Archives de Catégorie: Le monde des Médias

Réfugiés : Le téléphone et Internet pour survivre

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Remarque: Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Les réfugiés sont capables de payer le tiers de leurs revenus pour rester connectés.  À titre d’exemple, Hekmatullah, refugié afghan âgé de 32 ans, qui a choisi la connexion contre la nourriture.

Ceci a été mentionné dans un article publié sur « The Economist », le 11 février 2017, signé par Athens Dunkirk. L’auteur a mis l’accent sur l’importance du téléphone portable ainsi que la connexion Internet pour les réfugiés.

En fait, quand les réfugiés quittent leurs pays, le téléphone devient selon Carleen Maitland de l’Université de Penn State, une « corde de sauvetage » car ils ne savent plus où ils devront aller et qui ils doivent croire. Donc ils essayent d’une part, de garder le contact avec leurs proches ou leurs amis du pays et d’autre part, de suivre les infos des gens qui ont pris le risque comme eux.

Le téléphone connecté est aussi un outil essentiel pour que les réfugiés des camps planifient leurs séjours et prennent contact avec les gens qui pourront les sauver, parfois avec des faux passeports. Najib, refugié syrien résidant actuellement en Grande Bretagne a payé 10, 000 euros pour un faux passeport. Il lui était conseillé de voyager via les petits aéroports de la Grèce pour arriver à Londres mais il lui a fallu rester en contact permanent avec son passeur « sauveur » pour arriver saint et sauf.

L’auteur de cet article a mis aussi l’accent sur le cycle de vie d’un réfugié en prenant comme exemple le cas des Irakiens. Au nord de l’Iraq, les irakiens utilisent WhatsApp et Viber pour rester en contact avec leurs amis qui sont partis en Allemagne. Les réfugiés qui traversent la méditerranée utilisent aussi des téléphones satellitaires que leurs donnent les passeurs pour appeler les autorités italiennes.

A la fin de cet article, l’auteur a signalé que certaines organisations internationales essayent de trouver un moyen pour rendre cet intérêt accordé par le refugié à la connexion Internet plus bénéfique. Dans certains camps, des classes connectées à vocation éducative ont été mises en place. Mais en Europe, les réfugiés préfèrent se connecter aux médias sociaux.

Crédit Photo @Libération

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L’élection américaine est certes terminée, mais la désinformation existe toujours

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Remarque: Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme.

Le problème de la désinformation sur Internet est de plus en plus évoqué depuis la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Cette dernière est certes terminée, mais la désinformation existe toujours.

Après avoir fait le bilan de son premier mois au pouvoir, lors de sa première conférence de presse, le Président américain ne s’arrêtait pas de s’attaquer à la presse et à la désinformation.  Mais il s’est fait remettre à sa place par Peter Alexander, journaliste de la chaine américaine NBC, qui l’a corrigé quand il a prétendu que sa victoire avec 306 voix est « la plus large victoire au collège électoral depuis Ronald Reagan ».

Cette affirmation qu’il répète à chacun de ses discours n’a pas échappé au journaliste de NBC qui l’a démenti en direct : « Vous avez dit que c’était la plus large victoire, mais le Président Barack Obama a obtenu 365 voix ». Trump a essayé de se justifier: « Je voulais dire des républicains ». Mais le journaliste tenace l’a encore rectifié: « Et George Bush a obtenu 426 voix ». Surpris, Trump bafouilla : « On m’a donné cette information, je ne sais pas, on me l’a donnée, on a gagné avec une grosse marge ». Le journaliste ne rata pas l’occasion de le ridiculiser par une question assassine : « Comment les Américains peuvent-ils vous faire confiance alors que vous donnez vous-même de fausses informations ? ».

Les rectifications du Journaliste de NBC ont fait le buzz sur les médias sociaux. Mais ceci n’est pas la seule désinformation enregistrée auprès de Trump, dont la conseillère Kellyanne Conway, est allée jusqu’à inventer un massacre au Kentucky pour justifier l’interdiction faite aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis.

