Archives de Catégorie: Communication

Le transmédia en Tunisie : des pratiques transplateformes de quelques organisations à l’ère des médias sociaux

Crédit photo @immerse

Remarque : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

Le domaine des sciences de l’information et de la communication ne cesse de se transformer et de se recomposer, en raison du développement des supports numériques (smartphone, tablette, etc.). Ces derniers ont participé à la recomposition du champ de la communication et à l’émergence de nouvelles stratégies de communication, adoptées par les organisations.

Nous sommes passés ainsi de l’ère du « plurimédia » à l’ère du « transmédia », car au-delà de la transformation du contenu et de l’écriture médiatique, le champ de la communication repose de plus en plus sur des médias participatifs nouveaux facilités par les outils numériques (Facebook Live, Storify, hashtag, etc.)

Aujourd’hui, la stratégie de « transmédia » s’impose. Il s’agit de « cette pratique qui consiste à développer un contenu narratif sur plusieurs médias en différenciant le contenu développé et les capacités d’interaction en fonction des spécificités de chaque média ».

Cette synergie entre les médias permet de prolonger et enrichir le contact. Le plus souvent, le média complémentaire est Internet, car il permet de l’interactivité, ne limite pas l’information transmise et permet également la collecte d’information sur l’audience. À titre d’exemple, au cours d’une campagne télé, nous pouvons renvoyer le téléspectateur vers une vidéo en ligne ou vers un jeu sur Internet.

Exemples de campagnes transmédiatiques tunisiennes

En Tunisie, nous avons vécu ces dernières années des transformations majeures suite au développement des pratiques des Tunisiens sur le web et à l’émergence des médias sociaux, ce qui a engendré de nouvelles types de campagne de communication lancées par les organisations tunisiennes ces dernières années.

Nous avons ainsi étudié la stratégie de communication adoptée par quelques organisations tunisiennes (étatiques, publiques et privées) actives dans différents domaines à savoir : la chaine « Nesma TV », le Ministère Tunisien du Tourisme et de l’Artisanat et l’entreprise Délice Danone.

Il s’agit d’une part, de définir les pratiques transplateformes et examiner l’implication de ces organisations dans les plateformes du web social et d’autre part, d’étudier le rôle du public récepteur dans la campagne.

**Campagne de « Discover Tunisia»

Cette campagne a été lancée par le Ministère Tunisien du Tourisme et de l’Artisanat afin d’inciter les Européens à visiter la Tunisie.

Ainsi, une web-série filmée par des bloggeurs étrangers originaires de différents pays du monde (Grande Bretagne, France, Italie et Allemagne) et dont l’intitulée est « True Tunisia », a été diffusée sur la chaine YouTube « Discover Tunisia ».

En fait, les bloggeurs ont fait le tour de la Tunisie et ont filmés leurs parcours. Puis ils ont partagé ceci avec la communauté web sous forme de séquences vidéo. Une page Facebook « Discover  Tunisia » a été également lancée et sur laquelle, les vidéos de la chaine YouTube ont été partagées. Puis sur cette page Facebook, un jeu en ligne a été lancé pour attirer les internautes.

Mise à part Facebook et YouTube, un site web « Discover Tunisia » disponible en neuf langues a été également lancé. Sur ce site, ont été partagées des informations sur les différentes villes touristiques de la Tunisie. Ceci a eu d’ailleurs, un impact positif sur le tourisme, étant donné que la Tunisie a accueilli jusqu’au 31 août 2017, 4,6 millions de touristes et enregistré un retour progressif des marchés traditionnels, notamment celui de la France qui a enregistré, au cours de la même période, une progression de 44%.

Grâce à cette campagne, la Tunisie a remporté lors du concours de l’Organisation Mondiale du Tourisme tenu en 2017, le premier prix de la meilleure campagne publicitaire touristique en Afrique.

**Campagne de « Danup banafé»

Crédit Photo @Prodelacom

Cette campagne a été également créée par l’entreprise gastronomique « Délice Danone », afin de lancer un nouveau parfum de son produit « Danup ». C’est en réalité un mélange de deux parfums : café et banane, appelé « Danup Café Banane ».

