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Comment pratiquer le journalisme de données à l’ère du Coronavirus ?

Crédit photo « Libération »

Aujourd’hui, à l’ère des métadonnées, il semble difficile de traiter l’actualité du Coronavirus car les données sont un peu partout, notamment sur les médias sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, Instagram et autres). Nul ne peut d’ailleurs échapper l’état de panique que sème ces plateformes électroniques. Chaque minutes, nous recevons des nouvelles sur le coronavirus. Ainsi, le nombre de publications sur ces plateformes évoluent autant que l’évolution du nombre des victimes de ce virus.

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Teaching data journalism in the Arab world

FEBRUARY 25, 2020 • LATEST STORIESSPECIALIST JOURNALISM • BY NOUHA BELAID

In the Middle East as elsewhere, journalists have had to learn how to process vast amounts of data and present it in an easily digestible format.

One of the most important legacies of the Arab Spring is that access to information has now been enshrined as a right in many of the countries affected by the wave of anti-government protests that spread across much of the Islamic world from 2011 onwards.

In a number of Maghreb and Middle East countries, the Arab Spring led to a new era of transparency in which citizens were allowed greater access to government data.

Tunisia, for example, became a member of the Open Government Partnership in 2014 and went on to adopt a Freedom of Information law in 2016.

New challenges

The political and social changes in the Arab world coincided with a huge expansion of online sources of information and technical means of accessing the resulting mass of data. This posed a huge challenge for journalists everywhere, and meant they had to devise new ways to process all this information and present it in a form that didn’t threaten to overwhelm the audience.

Arab investigative journalists soon began to experiment with data journalism to help them explain things to the public, and before very long the first startups specializing in this approach appeared: Egypt’s InfoTimes was launched in 2012, followed by Tunisia’s Inkyfada in 2014 and Lebanon’s Bayanat Box in 2017. The Arab Data Journalists’ Network was officially launched at a conference in Cairo in 2018.

These projects were in general spearheaded by younger journalists from a range of disciplines, often with training in economics and data science as well as in journalism.

NGOs take the lead

At that time, many aspiring data journalists got their first chance to develop their skills in this field at a hackathon organised by NGOs such as Tunisia’s non-profit E-Governance Society. In 2017, this put on a “Data Journalism Hackathon” in Tunis that was sponsored by the Friedrich Naumann Foundation (FNF).Infographic from Tunelyz

An infographic created by the Tunisian data journalism project Tunelyz

While civil society took the lead by promoting data journalism events such as hackathons, university journalism schools have been slow to catch up. Many journalism schools lack the resources and staff with the skills required to teach data journalism.

Interviews conducted with data journalism project managers in the Maghreb and the Middle East and of university professors of journalism in a number of countries (Egypt, Tunisia, Lebanon, Saudi Arabia, Morocco, Algeria and the United Arab Emirates) show that the main challenges identified are:

  • Underdeveloped university infrastructure
  • Lack of adequate software and online applications, and
  • Lack of properly qualified teaching staff

My recently released Data Journalism Handbook (published with the support of the Tunisian E-Governance Society and the Friedrich Naumann Foundation) is aimed at both students studying journalism at universities and professional journalists for whom the subject did not form part of their training.

It seeks to make available in Arabic an abundance of information and advice on the practical steps that data journalists everywhere need to follow:

  • How to collect the data
  • How to verify the data
  • How to select the data
  • How to visualize the data
  • How to write and share a piece of journalism based on data

However, it is also aimed specifically at journalists in the Arab world and makes particular reference to the Tunisian context. For instance, it draws on the experience of figures such as the founder of a Tunisian data journalism project Tunelyz, an expert on Big Data, the head of Tunisia’s e-government service, a member of the body set up by the government to combat corruption, etc.

A practical guide

Designed to be a practical guide, the handbook gives step-by-step examples of how to carry out specific data journalism tasks and sets a series of exercises so that the reader can put their newly-acquired knowledge to the test.