Par ailleurs, lors des élections présidentielles américaines tenues en novembre 2017, de nombreux sites Internet ont participé à la propagation des informations diffamatoires sur Hillary Clinton, la candidate démocrate. Le New York Times a mis l’accent sur l’histoire de Cameron Harris, un jeune diplôme américain en sciences politiques, qui a fait une fortune grâce à son site d’informations ChristianTimesNewspaper.com (CTN) qui avait comme objectif, la propagation des fausses informations. Si Harris a payé 5 dollars pour acheter une adresse email abandonnée sur le site EpiredDomains.net, un article dont la rédaction n’a pas dépassé une quinzaine de minutes, lui a fait gagner 5 000 dollars. Une fois le site a été classé parmi les 20 000 sites les plus consultés sur le web, un évaluateur lui a proposé de le vendre pour un montant compris entre 115 000 et 125 000 dollars.

En même temps, Donald Trump s’est servi des fausses informations pour attaquer ses adversaires à savoir Barack Obama et Hillary Clinton.

La désinformation dans le monde arabe

Victimes des attaques terroristes ou de la présence de « l’Etat islamique », les pays arabes comme la Tunisie, Égypte, la Libye ou la Syrie, ont beaucoup souffert depuis le déclenchement du « Printemps Arabe » de la propagation de plusieurs rumeurs.

En mars 2012, Pierre Piccini Da Prata, rédacteur en chef du journal en ligne Le Courrier du Maghreb et de l’Orient, a signalé sur son blog la désinformation massive en Syrie en se posant la question suivante : « Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de six mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? ».

La propagation des rumeurs a toujours aussi accompagné la vie des hommes politiques notamment pendant les périodes critiques à savoir les élections législatives ou présidentielles.

En même temps, certains médias arabes ont adhéré à ce processus sans se rendre compte vu que les journalistes ne sont pas dotés des pratiques journalistiques correctes, après avoir été depuis toujours soumis à la censure. Bien que des instances de régulation médiatiques soient mises en place, certains médias participent toujours à la propagation des fausses informations, dans le cadre d’un règlement de compte. Exemple du journal en ligne « Thawra News » en Tunisie.

Lutte contre la désinformation à l’heure des médias sociaux

En fait, Internet s’est trouvé au-devant de la scène au moment où la vitalité des institutions démocratiques traditionnelles semblait disparaitre. Ainsi les citoyens ont trouvé refuge dans les nouvelles plateformes en ligne pour s’exprimer librement. Il est devenu difficile de contrôler les informations mais aussi la désinformation.

Aux Etats-Unis, un journaliste du New York Magazine avait lancé une extension de vérification des informations suite l’annonce de la victoire de Donald Trump.

En Allemagne, en novembre 2015, le selfie du refugié Anas Modamani pris en août 2015, avec la chancelière allemande Angela Merkel a été utilisé dans un contexte de désinformation, en faisant un lien avec le terrorisme étant donné que l’Allemagne soutient les demandes d’asile des refugiés syriens.

Ce selfie a commencé à se propager suite à l’attaque terroriste de Bruxelles qui a eu lieu en 2015, ce qui a poussé Modamani à porter plainte contre Facebook pour empêcher la circulation de cette photo sauf que ce média social a répondu qu’il est extrêmement difficile de contrôler les publications des internautes. L’avocat de Facebook a répliqué que la société n’a pas la capacité technique de bloquer les messages abusifs en déclarant : « Il y a des milliards de messages publiés chaque jour sur Facebook. Il n’est pas possible d’inventer cette machine magique qui pourra mettre fin à chaque problème », a déclaré Martin Munz, avocat de Facebook.

De son côté, l’avocat de la victime âgée de 19 ans, a contesté cet argument et a répondu à l’avocat de Facebook « Volkswagen peut-elle simplement dire ? : Nous sommes désolés, nous construisons beaucoup de voitures. Donc, nous ne pouvons pas vraiment assurer votre sécurité ». En soulignant aussi l’histoire controversée de Facebook en ce qui concerne la nudité et la pornographie, il a ajouté : « Quand il s’agissait de nudité ou de pornographie enfantine, Facebook était capable de détecter toutes les images ».