L’organisation a choisi donc de signer un partenariat de promotion avec la chaine TV « El Hiwar Ettounsi » via son emission «Oumour-Jeddeya» (Choses sérieuses). Lors de cette émission, l’animateur a annoncé le lancement d’un nouveau fruit intitulé « Banafé » qui a vu le jour dans une ferme située dans la région de Bèja (Nord-Est de la Tunisie). Il s’agit d’une banane qui a le goût de café, une nouvelle invention qui présente une fierté pour la Tunisie, selon les dires de l’animateur. Une page Facebook a été d’ailleurs lancée avec le nom « Ferme de banafe – فيرمة البانافي ». Suite à la diffusion de cette émission qui a enregistré sur YouTube un nombre de vues égale à 364.857, ce passage télévisé, publié sur la page Facebook « Ferme de banafé » a enregistré 26 710 vues et 82 604 réactions.

Quelques jours plus tard, une deuxième apparition télévisée dans l’émission « Labes » (Tout va bien) a eu lieu. Il s’agissait de l’intervention du jeune fermier, appelé Dali, le concepteur de ce nouveau fruit « Banafé ». Lors de son intervention, il a expliqué le processus de l’invention du Banafé. En effet, de nombreux internautes ont cru à cette histoire et ont réagi sur la page Facebook à travers des clics j’aime ou des commentaires.

Enfin, lors d’un deuxième passage dans l’émission « Oumour Jeddya », l’animateur a annoncé qu’il s’agit du lancement d’un nouveau produit de l’organisation « Délice Danone ». Par conséquent, comme réponse à cette annonce, les publics internautes ont annoncé l’invention de nouvelles saveurs à savoir Banalouz (un mélange de Banane et d’amande) et le Banafraise (un mélange de banane et fraise). Ces inventions ont été partagées sur le compte Instagram de l’organisation.

De même, l’organisation a lancé un jeu « banakey » dont la machine se trouve dans les grandes surfaces telles que « Géant Tunis » et la manette de ce jeu était sous forme d’une banane. Les photos des participants à ce jeu ont été partagées sur Facebook.

**Campagne du jeu mobile «Chakaponks»

Crédit photo @Nesma

Cette campagne a été lancée par la chainé télévisée privée « Nesma TV ». C’est un jeu mobile en ligne qui consiste à interviewer des hommes politiques. Une conférence de presse a eu lieu pour annoncer le démarrage de ce jeu mobile. Une émission TV a été également diffusée pour parler de l’actualité de ce jeu.

De même, une page Facebook et un site web ont été mis à la disposition des télé-internautes. Sur ces plateformes, ont été publiés toutes les informations relatives à cette émission, notamment les photos de la conférence de presse.

Le processus du jeu est simple. En temps réel, le téléspectateur envoie un message téléphonique à « Nesma TV » pour obtenir des micros. Ces micros permettront au joueur d’accéder en ligne, à la liste des chakaponks (les politiciens). Il sélectionne ainsi les politiciens qu’il souhaite interviewer. Quand le joueur finira d’interviewer un nombre précis de chakaponks, il sera invité au plateau de l’émission pour recevoir sa récompense.

Pour conclure,

Les organisations tunisiennes multipliaient auparavant les supports pour toucher le maximum de publics alors qu’aujourd’hui, le public touché circule d’un support vers un autre, sous l’effet du transmédia storytelling.

À travers les exemples de campagnes transmédiatiques évoqués, nous confirmons que la déclinaison des spots publicitaires dans des espaces numériques différents participe à l’enrichissement de la campagne de communication. Donc le web propose aux organisations un gain potentiel en termes de ciblage des publics potentiels. Ce qui les invite à développer les pratiques transplateformes.

Par contre, ce sont toujours les médias classiques qui diffusent le contenu principal. Les supports web sont utilisés souvent pour toucher d’autres publics, ceux qui sont présents sur le web sinon pour détourner le public présent en temps réel vers le web. Donc chaque support a son identité et sa spécificité. Le transmédia permet de transférer les publics d’un support vers un autre, en touchant les pratiques habituelles de cette cible.

