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Les Arabes, des grands consommateurs des informations sur Internet et les médias sociaux

En 2017, 43 % des internautes au Moyen-Orient s’inquiètent davantage de la surveillance en ligne par les gouvernements et les entreprises contre 39 % en 2015. Ceci dépend de l’évolution des pratiques des internautes arabes sur Internet et les médias sociaux.

Dans une étude menée par l’Université Northwestern à Qatar à propos de l’usage des médias dans le Moyen Orient en 2017, il s’est avéré que les Arabes ont tendance à suivre les informations sur Internet et les médias sociaux.

Cette étude a analysé les pratiques médiatiques de 7000 Arabes originaires de sept pays, à savoir : Émirats Arabes Unis (EAU), Liban, Arabie Saoudite, Jordanie, Qatar, Tunisie et Egypte.

L’usage de l’Internet : un taux de pénétration plus élevé en 2017

• Comparé aux usages médiatiques il y a cinq ans, le taux des citoyens arabes qui regardent la télévision a diminué modestement depuis 2013 (98% en 2013 contre 93% en 2017) alors que le taux de lecture des journaux et des magazines, et de l’audience de la radio ont diminué brusquement (journaux : 47% en 2013 contre 25% en 2017 ; radio: 59% en 2013 contre 49% en 2017; magazines: 26% en 2013 contre 19% en 2017).Par contre, le taux de pénétration d’Internet a évolué dans les sept pays étudiés notamment en Jordanie, au Liban et en Tunisie.

Les médias suivis par les Arabes 2013 vs 2017

• La durée de connexion est en corrélation positive avec le nombre d’années de présence sur Internet. Les nouveaux venus sur Internet (1 an ou moins) passent environ 8 h par semaine en ligne. Ce chiffre s’élève à 14 h par semaine pour ceux qui sont connectés depuis deux ans sur Internet et à environ 21 h par semaine pour ceux qui sont présents sur Internet entre trois et sept ans. Ceux qui utilisent Internet depuis 10 ans passent environ 29 h par semaine en ligne.

• L’utilisation de la langue arabe en ligne a évolué proportionnellement à l’augmentation du nombre des utilisateurs d’Internet. Par contre, l’utilisation de l’anglais en ligne reste quasi stable (25% en 2013 contre 28% en 2017).

• Près des trois quarts des internautes de la région utilisent le Wi-Fi ou des services de données mobiles pour se connecter à Internet. Cependant, l’utilisation du Wi-Fi varie d’un pays à l’autre. Il s’agit de moins de la moitié des Jordaniens contre deux tiers des Tunisiens et neuf sur dix des autres pays (40% Jordanie vs 63% Tunisie, 91% Liban, 87% Qatar, 84% Arabie Saoudite, 97% EAU).

Les usages médiatiques selon les plateformes : le mobile s’impose

• Depuis 2015, le nombre des utilisateurs du smartphone a évolué contre la régression du nombre des utilisateurs d’ordinateurs portables ou de bureau.

Le pourcentage de pénétration via le smartphone

• Tous les citoyens au Liban, au Qatar, en Arabie saoudite, et aux Émirats Arabes Unis possèdent un smartphone. 83% des Jordaniens et 65% des Tunisiens seulement possèdent un smartphone.

• Les interviewés qui reçoivent des nouvelles via un smartphone au moins une fois par jour sont plus susceptibles de recevoir des nouvelles via d’autres plateformes.

• Un peu plus de la moitié des interviewés utilisent des applications d’actualités et un peu plus d’un quart les utilisent quotidiennement. L’utilisation des applications traitant l’actualité est une activité plus populaire en Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, et moins populaire au Qatar (utilisation: 85% Arabie Saoudite, 86% EAU contre 52% Jordanie, 49% Tunisie, 42% Liban, 33% Qatar).

La réception des nouvelles selon les plateformes

Les nouvelles formes de consommation des nouvelles

• En Jordanie, au Liban et en Tunisie, les internautes reçoivent plus fréquemment des nouvelles de la télévision plutôt que des sources en ligne, tandis qu’une plus grande proportion de Qataris, de Saoudiens et d’Emiratis se tournent vers Internet comme première source d’information.

• La consommation en ligne des informations dans la région arabe est plus élevée en 2017 et en croissance continue. Plus des trois quarts des interviewés reçoivent l’actualité sur leurs téléphones.

• Les interviewés hésitent à payer pour obtenir du contenu médiatique. Les majorités en Jordanie (74%), au Liban (75%), au Qatar (71%) et en Tunisie (61%) ne veulent pas payer pour des nouvelles, reçues que ce soit en ligne ou via la télé, les journaux ou les magazines. Il s’agit déjà d’une chute au niveau des intentions de payer pour les nouvelles, depuis 2015, notamment au Liban et au Qatar.

• En ce qui concerne l’entreprise médiatique préférée, 62% des interviewés préfèrent s’informer auprès des entreprises locales. Puis 66% des interviewés font confiance aux médias en général, 66% aux médias locaux contre 52% aux médias arabes en dehors de leur pays, 49% aux médias des pays occidentaux et 47% aux médias sociaux.

L’utilisation des médias sociaux

• Le média social WhatsApp a été classé à la tête de la liste des médias sociaux utilisés par les interviewés, contre un taux légèrement inférieur pour Facebook et seulement la moitié pour YouTube (67% WhatsApp, 63% Facebook, 50% YouTube).