Notons ainsi que Facebook, Google et Twitter ont été capables en 2015 d’examiner et de supprimer le discours haineux en Allemagne dans les 24 heures. Puis Facebook a récemment lancé aussi un système de filtrage de fausses nouvelles en Allemagne et en France avant la tenue des élections législatives dans ces deux pays.

En fait, Facebook et Google ont lancé le 06 février 2017, un partenariat pour mettre à jour les règles de leurs moteurs afin de vérifier l’exactitude des informations relayées sur leurs plateformes. Ils avaient promis de sanctionner les revenus publicitaires des sites propageant intox et désinformation. Il s’agit de Crosscheck, une initiative soutenue par First Draft, une start-up financée par le Google News Lab. Alors si un internaute signale une information erronée sur les médias sociaux et si cela a été confirmé par au moins deux médias partenaires (Connectiv, Le Monde, AFP, BFM-TV, Libération, 20 Minutes, ABC news, Associated Press; etc.) après vérification, un pictogramme sera affiché, mentionnant que l’information est fausse. Mais le post ne sera ni censuré ni supprimé. Il suffit que l’utilisateur clique sur le lien pour avoir plus de précisions.

« Les gens ne sont pas rationnels lorsqu’ils sont en colère », déclare Jenni Sargent, directrice opérationnelle de First Draft et porteuse du projet CrossCheck. Elle ajoute : « Or les médias sociaux permettent aux gens de se comporter en tribus. Des mécanismes cognitifs comme le biais de confirmation renforcent encore ce comportement : les gens ne lisent ou partagent que ce qui va dans le sens de leur propre opinion, et la désinformation circule beaucoup plus vite que le fact-checking ».

Suite à cette annonce Tim Cook, PDG de Apple a ainsi lancé un appel via le journal britannique Daily Telegraph, aux entreprises du secteur technologique afin d’inventer des outils luttant contre la diffusion de fausses informations. Il a appelé néanmoins à mettre en place une « campagne de grande envergure », notamment dans les écoles des ingénieurs en informatique. Il disait :  » Nous traversons une période dans laquelle, malheureusement, ceux qui réussissent sont ceux qui s’emploient à faire le plus de clics possible, pas ceux qui essaient de transmettre la vérité. Cela détruit le cerveau des gens ».

En France, le journal Le Monde a aussi récemment lancé son outil Decodex, avec une extension pour Chrome et Firefox qui avertit l’internaute lorsqu’il est sur des sites jugés peu ou pas fiables. « Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information », avertit l’extension. Outre cette extension pour navigateurs, Le Monde a lancé également un moteur de recherche et un bot sur Messenger auxquels l’internaute pourra demander des renseignements concernant un site web.

Par ailleurs, Professeur Mellissa Zimdars, chercheure en médias et communication à l’Université Merrimack à Massachusetts, met à la disposition des internautes un document intéressant via lequel elle présente certaines recommandations ainsi que les étapes à suivre pour analyser les nouvelles informations. Elle propose aussi une liste de sites via lesquels les internautes pourront vérifier cette information ainsi qu’un tableau qui classe les sites américains les plus répandus selon leur fonction : satirique, complot, haine, rumeur ; etc.

D’autres chercheurs travaillent aussi sur des algorithmes destinés à détecter les fausses infos. Le projet Pheme, financé par la Commission européenne et regroupant des experts en informatique, des universités et des journalistes de swissinfo.ch, cherchent à développer des technologies qui puissent aider les journalistes à vérifier la véracité des informations publiées en ligne.

La désinformation est un phénomène mondial classique mais le web 2.0 lui a donné une amplification inconnue auparavant. Journalistes, communicateurs, informaticiens, éducateurs, etc. s’impliquent dans la lutte contre la cyber-désinformation.

Crédit Photo 1 @Haber365 

 

 

Pour un discours équilibré sur les migrants au Nord et au Sud de la Méditerranée

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N.B: Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Plus de million de personnes de la Méditerranée ont immigré en 2015 vers l’Europe. Inévitablement, les médias des rives nord et sud de la méditerranée, ont été confrontés à la couverture de cette tragédie selon les normes professionnelles et déontologiques du journalisme.