Notons ainsi que cette étude était l’objet d’une communication publiée dans les actes du colloque de l’Université Le Havre, tenue en France, du 06 au 08 juin 2018. Ce colloque avait comme intitulé : « Transparence et opacité des traces numériques « . 

Remarque : Lire également Josiane Jouët : Transparence et opacité des traces numériques

 

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A l’ère du web 2.0 : La communication diplomatique prend une nouvelle forme à l’occasion de la fête du Mouled

Joyeuse fête de Mouled aux chers lecteurs de ce blog  !

La diplomatie n’est qu’un art de communication. Il faut savoir comment entretenir les relations entre les pays, développer les conventions et les partenariats et concrétiser des projets au profit de tout le monde. La diplomatie est une mission politique qui n’est pas donné à tout le monde mais plutôt à des gens doués des affaires internationales et qui cherchent toujours à découvrir l’autre, sa culture et sa tradition. Certaines actions diplomatiques proviennent des normes internationaux et des codes fondamentaux, des règles protocolaires ou des conventions bilatérales alors que certaines d’autres sont innées. Nous sommes nées parfois pour être diplomate !

Il me semblait difficile de prendre une pause pendant la fête du Mouled (une fête qui commémore la naissance du prophète Mohamed) en regardant les publications des diplomates étrangers en Tunisie. Bien que la majorité des Ambassadeurs se soit limitée à des posts simples et classiques sur les pages Facebook officielles de leurs ambassades, souhaitant un joyeux Mouled aux Tunisiens, certains d’autres ont choisi d’être plus proches des Tunisiens lors de cette fête Musulmane. Puis, il ne faut être être Chrétien pour fêter Noel comme il ne faut pas être Musulman pour participer aux rites, découvrir les traditions et apprendre à préparer l’Assida Zgougou, ce dessert typiquement tunisien à base de graines de pin d’alep, préparé pendant cette occasion.

Voici les trois modèles de communication diplomatique qui ont marqué cette année, la fête du Mouled  en Tunisie.

  • L’Ambassadeur de la France, Monsieur Olivier Poivre d’Arvor

Comme à l’accoutumée M., l’ambassadeur de France en Tunisie n’a pas raté cette festivité. Pour profiter de la belle ambiance, il a entamé une visite à Kairouan notamment à la mausolée de Sidi Sahab. Ci-dessous un post publié sur compte sur Facebook accompagné d’une vidéo de l’ambiance de la fête du Mouled à Kairouan.

  • L’Ambassadeur du Canada, Madame Carol McQueen

Le multiculturalisme est un aspect de vie qui ne pourra jamais échapper à Madame Carol McQueen, l’Ambassadeur du Canada en Tunisie, qui a appris cette année à préparer l’Assida tel que le montre le post publié  sur la page Facebook de l’Ambassade du Canada en Tunisie.

  • L’Ambassadeur Adjoint de la Grande Bretagne

L’Ambassadeur Adjoint britannique vient à peine d’arriver il y a quelques semaines en Tunisie et pourtant elle n’a pas voulu rater l’occasion pour apprendre elle et son mari à préparer une délicieuse Assida zougou. Ils se sont lancés dans un défi tel que le montre la vidéo ci-dessous.

Vous ne pensez pas que ces trois diplomates ont réussi leur communication diplomatique lors de cette fête du Mouled ?

Il est clair que des gestes pareils pourront avoir un effet meilleur que de tas de papiers de conventions ou de réunions de discussions des affaires entre les pays. A l’ère du web 2.0, la diplomatie prend une nouvelle forme.

Enfin, pour ceux et celles qui veulent aussi apprendre à préparer une délicieuse Assida zougou, cliquez sur ce lien pour découvrir la recette. Bon appétit !

