde arabe
L’auteur confirme que les nouveaux médias ont changé les flux d’information transnationale, ce qui a impacté les coûts traditionnellement associés à la diffusion de l’information. Ainsi, « l’ère des correspondants permanents et des envoyés spéciaux réguliers semble révolue, les médias internationaux ayant de plus en plus recours aux journalistes citoyens ou aux journalistes freelance qui vivent dans les pays concernés ».

De plus, si la production de l’information tend à devenir plus locale, la consommation s’internationalise. Elle se propage rapidement via les nouveaux flux d’information aussi bien que les anciens flux.
Les grands médias traditionnels à savoir Al Jazeera, disposant des ressources humaines et budgétaires nécessaires, ont mis en place une équipe pour rechercher et vérifier l’information qui circule sur le web. Ceci leur a permis de créer et d’entretenir un réseau de « journalistes citoyens » sur le terrain.
Bien que certains journalistes citoyens ne sont pas payés, d’autres le sont. Or généralement, les journalistes citoyens, payés à l’article, permettent « d’éviterles coûts liés à la gestion d’un bureau ou d’un envoyé spécialsur le terrain ». Donc les médias ont appris selon l’auteur à tirer profit de la contribution du public dans la production des contenus.

De plus, cela permet également de « contourner plus facilement les restrictions de mouvement et d’action qui frappent souvent les journalistes professionnels ». A titred’exemple, la mobilisation des citoyens ordinaires et des activistes en Syrie vu l’interdiction d’entrée aux journalistes imposée par le régime. Donc ils sont devenus « les principaux fournisseurs d’informations et de contenus vidéo ».
Par la suite, de nombreux projets journalistiques« indépendants » qui diffusent leurs contenus exclusivement sur Interne, sont nés ces dernières années dans le monde arabe. Citons par exemple, « Nawaat »en Tunisie,« MadaMasr »en Égypte, « 7iber »en Jordanie ou « Mamfakinch »au Maroc. Toutefois, ces plateforme sont choix de se focaliser sur les informations locales en absence des moyens budgétaires permettant de couvrir efficacement l’actualité internationale.

Impact de l’Internet des objets et des « Big data » sur la gouvernance politique dans le monde arabe

Remarque : Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

76 % des internautes dans 22 pays du monde arabe, fournissent des informations personnelles sur les médias sociaux. Ces nouvelles plateformes numériques sont devenues ainsi une grande base de données, selon le septième rapport sur les médias numériques dans le monde arabe.

Ce rapport annuel dirigé par Fadi Salem, est le fruit du programme de la gouvernance et de l’innovation de la Faculté de Mohamed Bin Rashid de l’administration gouvernementale aux Émirats Arabes.Intitulé « Vers une élaboration de politiques axée sur les données dans le monde arabe : Potentiel, Limites et Préoccupations », le rapport a exploré et évalué les multiples aspects de la transformation numérique dans 22 pays du monde arabe. Il vise la compréhension de l’impact des média sociaux, le développement et la gouvernance dans le monde arabe. Quatre médias sociaux ont été étudiés : Facebook, Twitter, LinkedIn et Instagram. Nous en présentons ci-après les principales idées.

Médias sociaux, analyse de données et intelligence artificielle

Au cours de ces dernières années, les médias sociaux ont joué un rôle très influent, à l’ère de « post-vérité » dans les contextes politique et diplomatique. Citons comme exemple, le rôle des « bots » des médias sociaux dans l’influence de l’opinion publique aussi bien internationale que nationale. Il s’agit d’une application invisible, intégrée dans une fenêtre de clavardage. Ce service fonctionne avec une intelligence artificielle qui peut être stable ou adaptative.

Ces bots dépendent fortement de la grande analyse de données, de l’intelligence artificielle et de la machine des algorithmes d’apprentissage, non seulement en rassemblant et en écrasant les opinions et les sentiments du public, mais aussi en influençant activement les opinions, les décisions et les comportements du public.

Ces activités de médias sociaux ont été aussi liées à un flot de fausses informations qui ont manipulé les perceptions et les croyances du public à grande échelle. Facebook a été par exemple un média social primordial en 2016, où des fausses nouvelles très influentes ont prospéré et pénétré l’opinion publique aux États-Unis et en Europe. Ce qui a influencé les décisions de la politique mondiale ainsi que l’ordre international.