Les médias sociaux les plus utilisés par les internautes arabes

• Bien que le taux de pénétration de Facebook soit stable au Liban, il a diminué d’au moins 10 points depuis 2015 dans tous les autres pays, avec des baisses de plus de 20 points au Qatar et en Arabie Saoudite.

• Les interviewés qui s’inquiètent que leurs gouvernements vérifient leurs activités en ligne sont plus susceptibles d’être des utilisateurs de Facebook mais moins susceptibles d’être des utilisateurs de WhatsApp ou Instagram (Facebook: 75% des utilisateurs inquiets contre 66% des utilisateurs non inquiets; % des utilisateurs inquiets contre 79% % des utilisateurs non inquiets ; Instagram: 34% % des utilisateurs inquiets contre 42% des utilisateurs non inquiets).

La liberté d’expression en ligne

• Trois fois plus de citoyens pensent que les gens pourront être capables de critiquer publiquement les politiques du gouvernement que de faire des déclarations offensives sur la religion et les croyances ou sur les minorités.

Les sujets d’intérêt pour les internautes arabes

• Les deux tiers des Libanais interviewés soutiennent le droit de critiquer publiquement les politiques gouvernementales et un tiers seulement affirme que le gouvernement a le droit d’empêcher ce genre de critiques. Un quart seulement des Qataris et des Saoudiens, et seulement 14% des Emiratis pensent que les gens devraient critiquer librement les politiques gouvernementales.

• Dans l’ensemble de la région, les personnes les moins instruites (primaires ou moins) sont les moins susceptibles de critiquer le gouvernement ou de parler en ligne de la politique.

• Alors que les jeunes interviewés sont plus enclins à soutenir la liberté d’expression en ligne, un pourcentage élevé des jeunes expriment leurs inquiétudes quant à la surveillance en ligne par les gouvernements et par les entreprises (gouvernements: 27% 45+ vs 35% 18-24 ans, 39 % 25-34 ans, 38% 35-44 ans, entreprises: 28% contre 41%, 43%,42%, respectivement).

La protection de la vie privée en ligne

• Environ la moitié des interviewés soutient l’idée d’une réglementation plus stricte de l’Internet en ce qui concerne les contenus liés à la politique ou aux valeurs de la société, tandis que près de six sur dix sont en faveur d’une réglementation plus stricte pour protéger la vie privée des utilisateurs en ligne.

• Un seul interviewé sur cinq a déclaré que ses inquiétudes face à la protection de la vie privée ont changé sa manière d’utiliser les médias sociaux, allant de trois Jordaniens et Emirats sur dix à la moitié des Libanais (31% Jordanie, 30% Emirats Arabes Unis contre 15% Liban).

Il est clair que les pratiques médiatiques des Arabes ont changé en 2017 avec la propagation d’Internet et des supports numériques notamment le smartphone. Ce qui remet en question la survie des médias traditionnels à savoir la télé, la radio et la presse électronique. Déjà, nous avons assisté en 2017 à la disparition de l’un des plus grands journaux dans le monde arabe «Assafir». Aurons-nous encore besoin des médias traditionnels pour nous informer ou faut-il nous résigner à ce que ces médias migrent vers Internet ?

Cliquez ici pour lire l’étude complète 

Remarque: Cet article a été déjà publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

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Tunisie – Les 10 points à retenir du Forum National de la Gouvernance d’Internet 2017

N.B : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La deuxième édition du Forum National de la Gouvernance d’Internet (IGF Tunisie 2017) a eu lieu récemment en Tunisie. Lors de cette édition, il y avait cinq tables rondes :

  • *Gouvernance et réglementation de l’Internet
  • *Enjeux de la cybersécurité et la vie privée à l’ère du digital
  • *Open Gov et démocratie numérique
  • *Développement du contenu web local
  • *Neutralité de l’Internet

Voici alors les 10 points à retenir de la deuxième édition de ce Forum :

  1. La Tunisie est le premier pays arabe qui abrite ce genre de forum dont la mission est d’encourager l’accès libre à l’information et la digitalisation des institutions pour assurer le bon déroulement du travail administratif ;
  2. Parmi les projets du plan national « Horizon 2020 », une centaine de villes municipales seront connectées d’ici 2020 ;
  3. Selon ce plan national, toutes les familles tunisiennes seront connectées en 2020. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté en faveur de cet objectif ;
  4. La digitalisation de l’administration tunisienne est en cours. Il existe maintenant six ministères connectés. Ce qui engendra l’échange en ligne des données entre ces ministères ;
  5. Actuellement, 29 licences ont été attribuées pour lancer des startups relatives à l’Internet des objets ;
  6. Parmi les projets à concrétiser, la mise en place d’une agence qui s’occupera de l’exécution des projets relatifs aux TIC. Ce modèle de management existe déjà au Maroc ;
  7. La création d’une version en ligne du code du numérique en cours de préparation conformément à la consultation publique qui a été menée auprès des acteurs du monde de l’Internet. Une deuxième consultation sera lancée bientôt. Un chapitre sera consacré à l’économie numérique ;
  8. Parmi les décisions qui seront prises à l’encontre de l’accès libre à l’information et à la digitalisation de la société, nous citons l’augmentation des taxes que devront payer les fournisseurs de connexion Internet ;
  9. La confirmation officielle de l’échec de la convention entre le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique avec le service du payement en ligne « Paypal », ce qui pousse le ministère de communication et de l’économie numérique à trouver une autre solution ;
  10. Dans le cadre d’un projet mené par l’association « Bawsala » pour digitaliser les données et créer une base de donnés en ligne, sur 264 municipalités tunisiennes contactées, 4 seulement ont refusé de fournir leurs données. Ce qui a poussé l’association à porter plainte contre eux devant la justice.