Tunisie – Les 10 points à retenir du Forum National de la Gouvernance d’Internet 2017

N.B : Cet article a été publié sur le site de l’Observatoire Arabe du Journalisme

La deuxième édition du Forum National de la Gouvernance d’Internet (IGF Tunisie 2017) a eu lieu récemment en Tunisie. Lors de cette édition, il y avait cinq tables rondes :

  • *Gouvernance et réglementation de l’Internet
  • *Enjeux de la cybersécurité et la vie privée à l’ère du digital
  • *Open Gov et démocratie numérique
  • *Développement du contenu web local
  • *Neutralité de l’Internet

Voici alors les 10 points à retenir de la deuxième édition de ce Forum :

  1. La Tunisie est le premier pays arabe qui abrite ce genre de forum dont la mission est d’encourager l’accès libre à l’information et la digitalisation des institutions pour assurer le bon déroulement du travail administratif ;
  2. Parmi les projets du plan national « Horizon 2020 », une centaine de villes municipales seront connectées d’ici 2020 ;
  3. Selon ce plan national, toutes les familles tunisiennes seront connectées en 2020. L’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a voté en faveur de cet objectif ;
  4. La digitalisation de l’administration tunisienne est en cours. Il existe maintenant six ministères connectés. Ce qui engendra l’échange en ligne des données entre ces ministères ;
  5. Actuellement, 29 licences ont été attribuées pour lancer des startups relatives à l’Internet des objets ;
  6. Parmi les projets à concrétiser, la mise en place d’une agence qui s’occupera de l’exécution des projets relatifs aux TIC. Ce modèle de management existe déjà au Maroc ;
  7. La création d’une version en ligne du code du numérique en cours de préparation conformément à la consultation publique qui a été menée auprès des acteurs du monde de l’Internet. Une deuxième consultation sera lancée bientôt. Un chapitre sera consacré à l’économie numérique ;
  8. Parmi les décisions qui seront prises à l’encontre de l’accès libre à l’information et à la digitalisation de la société, nous citons l’augmentation des taxes que devront payer les fournisseurs de connexion Internet ;
  9. La confirmation officielle de l’échec de la convention entre le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique avec le service du payement en ligne « Paypal », ce qui pousse le ministère de communication et de l’économie numérique à trouver une autre solution ;
  10. Dans le cadre d’un projet mené par l’association « Bawsala » pour digitaliser les données et créer une base de donnés en ligne, sur 264 municipalités tunisiennes contactées, 4 seulement ont refusé de fournir leurs données. Ce qui a poussé l’association à porter plainte contre eux devant la justice.

Ce Forum a enregistré la présence de nombreuses personnalités telles que M.Anouar Maarouf, ministre en exercice des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, les deux anciens ministres, M. Mongi Marzoug et M.Noomene Fehri, M.Ridha Debbabi, conseiller de ce ministère, M. Kamel Rezqui, membre du Conseil de l’Instance Nationale de Protection des Données Personnelles et Mme Hager Trabelsi, membre de l’Instance d’Accès à l’Information et autres.

الإشاعة في عصر شبكات التواصل الاجتماعي: سارع إلى نشرها قبل الحذف

ملاحظة: نشر هذا المقال بالموقع الرسمي للمرصد العربي للصحافة

 

يعتبر خبر حرق المسلمين في بورما من قبل البوذيين وقصة المصحف الشريف والخنازير في قضية الفيلم الدنماركي المسيء للإسلام وخبر تظاهر حسناوات السويد للمطالبة بالزواج إشاعات انتشرت سنة 2014 بمختلف أرجاء المعمورة عبر وسائل الإعلام التقليدية والحديثة دون التثبت من صحتّها.

في دراسة صدرت بالعدد 17 من المجلة العربيّة للإعلام والاتصال الصادرة عن الجمعية السعوديّة للإعلام والاتصال تحت عنوان « دور التفكير النقدي في عقلنة التعامل مع الإشاعات على شبكات التواصل الاجتماعية »، تطرق الدكتور الصادق رابح بالاعتماد على الأسلوب الوصفي الاستقصائي التحليلي إلى مراحل تشكل الإشاعة من منظور التأثير الاجتماعي وآليات انتشارها بشبكات التواصل الاجتماعي إضافة إلى كيفية تبّني الفكر النقدي للتصدّي لهذه الظاهرة بالرغم من أنّ الطبيعة البشريّة تميل إلى نشر الإشاعات. ممّا يؤكد أهميّة تربية الأفراد على الفكر النقدي وتصميم أنظمة تكنولوجيّة واجتماعيّة لدعم هذا التفكير عند مختلف الفئات الاجتماعيّة.