Bien que le nombre de ces immigrés ait baissé en 2016, selon Frontex, l’agence européenne des frontières, pas moins de 5 milles personnes ont péri noyées au cours de la périlleuse traversée de la Méditerranée. Plus encore, certains pays de l’Afrique du Nord, anciennement considérés comme des pays de transit pour les immigrés de l’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, sont devenus des pays d’accueil sans que ce flux d’immigration soit contrôlé ou couvert.

Les premiers résultats d’une étude intitulée « How do media on both sides of the Mediterranean report on migration ? » (Comment les médias des deux rives de la Méditerranée ont couvert les migrations ? ) viennent d’être publiés. Cette étude, financée par l’Union Européenne (UE) et mis en œuvre par le Centre International pour le Développement de la Politique de Migration (ICMPD), a été menée entre novembre 2016 et janvier 2017.

Elle met l’accent sur la manière avec laquelle le sujet de la migration a été abordé par des médias dans 17 pays  des deux côtés de la Méditerranée (Allemagne, Autriche, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Italie, Malte, Suède, d’une part et, d’autre part, Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine et Tunisie). Elle présente la manière avec laquelle les journalistes réagissent au drame des migrants. Se basant ainsi sur des réflexions des experts en journalisme dans différents médias, les auteurs ont examiné la qualité de la couverture médiatique sur le plan national en citant d’une part, quelques travaux journalistiques de qualité, qui relatent des actions humanitaires et d’autre part, quelques travaux qui ont adopté un discours de la haine.

D’après les premiers résultats, la couverture médiatique est essentielle pour mobiliser l’opinion publique autour de la crise migratoire et  mettre le public au courant de la situation critique des réfugiés, sauf que certaines lacunes ont été enregistrées par les auteurs.

Les lacunes de la couverture médiatique

En effet, le contexte politique a un impact majeur sur le discours médiatique relatif à l’immigration, ce qui se traduit notamment par la pratique courante de l’autocensure dans les salles de rédaction.

Par ailleurs, l’étude révèle que la couverture médiatique de la migration est assez souvent superficielle et simpliste en absence de la documentation et des ressources nécessaires. Les journalistes sont mal informés de la nature complexe de la migration. Cette étude affirme d’ailleurs que les médias des pays de la Méditerranée adoptent différentes voix pour relater l’immigration et généralement les récits sont relatés d’une manière différente. Ainsi l’histoire de la migration est présentée selon deux récits médiatiques parallèles : d’un côté, certains médias présentent des rapports émotionnels, qui dénoncent la situation critique des immigrants en tant que victimes et d’un autre côté, d’autres médias relatent les événements tragiques et la précarité qui menace les migrants en matière de sécurité et de bien-être culturel.

En ce qui concerne les communautés d’accueil, cette étude confirme que la couverture médiatique tend d’abord à refléter l’empathie, la solidarité et la bonne volonté envers les migrants fuyant les zones de conflits. Mais avec le temps, le discours médiatique a changé pour devenir plus hostile à l’égard des migrants en diffusant des stéréotypes racistes ou en distillant un discours de haine. Bien que la plupart des médias s’efforcent d’éviter la propagande raciste et extrémiste sur la migration, certains journalistes ont développé un discours haineux qui va à l’encontre de la déontologie du métier.

Par la suite, cette étude affirme que même les pays historiquement familiers des phénomènes migratoires, semblent prendre leurs distances par rapport aux migrants et leurs médias ne répercutent pas la parole des migrants. Leurs reportages médiatiques reposent en effet beaucoup plus sur un seul volet de l’information et la plupart du temps sur des sources officielles.  Certains journalistes ignorent même la terminologie correcte pour désigner les différentes catégories de migrants : immigrés, réfugiés et demandeurs d’asile.

Ajoutons aussi que les médias en ligne notamment les médias sociaux influencent souvent la couverture médiatique et facilitent la propagation de rumeurs et d’informations d’urgence qui nourrissent de plus en plus le sentiment de peur auprès du grand public.