Ce Forum a enregistré la présence de nombreuses personnalités telles que M.Anouar Maarouf, ministre en exercice des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, les deux anciens ministres, M. Mongi Marzoug et M.Noomene Fehri, M.Ridha Debbabi, conseiller de ce ministère, M. Kamel Rezqui, membre du Conseil de l’Instance Nationale de Protection des Données Personnelles et Mme Hager Trabelsi, membre de l’Instance d’Accès à l’Information et autres.

الإشاعة في عصر شبكات التواصل الاجتماعي: سارع إلى نشرها قبل الحذف

ملاحظة: نشر هذا المقال بالموقع الرسمي للمرصد العربي للصحافة

 

يعتبر خبر حرق المسلمين في بورما من قبل البوذيين وقصة المصحف الشريف والخنازير في قضية الفيلم الدنماركي المسيء للإسلام وخبر تظاهر حسناوات السويد للمطالبة بالزواج إشاعات انتشرت سنة 2014 بمختلف أرجاء المعمورة عبر وسائل الإعلام التقليدية والحديثة دون التثبت من صحتّها.

في دراسة صدرت بالعدد 17 من المجلة العربيّة للإعلام والاتصال الصادرة عن الجمعية السعوديّة للإعلام والاتصال تحت عنوان « دور التفكير النقدي في عقلنة التعامل مع الإشاعات على شبكات التواصل الاجتماعية »، تطرق الدكتور الصادق رابح بالاعتماد على الأسلوب الوصفي الاستقصائي التحليلي إلى مراحل تشكل الإشاعة من منظور التأثير الاجتماعي وآليات انتشارها بشبكات التواصل الاجتماعي إضافة إلى كيفية تبّني الفكر النقدي للتصدّي لهذه الظاهرة بالرغم من أنّ الطبيعة البشريّة تميل إلى نشر الإشاعات. ممّا يؤكد أهميّة تربية الأفراد على الفكر النقدي وتصميم أنظمة تكنولوجيّة واجتماعيّة لدعم هذا التفكير عند مختلف الفئات الاجتماعيّة.

وأشار الباحث في بداية ورقته العلميّة إلى أن مصطلح الإشاعة ظهر في القرن 13 للتعبير عن « موقف غاضب أو استنكاري يصدر عن الفرد حيال وضع ما غير مقبول ». ولكنّ المصطلح لم يحافظ على نفس التعريف مع مرور الزمن ليتحوّل مفهومه خلال القرن 18 إلى « ضجة يكون مصدرها الصراع والفتنة ». ثمّ اكتسب هذا المصطلح المفهوم الحالي خلال القرن 19 في إشارة إلى « المضامين السيّارة التي تنتقل من خلال أحاديث الناس ».

وتساهم العديد من العوامل النفسيّة والاجتماعيّة في انتشار الإشاعة حيث أنّها تساهم في مرحلة أولى بالتأثير بالسجل العاطفي فيما تحاول في مرحلة ثانية بالتلاعب بقدرة المستهدفين على إصدار حكم موضوعي حول الموضوع. وبالتالي يصعب الحديث عن ضحايا حين يتعلّق الأمر بالإشاعة لأنّ تداول الإشاعة يتمّ بإرادة الفرد بل إن وجود رغبة في تصديق الإشاعة يساهم في انتشارها. ثمّ إنّ حاجة الأفراد إلى فهم ما يحدث حولهم وغياب المعلومات يساهم في انتشار الإشاعة بل إنّ هناك العديد من المتغيرات تؤثر على انتقالها وتداولها منها الدقة والقلق وأهميّة الأحداث موضوع الإشاعات. واختار إذن الباحث أن يصنف الإشاعة وفق ثلاث خصائص: الظرف ووضعية الانتشار والمضمون.