وأشار الباحث في بداية ورقته العلميّة إلى أن مصطلح الإشاعة ظهر في القرن 13 للتعبير عن « موقف غاضب أو استنكاري يصدر عن الفرد حيال وضع ما غير مقبول ». ولكنّ المصطلح لم يحافظ على نفس التعريف مع مرور الزمن ليتحوّل مفهومه خلال القرن 18 إلى « ضجة يكون مصدرها الصراع والفتنة ». ثمّ اكتسب هذا المصطلح المفهوم الحالي خلال القرن 19 في إشارة إلى « المضامين السيّارة التي تنتقل من خلال أحاديث الناس ».

وتساهم العديد من العوامل النفسيّة والاجتماعيّة في انتشار الإشاعة حيث أنّها تساهم في مرحلة أولى بالتأثير بالسجل العاطفي فيما تحاول في مرحلة ثانية بالتلاعب بقدرة المستهدفين على إصدار حكم موضوعي حول الموضوع. وبالتالي يصعب الحديث عن ضحايا حين يتعلّق الأمر بالإشاعة لأنّ تداول الإشاعة يتمّ بإرادة الفرد بل إن وجود رغبة في تصديق الإشاعة يساهم في انتشارها. ثمّ إنّ حاجة الأفراد إلى فهم ما يحدث حولهم وغياب المعلومات يساهم في انتشار الإشاعة بل إنّ هناك العديد من المتغيرات تؤثر على انتقالها وتداولها منها الدقة والقلق وأهميّة الأحداث موضوع الإشاعات. واختار إذن الباحث أن يصنف الإشاعة وفق ثلاث خصائص: الظرف ووضعية الانتشار والمضمون.

كما أكدّ الباحث أهميّة شبكات التواصل الاجتماعي للحصول على معلومات أو لنشرها مع أكبر عدد ممكن من الأفراد بالعالم الافتراضي، مضيفا أنّ الاعتماد على شبكات التواصل الاجتماعي يتزايد إثر حدوث حركة احتجاجية أو فيضان أو حركة إرهابيّة. ويغتنم إذن بعض الأفراد هذه الفرصة خلال هذه المناسبات لنشر الإشاعات والتضليل والتلاعب بعقول روّاد الانترنت حيث أشار الكاتب بأن شبكات التواصل الاجتماعي هي  » تربة خصبة للتضليل الإعلامي ونشر الإشاعات والأقاويل والأراجيف والتلاعب بعقول الناس وعواطفهم، خاصة خلال الأزمات »، إذ يعتمد مروجو الإشاعات على « صيغ تعبيريّة تحفيزية ومراوغة تستثمر آليات سيكولوجية قد يجب الكثير من الأفراد صعوبة في مقاومتها من قبيل (سارع إلى نشرها قبل الحذف) أو (هل لديك الجرأة لإرسالها لمن تعرف) أو (لا تجعلها تتوقف عندك) ».
وأشار الدكتور الصادق رابح إلى أنّ وفرة المعلومات بشبكات التواصل الاجتماعي تطرح مسألة معايير انتقاء المعلومة والقدرة على استيعابها وتمثلها ومن ثمّ معالجتها. ممّا يستدعي الأفراد إلى التثبت من المعلومات التي تنشر عبر الواب وخاصة بشبكات التواصل الاجتماعي. لكن ذلك يحتاج إلى تفعيل بعض المهارات كالثقة بالنفس وتبني إستراتجية تقوم على التأكد من مصدر المعلومة والتاريخ والأفراد الفاعلين وطرح بعض الأسئلة : « هل المؤشرات التي تضمنتها المعلومة معقولة ؟ هل الأشخاص المذكورن على علم بها ؟ هل هناك عدم اتساق في نصّ الإشاعة ؟ هل الحجج العلميّة المستخدمة منطقية ؟ الخ.. ».