En revanche, les auteurs ont confirmé les contraintes auxquelles sont soumis ces médias à savoir : le manque de temps et de ressources suffisantes, les conditions précaires du terrain,  le problème de l’accès à des données fiables sur le nombre des migrants et les conditions de leur migration, la mauvaise formation des journalistes sur le sujet de la migration et l’influence du discours de la haine introduit par les hommes politiques ou les médias sociaux dans les salles de rédaction. Le rapport a révélé également le manque de stabilité de la couverture médiatique qui tantôt passe en revue la souffrance des immigrés et tantôt transmet un discours de discrimination et de haine envers eux.

De plus, même si certains hommes politiques européens ont accueilli favorablement les immigrés et les médias ont couvert leurs actions, l’enthousiasme politique n’est plus le même dans les pays qui ont vécu des attaques terroristes comme l’Allemagne et la France. Les auteurs pensent ainsi que le rôle des politiciens dans ce cas, consiste à lancer un débat national pour faire face aux nouveaux défis de la migration.

Recommandations pour un journalisme de qualité sur les migrations

L’étude propose un ensemble de recommandations préliminaires visant à soutenir et à favoriser un journalisme sur la migration plus objectif et basé sur des faits.

Vu le nombre de lacunes enregistrées, cette étude souligne qu’il demeure important de soutenir les bons exemples et le journalisme de qualité sur la migration : ingénieux, minutieux et marqué par une couverture soignée, sensible et humanitaire. Il est aussi évident d’encourager les journalistes en proposant des prix à gagner que ce soit à l’échelle nationale ou méditerranéenne.

Par ailleurs, saisir le droit international humanitaire notamment celui des immigrés, des réfugiés et des demandeurs d’asile est essentiel mais il faut aussi développer des programmes de formation au profit des médias et des journalistes, pour les rappeler de l’éthique du métier et mettre l’accent sur la terminologie correcte. En même temps, il faut développer les conditions de travail des journalistes en leurs fournissant plus de ressources ainsi que le matériel adéquat. Des manuels pourront aussi être mis à leur disposition.

A leur tour, les chercheurs du domaine des médias pourront participer à l’amélioration de la qualité du discours sur la migration, ce qui rend utile la promotion de nouveaux projets de recherche sur ce sujet pour identifier les nouvelles tendances et les différents aspects de l’immigration.

Puis, l’examen de la possibilité de l’application des initiatives nationales, comme la « Charte de Rome » en Italie ou la « Charte grecque », dans d’autres pays est recommandé. Ainsi, promouvoir l’échange d’expériences entre les pays où la crise migratoire est la plus aiguë, tels que le Liban, la Jordanie ainsi que d’autres pays de la Méditerranée, pourra être fructueux pour améliorer la qualité du discours sur la migration.

Ensuite, l’étude relève qu’il semble utile de multiplier les plateformes médiatiques à travers lesquelles la couverture médiatique de l’immigration est véhiculée. Ce qui pourra mettre fin au discours de haine diffusé via les médias sociaux mais aussi donner plus de chance aux immigrants pour s’exprimer sur le sujet.

En plus des médias, l’étude confirme que les décideurs politiques ainsi que les militants de la société civile, jouent un rôle important pour instaurer un climat de tolérance et mettre en place un espace de dialogue afin de débattre en public le sujet de la migration.

Je vous invite aussi à lire ce communiqué publié auparavant par le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)

Élections américaines 2016: La couverture en direct sur les médias sociaux grâce à « Facebook Live Video »

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Nous confirmons que la campagne électorale de Barak Obama en 2008, a été marquée par une exploitation majore des médias sociaux à savoir Facebook et Twitter.

Cette année,  l’application Facebook Live était en usage très avancé alors qu’elle vienne d’être exploitée comme application sur Facebook. Elle n’a pas été seulement utilisée par les hommes politiques mais les médias classiques l’ont aussi exploitée pour assurer une bonne couverture de cet événement international.

Les internautes du monde entier, ont suivi les différentes étapes des élections sur les médias sociaux, comme s’ils étaient au cœur du champ de l’action.

Selon Reuters, Facebook avait des partenariats avec 50 médias qui ont utilisé cette plateforme pour couvrir les élections en direct et attirer plus d’auditeurs. Ces médias ne sont pas juste des chaines télévisées mais la presse écrite et électronique ont été aussi impliquées dans cette nouvelle vague.