As well as providing the reader with a comprehensive list of useful online resources, the book also looks at the creation of infographics and advises budding data journalists on how to decide which kinds of graphic illustration are best suited to convey the information they want to share with the public.

Nouha Belaid’s Data Journalism Handbook (in Arabic only) can be accessed via the website of Tunisia’s E-Governance Society.

Remarque : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Européen du Journalisme

Un manuel de journalisme de données pour des développer ses pratiques à l’ère du web 4.0

Le Journalisme de données (Data Journalism) est considéré en tant qu’un grand défi à l’heure actuelle, pour des journalistes de différents domaines de spécialités. Bien que certains le considèrent en tant que spécialité à part entière en journalisme, d’autres estiment qu’il s’agit bien d’une pratique dont devrait être doté tout journaliste aujourd’hui, à l’ère du web 4.0.

Le manuel de journalisme de données que nous venons de publier répond au besoin de développer les pratiques digitales des journalistes. Il s’agit de la présentation graphique à vocation informationnelle d’un bon nombre de données qualitatives ou quantitatives.

Aujourd’hui, avec le développement de la qualité d’Internet (4 G et même 5G) et l’émergence des applications mobiles ainsi que des sites d’Internet à différentes vocations (graphique, montage, édition, etc.), le journaliste se trouve appelé à développer ses pratiques digitales pour ne pas être en dehors de la sphère numérique. Tous les médias sont présents aujourd’hui sur le Net, y compris la télé et la radio, à l’ère de la convergence médiatique.

Contexte d’évolution du journalisme de données

A partir du moment où le consommateur de l’information (lecteur ou auditeur ou téléspectateur) ne trouve  plus le temps pour lire un article complet ou visionner un reportage télévisé jusqu’à sa fin ou écouter un flash info radiophonique jusqu’à sa dernière minute, les médias sont appelés à revoir la façon avec laquelle ils présentent leurs informations. Donc si le public des médias n’aura pas le temps pour suivre une information sur le média classique, la plateforme numérique pourrait abriter également cette information. Cette dernière pourrait être présentée sous forme d’image au lieu d’être présentée sous forme de texte.

Mais ce qui a réellement contribué à l’évolution du journalisme de données, c’est bel et bien, ce contexte de « open source » dans un environnement qui encourage la libre circulation des données. Donc à partir du moment où le journaliste s’est trouvé bombardé par un grand nombre de données, il s’est trouvé en quête de recherche d’un moyen pour présenter ce grand tas de données d’une façon lisible, et ce, pour le grand public des médias.

De même, le journalisme de données était à maintes occasions, un outil pour le journaliste d’investigation afin de présenter les résultats de son enquête d’investigation. C’est une façon pour traiter l’information d’une façon optimale au lieu de se limiter à un texte long et souvent ennuyeux.  Le journalisme de données a permis ainsi d’aider le journaliste à susciter l’intérêt des citoyens sur des problématiques sociétales.

Evolution du journalisme de données

Bien que de nombreux journalistes pensent que le journalisme de données est une nouvelle pratique, l’histoire de l’humanité confirme que la représentation graphique des données existait depuis la naissance de l’être humain, et ce, à travers les graffitis sur le mur. D’ailleurs, il est possible aujourd’hui de déchiffrer l’histoire de l’humanité à travers ce qui est dessiné sur les murs des grottes et autres.

Par la suite, le journalisme de données a évolué en tant que pratique journalistique mais sous forme d’une autre appellation telle que « conception assistée par ordinateur » ou « l’infographie journalistique » ou autre. Mais cette appellation de journalisme de données semble être récente et s’est propagée notamment avec la naissance de la rubrique « Data Blog » sur le site du journal britannique « The Guardian», éditée par Simon Rogers.

Au fil des années, des projets basés par le journalisme de données ont vu le jour dans le monde arabe à savoir : Infotimes, Bayanet Box, kholassa, Inkyfada et Tunelyz. Ce dernier est un projet tunisien lancé dans par deux ingénieurs tunisiens qui ont vu dans l’expérience tunisienne en matière de « open gov » une expérience prometteuse, ce qui a aidé réellement à la naissance d’un tel projet. Il suffit de s’abonner à la newsletter de leur site pour recevoir l’actualité chiffrée en Tunisie sous forme de graphique.