وساهمت أيضا شبكات التواصل الاجتماعي حسب هذه الدراسة في إعادة تشكيل طرق العمل الجماعي، إذ ذكر الباحث بعض الأمثلة التّي لعبت خلالها هذه الوسائل دورا مهمّا لتأكيد معلومات أو لنفيها، على غرار ثورات « الربيع العربي » والعدوان على غزة وانتفاضة لندن. وتعدّ المقاربة التجميعية حسب الباحث من أكثر المقاربات انتشارا « حيث أنّها تحيل إلى الذكاء الجماعي التي تقوم الآلات بتوليده انطلاقا من الذكاء البشري للأفراد قد يكونون متباعدين جغرافيا، ولكنهم مترابطون شبكيّا ». ويضيف الباحث أنّ أدوات الذكاء البشري تقوم  » بالتقاط مشاركات المستخدمين في الفضاءات الرقميّة وتجميعها، ومن ثمّ توليد فهم أفضل للمحيط الذي يتحرك فيه الأفراد، وهو ما يقود بدوره إلى اتخاذ قرارات وممارسات أكثر ذكاء ودقّة »، مذكرا في الآن ذاته بتعريف بيار لوفي للذكاء الجماعي كـ »شكل من أشكال الذكاء الموزع بشكل كوني والخاضع للتحسين المستمر والمتناغم بشكل آني والذي ينتج عنه استثمار فعلي وفعال لكل المهارات ». ممّا يمكن الأفراد من التفكير بشكل جماعي بهدف فهم ومعالجة قضايا مفاهمية وخلافية مثل صناعة القرارات وإدارة البيئة والكشف عن الإشاعات.

كما أصبحت بعض شبكات التواصل الاجتماعي تتمتع بآليات للحدّ من انتشار الأخبار المغلوطة الزائفة والمغلوطة. فالشارة الزرقاء بالفايسبوك أو التويتر التي توجد بجانب صاحب الحساب أو الصفحة يؤكد أنّه حساب رسمي وليس مزيّفا. وقد تم منذ فترة تطوير تطبيق التصويت للمضامين، مما ساهم في الحدّ من انتشار الإشاعة. ممّا يؤكد أهميّة العمل الجماعي للحدّ من انتشار الإشاعات عبر شبكات التواصل الإجتماعي.

*أستاذ مشارك، كلية الإمارات للتكنولوجيا، الإمارات العربيّة المتّحدة

L’élection américaine est certes terminée, mais la désinformation existe toujours

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Remarque: Cet article a été publié sur le site français de l’Observatoire Arabe du Journalisme.

Le problème de la désinformation sur Internet est de plus en plus évoqué depuis la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Cette dernière est certes terminée, mais la désinformation existe toujours.

Après avoir fait le bilan de son premier mois au pouvoir, lors de sa première conférence de presse, le Président américain ne s’arrêtait pas de s’attaquer à la presse et à la désinformation.  Mais il s’est fait remettre à sa place par Peter Alexander, journaliste de la chaine américaine NBC, qui l’a corrigé quand il a prétendu que sa victoire avec 306 voix est « la plus large victoire au collège électoral depuis Ronald Reagan ».

Cette affirmation qu’il répète à chacun de ses discours n’a pas échappé au journaliste de NBC qui l’a démenti en direct : « Vous avez dit que c’était la plus large victoire, mais le Président Barack Obama a obtenu 365 voix ». Trump a essayé de se justifier: « Je voulais dire des républicains ». Mais le journaliste tenace l’a encore rectifié: « Et George Bush a obtenu 426 voix ». Surpris, Trump bafouilla : « On m’a donné cette information, je ne sais pas, on me l’a donnée, on a gagné avec une grosse marge ». Le journaliste ne rata pas l’occasion de le ridiculiser par une question assassine : « Comment les Américains peuvent-ils vous faire confiance alors que vous donnez vous-même de fausses informations ? ».