Il y a quelques années, nous étions surpris par la couverture  en direct des élections sur les plateformes des médias en ligne. Nous avons assisté dans le passé à des tweets Live. Mais cette année, Facebook a attiré les attentions avec ces vidéos Live.

Ce qui est aussi étonnent, c’est l’exploitation de cette application par les chaines télévisées qui ont déjà la possibilité d’une couverture Live sur leurs antennes. Or il parait que les médias classiques sont devenus beaucoup plus conscients de la présence de leurs auditeurs sur les médias sociaux. Donc de stratégies trans-médiatiques ont été mises en place lors de cet événement pour attirer les auditeurs via les différents supports.

Bien que l’application « Facebook Live » a été exploitée à son début par les citoyens, voilà que les médias l’accaparent. Mais dans un cadre pareil, il est quasi impossible aux citoyens d’avoir accès aux salles du vote et à d’autres lieux privés. Encore une fois, le 4ème pouvoir s’impose mais avec un nouveau outil.

الأبعاد التنظيمية و الأخلاقية لصحافة المواطن

بالأمس، كنّا نتتظر أن يمدّنا الإعلام الرسمي بآخر الأخبار السياسية والاقتصادية والثقافية وغيرها، إلاّ أننا أصبحنا اليوم لا نتوانى عن متابعة ما يحدث حولنا عبر الميديا الاجتماعية كمنصّات لنقل الأحداث الآنيّة.

وتحوّلت مهنة الإعلام والإخبار إلى ممارسة يومية، يتعاطاها الصحفي واللاصحفي عبر المنصّات الإلكترونية الحديثة، على غرار والفايسبوكواليوتوب والتويتر. وارتفع في الآن ذاته عدد مستعملي هذه الميديا الاجتماعية إلى أن أصبحنا نتحدث اليوم عن صحافة المواطن.

تهدف هذه الدراسة إذن إلى عرض نشأة صحافة المواطن وتطوّرها بالمشهد الاتصالي الحديث بحضور الميديا الاجتماعية. لنتطرق في مرحلة ثانية إلى الأبعاد الأخلاقية والتنظيمية للميديا الاجتماعية. ممّا يدفعنا إلى الحديث في مرحلة ثالثة عن علاقة الإعلام التقليدي بصحافة المواطن في عصر الميديا الاجتماعية. ولعلّ علاقة الصراع التي نشأت مع تطوّر دور الميديا الاجتماعية كوسيط لنقل الأخبار، هو الذي يدفعنا إلى التساؤل عن هويّة الصحفي اليوم، مع تعدّد المنصّات    وتنوّع الوسائل الناقلة للخبر.

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نشر هذا المقال بمجلة اتحاد الإذاعات الدول العربية خلال شهر نوفمبر 2016

للاطلاع على المقال كاملا:https://www.researchgate.net/publication/309679132_alabad_altnzymyt_w_alakhlaqyt_lshaft_almwatn

Les médias Syriens confrontés aux défis de la révolution

Le drapeau de la Syrie

Depuis le déclenchement de la révolution contre le régime en place en Syrie en mars 2011, le paysage médiatique syrien a connu l’émergence de nouveaux médias, journaux, chaines radiophoniques et télévisées qui ont réussi à détourner les Syriens des chaines pan-arabes telles que la qatarie Al Jazira et sa rivale pro-saoudienne Al Arabia.

C’est ce que Rima Marush, de l’Université d’Oxford, a montré dans une étude récente dont l’intitulé est  » L’émergence post-révolutionnaire des médias en Syrie : défis et opportunités« . Cette étude a révélé que 100 projets médiatiques ont vu le jour depuis mars 2011, dont 60 journaux et magazines, 9 chaînes télévisées de l’opposition et 23 chaines radiophoniques.

Ces institutions ont rencontré de grandes difficultés dans leur travail journalistique en raison des affrontements continus et de la guerre menée par le pouvoir contre ses opposants de  l’«Etat islamique» et des autres groupes armés. En effet, chaque faction a essayé de contrôler les médias et arrêter celui qui  s’oppose à ses idées. Ce qui a rendu le principe déontologique de la neutralité journalistique bien difficile à appliquer.