Selon ce rapport, Twitter aégalement été utilisé au début de 2017, comme un outil influent de gouvernance dans le plus haut poste public aux États-Unis et à l’extérieur de ce pays.

Donc les usagers des médias ont dépassé les moyens d’information traditionnels, déclenché des crises au niveau de la politique étrangère et de la communication politique, et perturbé les cycles de mise en place des stratégies politiques.

Les gouvernements arabesà l’ère des bases de données et des sources ouvertes
Bien que cette étude se limite aux médias sociaux et à l’Internet des objets, les sources de bases de données sont en réalité nombreuses, à savoir les données gouvernementales ouvertes, les transactions financières, les données géo-spatiales, les données sociétales sur le «mode de vie», les données de médias sociaux, les données générées par l’Internet des objets, les données de capteurs, les données de machine à machine et les données de systèmes de sécurité.

Dans la région arabe, il existe déjà de nombreuses expériences et applications où les données extraites des médias sociaux et de l ‘Internet des objets, informent et influencent les pratiques gouvernementales, en tant que sources de données importantes. Ce qui modifie effectivement la manière dont les sociétés et les gouvernements interagissent. Ces deux sources influent déjà sur l’élaboration des politiques, l’engagement du public et les interactions entre les citoyens et les gouvernements dans la région.

Selon cette étude, nous retenons que :
• 15% des interviewés ont déclaré qu’ils fournissent des fausses informations sur les médias sociaux. 10 % le font sur une seule plateforme et 5 % le font sur plusieurs plateformes. Certains ne déclarent pas leurs vrais noms et d’autres leurs vrais âges ou sexes ou villes ou situations amoureuses ou autres.
• 76 % des interviewés fournissent des informations personnelles sur les médias sociaux.
• Environ 44% des répondants àl’enquête ont déclaré qu’ils ont fermé ou abandonné au moins un compte sur les médias sociaux en 2016.
• Un tiers des répondants désactive la localisation lorsqu’ils se connectent aux médias sociaux.
• Environ 40% des répondants à l’enquête autorisent les services de localisation pour certaines plateformes de médias sociaux.
• Un répondant sur cinq a indiqué qu’il a autorisé intentionnellement le service de localisation sur un média social.
• 46% des répondants à l’enquête ont plusieurs comptes sur au moins un seul média social. Cela pourra être expliqué selon l’auteur, par le contexte politique et culturel. 34 % possèdent déjà plus qu’un compte Facebook, 18 % possèdent plus qu’un compte sur Google+, 10 % sur Instagram et 5 % sur LinkedIn.

Reference
Salem, F. (2017). The Arab Social Media Report 2017: Social Media and the Internet of Things: Towards Data-Driven Policymaking in the Arab World (Vol. 7). Dubai: MBR School of Government.

La concentration des pouvoirs du média social « Snapchat »

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Introduit en bourse, 89 % des droits de vote pour Snapchat, sont entre les mains de Even Spiegel et Robert Murphy, les cofondateurs de ce média social. Il s’agit de la concentration des pouvoirs de Snap.

Selon un article publié récemment dans le journal américain Washington Post, les cofondateurs de Snap ont choisi de garder le contrôle de la société, même s’ils retirent ou s’ils liquident une grande partie de leurs actions. Donc ils ne cèderont pas leurs droits.

Notons déjà que Google a appliqué la même concentration de pouvoirs en 2004. Lors de son entrée en Bourse, Larry Page et Sergueï Brin n’ont offert aux investisseurs que des actions à droit de vote limité. Ceci ressemble au modèle japonais, il y a une trentaine d’année, qui valorisait la toute-puissance des chefs d’entreprise.

Selon l’auteur de cet article, la source la plus rare aujourd’hui, n’est pas le capital financier mais plutôt le capital humain. Donc le pouvoir revient aux personnes talentueuses et non pas celles qui ramènent des fonds.

Bien que Even Spiegel et Robert Murphy aient conçu un média social innovant, ce dernier d’un équilibre de pouvoirs. De même ; si le chiffre d’affaire de Snapchat a multiplié par sept en 2016, ses pertes sont encore importantes. L’introduction en bourse va-t-elle sauver ce média social ?