Les rectifications du Journaliste de NBC ont fait le buzz sur les médias sociaux. Mais ceci n’est pas la seule désinformation enregistrée auprès de Trump, dont la conseillère Kellyanne Conway, est allée jusqu’à inventer un massacre au Kentucky pour justifier l’interdiction faite aux ressortissants de sept pays musulmans d’entrer aux Etats-Unis.

Par ailleurs, lors des élections présidentielles américaines tenues en novembre 2017, de nombreux sites Internet ont participé à la propagation des informations diffamatoires sur Hillary Clinton, la candidate démocrate. Le New York Times a mis l’accent sur l’histoire de Cameron Harris, un jeune diplôme américain en sciences politiques, qui a fait une fortune grâce à son site d’informations ChristianTimesNewspaper.com (CTN) qui avait comme objectif, la propagation des fausses informations. Si Harris a payé 5 dollars pour acheter une adresse email abandonnée sur le site EpiredDomains.net, un article dont la rédaction n’a pas dépassé une quinzaine de minutes, lui a fait gagner 5 000 dollars. Une fois le site a été classé parmi les 20 000 sites les plus consultés sur le web, un évaluateur lui a proposé de le vendre pour un montant compris entre 115 000 et 125 000 dollars.

En même temps, Donald Trump s’est servi des fausses informations pour attaquer ses adversaires à savoir Barack Obama et Hillary Clinton.

La désinformation dans le monde arabe

Victimes des attaques terroristes ou de la présence de « l’Etat islamique », les pays arabes comme la Tunisie, Égypte, la Libye ou la Syrie, ont beaucoup souffert depuis le déclenchement du « Printemps Arabe » de la propagation de plusieurs rumeurs.

En mars 2012, Pierre Piccini Da Prata, rédacteur en chef du journal en ligne Le Courrier du Maghreb et de l’Orient, a signalé sur son blog la désinformation massive en Syrie en se posant la question suivante : « Comment expliquer une telle différence entre la réalité du terrain et les propos tenus dans nos journaux et sur nos petits écrans, qui donnent de la Syrie l’image d’un pays à feu et à sang, où la répression aurait fait plus de six mille morts (un nombre de plus en plus souvent avancé sans emploi du mode conditionnel) ? ».

La propagation des rumeurs a toujours aussi accompagné la vie des hommes politiques notamment pendant les périodes critiques à savoir les élections législatives ou présidentielles.

En même temps, certains médias arabes ont adhéré à ce processus sans se rendre compte vu que les journalistes ne sont pas dotés des pratiques journalistiques correctes, après avoir été depuis toujours soumis à la censure. Bien que des instances de régulation médiatiques soient mises en place, certains médias participent toujours à la propagation des fausses informations, dans le cadre d’un règlement de compte. Exemple du journal en ligne « Thawra News » en Tunisie.

Lutte contre la désinformation à l’heure des médias sociaux

En fait, Internet s’est trouvé au-devant de la scène au moment où la vitalité des institutions démocratiques traditionnelles semblait disparaitre. Ainsi les citoyens ont trouvé refuge dans les nouvelles plateformes en ligne pour s’exprimer librement. Il est devenu difficile de contrôler les informations mais aussi la désinformation.

Aux Etats-Unis, un journaliste du New York Magazine avait lancé une extension de vérification des informations suite l’annonce de la victoire de Donald Trump.

En Allemagne, en novembre 2015, le selfie du refugié Anas Modamani pris en août 2015, avec la chancelière allemande Angela Merkel a été utilisé dans un contexte de désinformation, en faisant un lien avec le terrorisme étant donné que l’Allemagne soutient les demandes d’asile des refugiés syriens.

Ce selfie a commencé à se propager suite à l’attaque terroriste de Bruxelles qui a eu lieu en 2015, ce qui a poussé Modamani à porter plainte contre Facebook pour empêcher la circulation de cette photo sauf que ce média social a répondu qu’il est extrêmement difficile de contrôler les publications des internautes. L’avocat de Facebook a répliqué que la société n’a pas la capacité technique de bloquer les messages abusifs en déclarant : « Il y a des milliards de messages publiés chaque jour sur Facebook. Il n’est pas possible d’inventer cette machine magique qui pourra mettre fin à chaque problème », a déclaré Martin Munz, avocat de Facebook.