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a recensé en 2014 que, depuis le déclenchement de la révolution en Syrie, 67 journalistes ont été tué. L’accès des journalistes étrangers au territoire syrien depuis le début de la révolution, est devenu aussi difficile que périlleux. Mais la plupart des journalistes correspondants installés en Syrie prennent le risque de couvrir l’actualité de la guerre en Syrie pour tenir l’opinion publique internationale au courant de l’évolution du conflit.

Parmi les sources d’information les plus fameuses en Syrie après la révolution, on trouve « Chabaket Esham », qui dispose d’un large réseau de correspondants sur le territoire syrien. Ce réseau publie également les informations politiques sur sa page sur Facebook.

De même, la presse écrite a évolué malgré la censure. De nouveaux journaux ont vu le jour comme « Sorretna » et « Al Massar Hor ». Mais la plupart des expériences de journaux papiers n’a pas duré longtemps en raison du coût prohibitif ou de la censure, celle du régime ou celle de « l’Etat islamique » de la région dans laquelle est publié le journal. Certains journaux ont lancé une version numérique afin de relever le défi et de faire échec aux contraintes, sachant que les équipes rédactionnelles sont composées de jeunes journalistes, de citoyens et d’écrivains travaillant tous dans l’anonymat.

Par la suite, le coût élevé des médias audiovisuels n’a pas découragé le lancement de chaînes télévisées telles que « Halab Al Yawm »,  « Deir ez-Zor » et le canal « Souriya Achaab » et des chaînes radiophoniques telles que « Radio Rosanna », « Al Bayan », « Nasaaem Souriya » et «Bidaya Jadida». Certaines chaines sont neutres, et d’autres représentent des partis politiques. Mais la plupart des chaînes syriennes, radiophoniques ou télévisées diffusent de l’étranger. Selon l’étude menée par Rima Marush,  la radio est considérée par les Syriens comme le meilleur média.

La chercheure a souligné aussi que les institutions médiatiques sont exposés à des problèmes de financement, ce qui touche leur pérennité. Si certains médias sont financés par l’un des partis politiques, d’autres cherchent à multiplier leurs sources de financement.  C’est la raison pour laquelle certaines institutions médiatiques se sont retirées de la scène, à cause de leur incapacité à trouver le bon modèle économique susceptible de lui assurer de s’autofinancer et d’assurer sa durabilité.

Cette recherche est la première dans son genre en tant qu’enquête descriptive de la scène médiatique en Syrie après la révolution. L’auteure s’est basée sur des entrevues avec des directeurs de certaines institutions médiatiques et des journalistes, ainsi que sur l’analyse du contenu des sites Web et pages Facebook de certaines institutions.

Remarque: Cet article a été publié en premier temps dans la version arabe de AJO

Cc photos, Flicker, علوش

صحفيو الثورات العربيّة يتطلعون إلى ديمقراطيّة حقيقيّة

صحفيات تونسيات تطالبن بحريّة الصحافة

صحفيات تونسيات تطالبن بحريّة الصحافة

رغم الصعوبات التي مرّت بها الساحة الإعلاميّة بمصر وبتونس وبالجزائر وبسوريا منذ إندلاع ”الربيع العربي“، حاولت  العديد من وسائل الإعلام المستقلّة أن تمارس عملها الصحفي بكامل الحرفيّة والمهنيّة. هذا ما تطرقت إليه الصحفية صوفي شابيل في مقال لها بجريدة Basta Mag الالكترونية الفرنسيّة تحت عنوان ”في العالم العربي تحاول وسائل الإعلام الحرّة أن تنظّم نفسها رغم سياسية الرقابة والتهديد والدعاية“ من خلال إجراء مجموعة من المقابلات مع بعض الصحفيين المهنيين ببلدان ”الربيع العربي“.

وتتشارك الوسائل الإعلاميّة المستقلة بهذه البلدان في تطلعاتها من أجل الارتقاء بالأداء الإعلاميّ، تجاوزا لسياسة التضليل والدعاية الزائفة وضمانا لاستقلاليتها رغم مواردها المحدودة. ورغم الأنظمة القمعيّة والتهديدات الإرهابيّة أوالحروب الأهليّة التّي تعاني منها بلدانهم، تسعى هذه الوسائل الإعلاميّة إلى القيام بتحقيقات صحفيّة والتطرق إلى القضايا الجوهرية.