Les étapes du journalisme de données

Le journalisme de données est outil de traitement d’un sujet d’actualité d’une manière brève, précise et concise en passant par ces étapes :

  1. Collecter les données
  2. Vérifier les données
  3. Sélectionner les données
  4. Visualiser les données
  5. Rédiger son histoire journalistique et la partager

Souvent on pourrait tomber sur une base de données importante, mais il nous semble difficile de la traiter pour s’en sortir avec une histoire journalistique. Ce qui confirme que l’étape du tri pour sélectionner les données nécessaires, est une étape importante du processus d’un journaliste de données. Dans une situation pareille, le programme de Microsoft « Excel » présente un outil crucial pour exercer le journalisme de données. Or pour manipuler un tel programme, il faut avoir le minimum de compétences mathématiques.

En absence des données ouvertes, les journalistes pourront avoir recours à des informaticiens pour extraire les données d’un site Internet. Notons déjà que le journalisme de données pourrait être individuel ou collectif. Si le journaliste n’a pas les compétences informatiques nécessaires, il est légitime d’avoir recours à un graphiste ou un informaticien.

Par la suite, la vérification des données est une étape à ne pas négliger pour être sûr de la crédibilité de l’information qui sera partagée avec le public. Parfois, nous sommes appelés à confronter les données trouvées via deux sources différentes. Ce qui nous appelle souvent à consulter plusieurs sites de données ouvertes pour s’assurer de l’information. Le journaliste est appelé toujours à citer sa source de données en mentionnant le site source des données. Dans le cas du journalisme d’investigation, il faut se méfier de données présentées par des pairs en les vérifiant.

La visualisation des données est une étape plus ou moins délicate, étant donné qu’il faut sélectionner le bon modèle pour présenter les données. Parfois le journaliste pourra disposer de données importantes mais il n’arrive pas à les présenter d’une manière correcte. Lors de cette étape, le journaliste pourra faire appel à un graphiste comme il pourra se contenter des sites Internet qui propose gratuitement ce service. Il doit juste savoir choisir le bon modèle.

Enfin, raconter une histoire à partir des données collectées est une étape importante vu qu’il s’agit de créer une histoire cohérente avec les visualisations conçues. Certains journalistes se limitent aux graphistes alors que d’autres préfèrent que les visualisations soient liées à un texte journalistiques prenant la forme ainsi d’un « storytelling ». Ceci est un choix à faire mais faut que le graphique déjà résume le texte.

Vous trouverez ainsi dans ce manuel, une liste d’outils et de sites web qui permettent aux journalistes de créer et de visualiser gratuitement les données sous forme de graphique. De même, une liste des sites web de données ouvertes est mise à votre disposition. Et des formations gratuites sont déjà disponibles sur Internet pour développer vos pratiques en matière de journalisme de données.

Il est à noter que ce manuel de journalisme de données a été publié en décembre 2019, parmi les publications de la Fondation Friedrich Naumann et E-Gov Society dans le cadre de leur programme de formation en journalisme de données.

Remarque : Si vous voulez lire la version complète, veuillez cliquez ici 

Lire aussi :

Quelle place pour les jeunes dans les médias arabes ?

Crédit photo @Lejournaldel’eco

La présence des jeunes dans les médias audiovisuels arabes ne présente que 6 % du contenu médiatique diffusé, c’est le résultat révélé par le rapport intitulé “ Les jeunes dans les médias », publié récemment dans le cadre du projet « Net-Med Youth ».

En effet, les chiffres montrent que 1% du contenu audiovisuel a été axé sur les jeunes en Tunisie, 2% au Maroc, 4% en Palestine et 15% en Algérie.