كما أكدّ الباحث أهميّة شبكات التواصل الاجتماعي للحصول على معلومات أو لنشرها مع أكبر عدد ممكن من الأفراد بالعالم الافتراضي، مضيفا أنّ الاعتماد على شبكات التواصل الاجتماعي يتزايد إثر حدوث حركة احتجاجية أو فيضان أو حركة إرهابيّة. ويغتنم إذن بعض الأفراد هذه الفرصة خلال هذه المناسبات لنشر الإشاعات والتضليل والتلاعب بعقول روّاد الانترنت حيث أشار الكاتب بأن شبكات التواصل الاجتماعي هي  » تربة خصبة للتضليل الإعلامي ونشر الإشاعات والأقاويل والأراجيف والتلاعب بعقول الناس وعواطفهم، خاصة خلال الأزمات »، إذ يعتمد مروجو الإشاعات على « صيغ تعبيريّة تحفيزية ومراوغة تستثمر آليات سيكولوجية قد يجب الكثير من الأفراد صعوبة في مقاومتها من قبيل (سارع إلى نشرها قبل الحذف) أو (هل لديك الجرأة لإرسالها لمن تعرف) أو (لا تجعلها تتوقف عندك) ».
وأشار الدكتور الصادق رابح إلى أنّ وفرة المعلومات بشبكات التواصل الاجتماعي تطرح مسألة معايير انتقاء المعلومة والقدرة على استيعابها وتمثلها ومن ثمّ معالجتها. ممّا يستدعي الأفراد إلى التثبت من المعلومات التي تنشر عبر الواب وخاصة بشبكات التواصل الاجتماعي. لكن ذلك يحتاج إلى تفعيل بعض المهارات كالثقة بالنفس وتبني إستراتجية تقوم على التأكد من مصدر المعلومة والتاريخ والأفراد الفاعلين وطرح بعض الأسئلة : « هل المؤشرات التي تضمنتها المعلومة معقولة ؟ هل الأشخاص المذكورن على علم بها ؟ هل هناك عدم اتساق في نصّ الإشاعة ؟ هل الحجج العلميّة المستخدمة منطقية ؟ الخ.. ».

وساهمت أيضا شبكات التواصل الاجتماعي حسب هذه الدراسة في إعادة تشكيل طرق العمل الجماعي، إذ ذكر الباحث بعض الأمثلة التّي لعبت خلالها هذه الوسائل دورا مهمّا لتأكيد معلومات أو لنفيها، على غرار ثورات « الربيع العربي » والعدوان على غزة وانتفاضة لندن. وتعدّ المقاربة التجميعية حسب الباحث من أكثر المقاربات انتشارا « حيث أنّها تحيل إلى الذكاء الجماعي التي تقوم الآلات بتوليده انطلاقا من الذكاء البشري للأفراد قد يكونون متباعدين جغرافيا، ولكنهم مترابطون شبكيّا ». ويضيف الباحث أنّ أدوات الذكاء البشري تقوم  » بالتقاط مشاركات المستخدمين في الفضاءات الرقميّة وتجميعها، ومن ثمّ توليد فهم أفضل للمحيط الذي يتحرك فيه الأفراد، وهو ما يقود بدوره إلى اتخاذ قرارات وممارسات أكثر ذكاء ودقّة »، مذكرا في الآن ذاته بتعريف بيار لوفي للذكاء الجماعي كـ »شكل من أشكال الذكاء الموزع بشكل كوني والخاضع للتحسين المستمر والمتناغم بشكل آني والذي ينتج عنه استثمار فعلي وفعال لكل المهارات ». ممّا يمكن الأفراد من التفكير بشكل جماعي بهدف فهم ومعالجة قضايا مفاهمية وخلافية مثل صناعة القرارات وإدارة البيئة والكشف عن الإشاعات.

كما أصبحت بعض شبكات التواصل الاجتماعي تتمتع بآليات للحدّ من انتشار الأخبار المغلوطة الزائفة والمغلوطة. فالشارة الزرقاء بالفايسبوك أو التويتر التي توجد بجانب صاحب الحساب أو الصفحة يؤكد أنّه حساب رسمي وليس مزيّفا. وقد تم منذ فترة تطوير تطبيق التصويت للمضامين، مما ساهم في الحدّ من انتشار الإشاعة. ممّا يؤكد أهميّة العمل الجماعي للحدّ من انتشار الإشاعات عبر شبكات التواصل الإجتماعي.

*أستاذ مشارك، كلية الإمارات للتكنولوجيا، الإمارات العربيّة المتّحدة

La Tunisie célèbre la Journée internationale du droit de l’accès universel à l’information

Membres de l’Instance Nationale de l’Accès à l’Information (Tunisie)

À l’occasion de la journée internationale du droit d’accès universel à l’information, célébrée le 28 septembre de chaque année, le bureau de projets de l’UNESCO à Tunis a organisé en partenariat avec l’Instance Nationale de l’Accès à l’Information (INAI), le Haut Commissariat des Droits de l’Homme, le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et le bureau de Article 19 en Tunisie, une conférence internationale intitulée « Pour une implémentation effective du droit d’accès à l’information en Tunisie ».

La conférence a porté sur l’activation de la loi organique du 24 mars 2016 portant sur le droit d’accès à l’information, texte considéré comme l’un des meilleurs au Monde. Elle avait pour objectifs de créer une plateforme de dialogue pour renforcer les efforts des instances publiques, de la société civile et des médias en vue d’une implémentation effective de l’accès à l’information en Tunisie ainsi que de proposer un plan d’action national pour la mise en œuvre de ce droit.

Cet événement a été une occasion pour le lancement du nouveau projet UNESCO sur le droit d’Accès à l’Information (DAI) en Tunisie, soutenu par la coopération suisse, ainsi que le développement d’un plan d’action de la société civile, en présence de Mme Rita Adam, ambassadrice de la Suisse à Tunis.

Cette conférence a réuni les membres de l’Instance Nationale d’Accès à l’Information (INAI) avec au moins 150 participants représentants les institutions gouvernementales, la société civile, les médias, les blogueurs, les jeunes activistes et les partenaires techniques et financiers actifs dans le domaine de la promotion et la défense du droit d’accès à l’information en Tunisie.