وفي حوار مع لينا عطا الله، مديرة الموقع الإلكتروني ”مدى مصر“ ،  الذي نشأ إثر الانقلاب العسكري سنة 2013 ضد حكم الإسلاميين، أكّدت هذه الصحفية أنّ الفريق الصحفي وجد نفسه مطالبا بأن يؤسس لمشروعه الخاصّ حتى يواصل العمل في كنف الحرية وبكل استقلاليّة وتغطية أهمّ الأحداث بمختلف المجالات، علما بأنّ القاسم المشترك بين صحفيي هذا الموقع هو أنّ جميعهم طردوا من مجلة ”المستقلة“. وتعتبر لينا عطا الله أنّ أهمّ شيء خلال هذه الفترة هو التوثيق لها، في وطن مازال يشكو من محاولة حدّ السلطة لحريّة التعبير.

وتشاركها  الرأي الصحفية التونسية سناء السبوعي، من مؤسسي الموقع الإلكتروني  ”إنكفادا“، مضيفة أنّ عملهم الاستقصائي يستغرق زمنا طويلا حتّى يقدموا مادّة إعلاميّة ذات جودة، في محاولة لتجاوز الفوضى التّي ساهمت في نشأتها مواقع التواصل الإجتماعيّ رغم الدور الذي لعبته خلال الثورة. ورغم ذلك يجد صحفيي إنكفادا صعوبة في إقناع من حولهم بأنّهم يعملون دون الإنتماء إلى أيّ أجندة سياسيّة لاسيّما بعد انتقائهم لتسلّم وثائق ”أوراق بناما“.

وفي حوار مع لينا عجيلات رئيسة تحرير الموقع الإلكتروني الأردني ”الحبر“، ذكرت أنّ لا أحد يهتمّ بالأردن بقضايا الصحفيين الذين يتمّ محاكمتهم بالمحاكم العسكرية، لاسيّما وأنّه من الصعب دفع الشعب الأردني إلى الإهتمام بشؤون التحول السياسي والديمقراطي. ثمّ إنّ حرية التعبير والحريّة السياسية والحريّة المدنية لا تشكل أولوية بالأردن.

بخصوص الوضع بلبنان، اعتبرت د. نهلة الشهال، أستاذة علم الاجتماع السياسيّ ومديرة صحيفة ”السفير العربيّ“ أنّ الدولة في لبنان لا تمثل تهديدا مباشرا لحريّة الصحافة بما يسمح بهامش من الحريّة في الكتابة. وكلّما حاولت السلطة التدّخل لفرض رقابة على المضامين الإعلاميّة المتعلّقة بمجالات حساسة على غرار المواضيع الأخلاقيّة والدينيّة، إلاّ وفشلت أمام تصدّي المجتمع المدنيّ.

وتعدّ سوريا من بين البلدان الأكثر خطورة على الصحفيين. ورغم ذلك يسعى فريق الموقع السوري”الجمهورية“ إلى مدّ الجمهور بآخر أخبار الحرب بسوريا، وفق شهادة مديرها كارم نشار مدرّس العلوم السياسيّة بتركيا، أين أنشأ هذا الموقع في شهر مارس 2012، رفقة مجموعة من المثقفين السوريين في المنفى. لكن لا تذكر أسماء الصحفيين المراسلين حتّى لا تعرّض حياتهم للخطر.

ولا يقلّ العمل الصحفي بمصر عن نظيره بسوريا وفق ما أكدته الصحفية المصرية لينا عطا الله، إذ صنفت مصر سنة 2015، في المرتبة الثانية من حيث عدد الصحفيين المسجونين.

هذه مجموعة من الشهادات الحيّة التي وثقتها صوفي شابيل في مقالها عن وضع الصحفيين ببلدان الثورات العربيّة الذين مازالوا يتطلعون إلى ديمقراطيات حقيقة على حدّ تعبيرهم.

ملاحظة: نشر هطا المقال بالمرصد العربي للصحافة