Ce rapport présente les résultats de l’observation de la présence des jeunes dans les médias sur une période d’un mois dans quatre pays : l’Algérie, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. Le monitoring s’est déroulé́ pendant le mois de février 2015 dans les trois premiers pays et pendant le mois de mai 2016 en Palestine.

Tableau : Les médias observés

Ce rapport ne s’est pas limité à mesurer la présence des jeunes dans les médias, mais il a évalué le degré d’importance de la question de la jeunesse et de son traitement dans les contenus télévisés et radiophoniques dans les quatre pays. Signalons qu’il s’agit d’un public âgé entre 18 ans et 35 ans.

De même, lors de l’analyse des nouvelles diffusées à travers ces médias, 10% seulement des nouvelles ont abordé ou évoqué des sujets relatifs aux jeunes. Ce taux est de 22% en Algérie, 1% en Tunisie, 3% au Maroc et 7 % en Palestine. C’est en Algérie ainsi qu’on évoque plus les sujets qui traitent les jeunes et leurs intérêts ou soucis. Sinon 1% est le taux des informations qui contiennent des stéréotypes et des clichés sur les jeunes.

Ce rapport représente une invitation aux acteurs médiatiques afin de prendre connaissance de l’état des lieux de la représentation et le rôle des jeunes dans les médias et offre une opportunité́ d’échange pour une représentation juste, équitable et réaliste de la jeunesse dans les médias.

Certaines recommandations ont été ainsi retenues, destinées à quatre acteurs : les journalistes, les responsables des médias, les autorités de régulation et les acteurs de la société civile.

Remarque : Lire ici le rapport complet

دليل صحافة البيانات

ساهمت أزمة الصحافة الورقيّة في تطوّر صحافة البيانات بعد عزوف عدد كبير من القرّاء بالعالم عن مطالعة الصحف، فاندثار صحيفة « السفير » بالعالم العربي سنة 2017 كانت إعلانا لناقوس الخطر الذي يحدّق بالصحافة الورقية. وقد تتالت فيما بعد ظاهرة غلق بعض الصحف الورقيّة سواء بتونس أو لبنان أو مصر أو غيره. وقرّر مؤسسو هذه الصحف الورقيّة بعث نسخ الكرتونية في محاولة لمواجهة تحديّات الساحة الإعلاميّة. كما ساهمت وفرة المعلومات بعد أن كانت نادرة في السابق إلى سعي الصحفيين إلى البحث عن طريقة جديدة لمعالجة الكمّ الهائل من المعلومات التّي يتحصلون عليها.

وقد تطوّرت فعليّا صحافة البيانات خلال السنوات العشر الأخيرة مع انتشار الوسائط الإلكترونية الحديثة (الحاسوب المحمول، اللوحة، الهاتف الذكي، الخ) والميديا الاجتماعية (الفايسبوك، التويتر، الانستغرام، الخ). وكان هذا من ضمن العوامل التي ساهمت في اندثار بعض الصحف الورقيّة بعد أن أصبحت الأخبار تبثّ بصفة آنية.

هذا الدليل موجّه لكلّ الفاعلين في مجال الإعلام والراغبين في ممارسة صحافة البيانات على غرار أساتذة وطلبة الإعلام والصحفيين المهنيين ومطوري البرمجيات ومصممّي الغرافيك وغيرهم حتّى يساعدهم على بناء قدراتهم في سرد قصة صحفيّة من خلال البيانات. وقد تمّ اعداده أيضا ليكون مرجعا للمدربّين والمتدربين خلال الدورات التكوينية المبرمجة .

لمطالعة الدليل كاملا

http://datajournalismhandbook.egovsociety.tn/

الصحافة السودانية: أيّ مصير ينتظرها ؟

7 countries, 9 teachers: a dossier of data journalism

It doesn’t matter which country you’re in, or what university you visit, there’s a common refrain that you’ll hear in the halls of J-schools across the globe: “I’m not good at math”

Check the full text on « Data Journalism.com » by European Journalism Centre

All over the world, and even in Tunisia, media landscapes have developed to the point that the job market today requires technical skills, as well as linguistic skills, to carry out real journalistic work.

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