De nombreuses personnalités politiques et publiques tunisiennes et internationales ont également participé à cette conférence, notamment M. Mehdi Ben Gharbia, ministre des relations les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Droits de l’Homme, M. Diego Zorilla, Coordinateur Résident du Système des Nations Unies en Tunisie, Mme Saloua Ghazouani, directrice du bureau de l’article 19 en Tunisie, Frank La Rue, sous-directeur général pour la communication et l’information à l’UNESCO, M. Néji Bghouri, Président du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), M. Imed Hazgui, Président de l’Instance d’Accès à l’Information, Mme Bochra Belhaj Hamida, Députée à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et présidente de la commission libertés individuelles et égalité et Mme Hamida El Bour, directrice de l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI).

Données ouvertes et amélioration des services publics

Le programme de la conférence a comporté notamment la présentation des résultats de l’étude qualitative et participative sur l’état des lieux de l’accès à l’information en Tunisie, réalisée par l’UNESCO en 2016. Cette étude a permis de mesurer les avancées de la mise en œuvre du décret-loi 41 (mai 2011) et de détecter les obstacles majeurs perçus par les parties prenantes impliquées dans sa promotion pour ériger les axes d’actions prioritaires pour les années à venir.

Parmi les thèmes abordés par les participants à cette conférence figurent la question des données ouvertes (Open Data), de l’accès à l’information et de l’amélioration des services publics parmi les initiatives et les réformes adoptées par l’État pour activer cette loi. Certains acteurs de la société civile ont également présenté certains projets afin d’aider à garantir ce droit au profit des citoyens, notamment le projet « Djerba Bus » et le projet « Sehati » (ma santé).

Le deuxième thème abordé a porté sur l’accès à l’information comme élément essentiel du journalisme d’investigation. Des représentants de Inkyfada et Nawaat ont exposé leurs propres expériences après la révolution.

À la suite de la séance plénière, trois ateliers ont eu lieu l’après midi afin de déterminer les priorités de l’implémentation effective du droit de l’accès à l’information en Tunisie. Le premier atelier animé par M.Néjib Mokni, responsable de programme dans la région MENA à Article 19, a porté sur les défis auxquels est confrontée la loi sur l’accès à l’information et le travail de la Commission chargée de cette mission. Le deuxième atelier modéré par M.Zied Dabbar, membre du bureau exécutif du SNJT, a mis l’accent sur les médias et l’activation du droit d’accès à l’information. Quant au troisième atelier animé par M.Karim Belhaj Aissa, président de l’Association Tunisienne des Contrôleurs Publics (ATCP), il a abordé les défis liés à l’activation du droit d’accès à l’information du point de vue de la société civile.

Le contexte tunisien du droit d’accès à l’information

La nouvelle constitution tunisienne du 27 janvier 2014, a été saluée au niveau international comme une étape historique de la transition démocratique du pays qui a déclenché le « Printemps Arabe ».  Notons que les textes relatifs à la liberté d’expression et d’information représentent le résultat d’un travail de près de deux ans de plaidoyer et de sensibilisation auprès de la société civile tunisienne.

Par la suite, la nouvelle constitution tunisienne a garanti dans son Article 32 le droit d’accès à l’information (DAI) et a défini la responsabilité de l’Etat dans la promotion de l’exercice de ce droit. Mais la concrétisation du DAI a connu en Tunisie plusieurs étapes, commençant par la promulgation du Décret-loi n°41 du 26 mai 2011, relatif à l’accès aux documents administratifs des organismes publics tel que amendé par le décret-loi n°54 du 11 juin 2011 puis la circulaire d’application n°25-2012 du 5 mai 2012 relative aux modalités et procédures d’accès aux documents administratifs.

Par ailleurs, l’adhésion de la Tunisie, en janvier 2014, à l’Open Government Partnership (OGP) a contribué à la promotion du DAI par la mise en application de ce droit et le renforcement du cadre législatif y afférant. Notons déjà que l’OGP est une initiative qui a été lancée en 2011 pour la promotion des politiques de transparence, de lutte contre la corruption, d’amélioration des services publics et de l’engagement citoyen dans les processus d’élaboration des politiques publiques à travers l’utilisation des nouvelles technologies.

En Mars 2016, la Tunisie a enregistré l’adoption de la loi organique n°2016-22 du 24 mars 2016, relative au droit d’accès à l’information. Cette loi, classée parmi les meilleures lois au monde, a consolidé les garanties pour une meilleure diffusion proactive de l’information et une meilleure réponse aux demandes d’accès.

Puis, l’année 2017 a été marquée par le lancement du processus de mise en place de l’Instance Nationale d’Accès à l’Information (INAI) et ce, par l’élection de ses membres par l’ARP ainsi que par la publication du décret gouvernemental n°2007-918 du 17 août relatif à la nomination des membres de cette instance.

Nouveaux médias et internationalisation de la consommation : nouvel modèle économique ?

Remarque : Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Un bureau de 14 personnes dédiées exclusivement aux médias sociaux, a été mis en place par la chaîne Qatarie Al Jazeera, dès la fin de l’année 2011.Le recours aux réseaux de « journalistes citoyens » a été mis en faveur par cette chaîne télévisée, étant donné que les citoyens sont devenus des producteurs de l’information vu la disponibilité de nouveaux supports numériques. Ce qui a poussé les journalistes à chercher parfois les informations auprès des journalistes citoyens. Ceci a minimisé par la suite, les coûts de production. Déjà, dans certains pays arabes, Twitter et Facebook sont utilisés comme première source d’information, à coût zéro.

Dans son article intitulé « Nouveaux médias et flux d’information journalistique dans le monde arabe :localisation de la production et internationalisation de la consommation », paru dans l’ouvrage « La circulation des productions culturelles : cinémas, informations et séries télévisées dans les mondes arabes et musulmans » aux éditions du Centre Jacques Berque (CJB) et de l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA), Enrico De Angelis a démontré comment l’émergence des nouveaux médias a transformé les modalités de production, d’échange et de diffusion de l’information dans le monde arabe, à l’échelle nationale aussi bien qu’internationale.

En fait, les révoltes de 2011 ont accéléré le processus de la diffusion de l’informationdans le monde arabe. La scène journalistique a été énormément touchée par l’émergence d’Internet. De nombreuses entreprises médiatiques construites sur l’utilisation d’Internet ont vu le jour notamment« MadaMasr » en Égypte, « Nawaat » et « Inkyfada » en Tunisie, « SyriaUntold » en Syrie, « 7iber » en Jordanie. Ceci a été facilité par l’implication des réseaux sociaux et la mise en place d’un échange direct d’informations.
De plus, les systèmes médiatiques arabes sont devenus des systèmes « hybrides » étant donné que l’information journalistique circule de façon fluide d’une plateforme médiatique à l’autre (télévisions, journaux électroniques et imprimés, réseaux sociaux, blogs, etc.). Ce qui a donné naissance à « un espace partagé, plus participatif, aux contenus produits par le bas et dont les hiérarchies entre les différentes sources d’information tendent à se brouiller ».

Impact des nouveaux médias sur les flux d’information transnationale dans le monde arabe
L’auteur confirme que les nouveaux médias ont changé les flux d’information transnationale, ce qui a impacté les coûts traditionnellement associés à la diffusion de l’information. Ainsi, « l’ère des correspondants permanents et des envoyés spéciaux réguliers semble révolue, les médias internationaux ayant de plus en plus recours aux journalistes citoyens ou aux journalistes freelance qui vivent dans les pays concernés ».

De plus, si la production de l’information tend à devenir plus locale, la consommation s’internationalise. Elle se propage rapidement via les nouveaux flux d’information aussi bien que les anciens flux.
Les grands médias traditionnels à savoir Al Jazeera, disposant des ressources humaines et budgétaires nécessaires, ont mis en place une équipe pour rechercher et vérifier l’information qui circule sur le web. Ceci leur a permis de créer et d’entretenir un réseau de « journalistes citoyens » sur le terrain.
Bien que certains journalistes citoyens ne sont pas payés, d’autres le sont. Or généralement, les journalistes citoyens, payés à l’article, permettent « d’éviterles coûts liés à la gestion d’un bureau ou d’un envoyé spécialsur le terrain ». Donc les médias ont appris selon l’auteur à tirer profit de la contribution du public dans la production des contenus.

De plus, cela permet également de « contourner plus facilement les restrictions de mouvement et d’action qui frappent souvent les journalistes professionnels ». A titred’exemple, la mobilisation des citoyens ordinaires et des activistes en Syrie vu l’interdiction d’entrée aux journalistes imposée par le régime. Donc ils sont devenus « les principaux fournisseurs d’informations et de contenus vidéo ».
Par la suite, de nombreux projets journalistiques« indépendants » qui diffusent leurs contenus exclusivement sur Interne, sont nés ces dernières années dans le monde arabe. Citons par exemple, « Nawaat »en Tunisie,« MadaMasr »en Égypte, « 7iber »en Jordanie ou « Mamfakinch »au Maroc. Toutefois, ces plateforme sont choix de se focaliser sur les informations locales en absence des moyens budgétaires permettant de couvrir efficacement l’actualité internationale.

Réfugiés : Le téléphone et Internet pour survivre

Téléphone

Remarque: Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Les réfugiés sont capables de payer le tiers de leurs revenus pour rester connectés.  À titre d’exemple, Hekmatullah, refugié afghan âgé de 32 ans, qui a choisi la connexion contre la nourriture.

Ceci a été mentionné dans un article publié sur « The Economist », le 11 février 2017, signé par Athens Dunkirk. L’auteur a mis l’accent sur l’importance du téléphone portable ainsi que la connexion Internet pour les réfugiés.

En fait, quand les réfugiés quittent leurs pays, le téléphone devient selon Carleen Maitland de l’Université de Penn State, une « corde de sauvetage » car ils ne savent plus où ils devront aller et qui ils doivent croire. Donc ils essayent d’une part, de garder le contact avec leurs proches ou leurs amis du pays et d’autre part, de suivre les infos des gens qui ont pris le risque comme eux.

Le téléphone connecté est aussi un outil essentiel pour que les réfugiés des camps planifient leurs séjours et prennent contact avec les gens qui pourront les sauver, parfois avec des faux passeports. Najib, refugié syrien résidant actuellement en Grande Bretagne a payé 10, 000 euros pour un faux passeport. Il lui était conseillé de voyager via les petits aéroports de la Grèce pour arriver à Londres mais il lui a fallu rester en contact permanent avec son passeur « sauveur » pour arriver saint et sauf.

L’auteur de cet article a mis aussi l’accent sur le cycle de vie d’un réfugié en prenant comme exemple le cas des Irakiens. Au nord de l’Iraq, les irakiens utilisent WhatsApp et Viber pour rester en contact avec leurs amis qui sont partis en Allemagne. Les réfugiés qui traversent la méditerranée utilisent aussi des téléphones satellitaires que leurs donnent les passeurs pour appeler les autorités italiennes.

A la fin de cet article, l’auteur a signalé que certaines organisations internationales essayent de trouver un moyen pour rendre cet intérêt accordé par le refugié à la connexion Internet plus bénéfique. Dans certains camps, des classes connectées à vocation éducative ont été mises en place. Mais en Europe, les réfugiés préfèrent se connecter aux médias sociaux.

Crédit Photo @Libération

L’élection américaine est certes terminée, mais la désinformation existe toujours

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Remarque: Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme.

Le problème de la désinformation sur Internet est de plus en plus évoqué depuis la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Cette dernière est certes terminée, mais la désinformation existe toujours.

Après avoir fait le bilan de son premier mois au pouvoir, lors de sa première conférence de presse, le Président américain ne s’arrêtait pas de s’attaquer à la presse et à la désinformation.  Mais il s’est fait remettre à sa place par Peter Alexander, journaliste de la chaine américaine NBC, qui l’a corrigé quand il a prétendu que sa victoire avec 306 voix est « la plus large victoire au collège électoral depuis Ronald Reagan ».

Cette affirmation qu’il répète à chacun de ses discours n’a pas échappé au journaliste de NBC qui l’a démenti en direct : « Vous avez dit que c’était la plus large victoire, mais le Président Barack Obama a obtenu 365 voix ». Trump a essayé de se justifier: « Je voulais dire des républicains ». Mais le journaliste tenace l’a encore rectifié: « Et George Bush a obtenu 426 voix ». Surpris, Trump bafouilla : « On m’a donné cette information, je ne sais pas, on me l’a donnée, on a gagné avec une grosse marge ». Le journaliste ne rata pas l’occasion de le ridiculiser par une question assassine : « Comment les Américains peuvent-ils vous faire confiance alors que vous donnez vous-même de fausses informations ? ».

Les rectifications du Journaliste de NBC ont fait le buzz sur les médias sociaux. Mais ceci n’est pas la seule désinformation enregistrée auprès de Trump, dont la conseillère Kellyanne Conway, est allée jusqu’à inventer un massacre au Kentucky pour justifier l’interdiction faite aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis.

Par ailleurs, lors des élections présidentielles américaines tenues en novembre 2017, de nombreux sites Internet ont participé à la propagation des informations diffamatoires sur Hillary Clinton, la candidate démocrate. Le New York Times a mis l’accent sur l’histoire de Cameron Harris, un jeune diplôme américain en sciences politiques, qui a fait une fortune grâce à son site d’informations ChristianTimesNewspaper.com (CTN) qui avait comme objectif, la propagation des fausses informations. Si Harris a payé 5 dollars pour acheter une adresse email abandonnée sur le site EpiredDomains.net, un article dont la rédaction n’a pas dépassé une quinzaine de minutes, lui a fait gagner 5 000 dollars. Une fois le site a été classé parmi les 20 000 sites les plus consultés sur le web, un évaluateur lui a proposé de le vendre pour un montant compris entre 115 000 et 125 000 dollars.

En même temps, Donald Trump s’est servi des fausses informations pour attaquer ses adversaires à savoir Barack Obama et Hillary Clinton.

La désinformation dans le monde arabe

Victimes des attaques terroristes ou de la présence de « l’Etat islamique », les pays arabes comme la Tunisie, Égypte, la Libye ou la Syrie, ont beaucoup souffert depuis le déclenchement du « Printemps Arabe » de la propagation de plusieurs rumeurs.

En mars 2012, Pierre Piccini Da Prata, rédacteur en chef du journal en ligne Le Courrier du Maghreb et de l’Orient, a signalé sur son blog la désinformation massive en Syrie en se posant la question suivante : « Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de six mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? ».

La propagation des rumeurs a toujours aussi accompagné la vie des hommes politiques notamment pendant les périodes critiques à savoir les élections législatives ou présidentielles.

En même temps, certains médias arabes ont adhéré à ce processus sans se rendre compte vu que les journalistes ne sont pas dotés des pratiques journalistiques correctes, après avoir été depuis toujours soumis à la censure. Bien que des instances de régulation médiatiques soient mises en place, certains médias participent toujours à la propagation des fausses informations, dans le cadre d’un règlement de compte. Exemple du journal en ligne « Thawra News » en Tunisie.

Lutte contre la désinformation à l’heure des médias sociaux

En fait, Internet s’est trouvé au-devant de la scène au moment où la vitalité des institutions démocratiques traditionnelles semblait disparaitre. Ainsi les citoyens ont trouvé refuge dans les nouvelles plateformes en ligne pour s’exprimer librement. Il est devenu difficile de contrôler les informations mais aussi la désinformation.

Aux Etats-Unis, un journaliste du New York Magazine avait lancé une extension de vérification des informations suite l’annonce de la victoire de Donald Trump.

En Allemagne, en novembre 2015, le selfie du refugié Anas Modamani pris en août 2015, avec la chancelière allemande Angela Merkel a été utilisé dans un contexte de désinformation, en faisant un lien avec le terrorisme étant donné que l’Allemagne soutient les demandes d’asile des refugiés syriens.

Ce selfie a commencé à se propager suite à l’attaque terroriste de Bruxelles qui a eu lieu en 2015, ce qui a poussé Modamani à porter plainte contre Facebook pour empêcher la circulation de cette photo sauf que ce média social a répondu qu’il est extrêmement difficile de contrôler les publications des internautes. L’avocat de Facebook a répliqué que la société n’a pas la capacité technique de bloquer les messages abusifs en déclarant : « Il y a des milliards de messages publiés chaque jour sur Facebook. Il n’est pas possible d’inventer cette machine magique qui pourra mettre fin à chaque problème », a déclaré Martin Munz, avocat de Facebook.

De son côté, l’avocat de la victime âgée de 19 ans, a contesté cet argument et a répondu à l’avocat de Facebook « Volkswagen peut-elle simplement dire ? : Nous sommes désolés, nous construisons beaucoup de voitures. Donc, nous ne pouvons pas vraiment assurer votre sécurité ». En soulignant aussi l’histoire controversée de Facebook en ce qui concerne la nudité et la pornographie, il a ajouté : « Quand il s’agissait de nudité ou de pornographie enfantine, Facebook était capable de détecter toutes les images ».

Notons ainsi que Facebook, Google et Twitter ont été capables en 2015 d’examiner et de supprimer le discours haineux en Allemagne dans les 24 heures. Puis Facebook a récemment lancé aussi un système de filtrage de fausses nouvelles en Allemagne et en France avant la tenue des élections législatives dans ces deux pays.

En fait, Facebook et Google ont lancé le 06 février 2017, un partenariat pour mettre à jour les règles de leurs moteurs afin de vérifier l’exactitude des informations relayées sur leurs plateformes. Ils avaient promis de sanctionner les revenus publicitaires des sites propageant intox et désinformation. Il s’agit de Crosscheck, une initiative soutenue par First Draft, une start-up financée par le Google News Lab. Alors si un internaute signale une information erronée sur les médias sociaux et si cela a été confirmé par au moins deux médias partenaires (Connectiv, Le Monde, AFP, BFM-TV, Libération, 20 Minutes, ABC news, Associated Press; etc.) après vérification, un pictogramme sera affiché, mentionnant que l’information est fausse. Mais le post ne sera ni censuré ni supprimé. Il suffit que l’utilisateur clique sur le lien pour avoir plus de précisions.

« Les gens ne sont pas rationnels lorsqu’ils sont en colère », déclare Jenni Sargent, directrice opérationnelle de First Draft et porteuse du projet CrossCheck. Elle ajoute : « Or les médias sociaux permettent aux gens de se comporter en tribus. Des mécanismes cognitifs comme le biais de confirmation renforcent encore ce comportement : les gens ne lisent ou partagent que ce qui va dans le sens de leur propre opinion, et la désinformation circule beaucoup plus vite que le fact-checking ».

Suite à cette annonce Tim Cook, PDG de Apple a ainsi lancé un appel via le journal britannique Daily Telegraph, aux entreprises du secteur technologique afin d’inventer des outils luttant contre la diffusion de fausses informations. Il a appelé néanmoins à mettre en place une « campagne de grande envergure », notamment dans les écoles des ingénieurs en informatique. Il disait :  » Nous traversons une période dans laquelle, malheureusement, ceux qui réussissent sont ceux qui s’emploient à faire le plus de clics possible, pas ceux qui essaient de transmettre la vérité. Cela détruit le cerveau des gens ».

En France, le journal Le Monde a aussi récemment lancé son outil Decodex, avec une extension pour Chrome et Firefox qui avertit l’internaute lorsqu’il est sur des sites jugés peu ou pas fiables. « Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information », avertit l’extension. Outre cette extension pour navigateurs, Le Monde a lancé également un moteur de recherche et un bot sur Messenger auxquels l’internaute pourra demander des renseignements concernant un site web.

Par ailleurs, Professeur Mellissa Zimdars, chercheure en médias et communication à l’Université Merrimack à Massachusetts, met à la disposition des internautes un document intéressant via lequel elle présente certaines recommandations ainsi que les étapes à suivre pour analyser les nouvelles informations. Elle propose aussi une liste de sites via lesquels les internautes pourront vérifier cette information ainsi qu’un tableau qui classe les sites américains les plus répandus selon leur fonction : satirique, complot, haine, rumeur ; etc.

D’autres chercheurs travaillent aussi sur des algorithmes destinés à détecter les fausses infos. Le projet Pheme, financé par la Commission européenne et regroupant des experts en informatique, des universités et des journalistes de swissinfo.ch, cherchent à développer des technologies qui puissent aider les journalistes à vérifier la véracité des informations publiées en ligne.

La désinformation est un phénomène mondial classique mais le web 2.0 lui a donné une amplification inconnue auparavant. Journalistes, communicateurs, informaticiens, éducateurs, etc. s’impliquent dans la lutte contre la cyber-désinformation.

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