De son côté, l’avocat de la victime âgée de 19 ans, a contesté cet argument et a répondu à l’avocat de Facebook « Volkswagen peut-elle simplement dire ? : Nous sommes désolés, nous construisons beaucoup de voitures. Donc, nous ne pouvons pas vraiment assurer votre sécurité ». En soulignant aussi l’histoire controversée de Facebook en ce qui concerne la nudité et la pornographie, il a ajouté : « Quand il s’agissait de nudité ou de pornographie enfantine, Facebook était capable de détecter toutes les images ».

Notons ainsi que Facebook, Google et Twitter ont été capables en 2015 d’examiner et de supprimer le discours haineux en Allemagne dans les 24 heures. Puis Facebook a récemment lancé aussi un système de filtrage de fausses nouvelles en Allemagne et en France avant la tenue des élections législatives dans ces deux pays.

En fait, Facebook et Google ont lancé le 06 février 2017, un partenariat pour mettre à jour les règles de leurs moteurs afin de vérifier l’exactitude des informations relayées sur leurs plateformes. Ils avaient promis de sanctionner les revenus publicitaires des sites propageant intox et désinformation. Il s’agit de Crosscheck, une initiative soutenue par First Draft, une start-up financée par le Google News Lab. Alors si un internaute signale une information erronée sur les médias sociaux et si cela a été confirmé par au moins deux médias partenaires (Connectiv, Le Monde, AFP, BFM-TV, Libération, 20 Minutes, ABC news, Associated Press; etc.) après vérification, un pictogramme sera affiché, mentionnant que l’information est fausse. Mais le post ne sera ni censuré ni supprimé. Il suffit que l’utilisateur clique sur le lien pour avoir plus de précisions.

« Les gens ne sont pas rationnels lorsqu’ils sont en colère », déclare Jenni Sargent, directrice opérationnelle de First Draft et porteuse du projet CrossCheck. Elle ajoute : « Or les médias sociaux permettent aux gens de se comporter en tribus. Des mécanismes cognitifs comme le biais de confirmation renforcent encore ce comportement : les gens ne lisent ou partagent que ce qui va dans le sens de leur propre opinion, et la désinformation circule beaucoup plus vite que le fact-checking ».

Suite à cette annonce Tim Cook, PDG de Apple a ainsi lancé un appel via le journal britannique Daily Telegraph, aux entreprises du secteur technologique afin d’inventer des outils luttant contre la diffusion de fausses informations. Il a appelé néanmoins à mettre en place une « campagne de grande envergure », notamment dans les écoles des ingénieurs en informatique. Il disait :  » Nous traversons une période dans laquelle, malheureusement, ceux qui réussissent sont ceux qui s’emploient à faire le plus de clics possible, pas ceux qui essaient de transmettre la vérité. Cela détruit le cerveau des gens ».

En France, le journal Le Monde a aussi récemment lancé son outil Decodex, avec une extension pour Chrome et Firefox qui avertit l’internaute lorsqu’il est sur des sites jugés peu ou pas fiables. « Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information », avertit l’extension. Outre cette extension pour navigateurs, Le Monde a lancé également un moteur de recherche et un bot sur Messenger auxquels l’internaute pourra demander des renseignements concernant un site web.

Par ailleurs, Professeur Mellissa Zimdars, chercheure en médias et communication à l’Université Merrimack à Massachusetts, met à la disposition des internautes un document intéressant via lequel elle présente certaines recommandations ainsi que les étapes à suivre pour analyser les nouvelles informations. Elle propose aussi une liste de sites via lesquels les internautes pourront vérifier cette information ainsi qu’un tableau qui classe les sites américains les plus répandus selon leur fonction : satirique, complot, haine, rumeur ; etc.

D’autres chercheurs travaillent aussi sur des algorithmes destinés à détecter les fausses infos. Le projet Pheme, financé par la Commission européenne et regroupant des experts en informatique, des universités et des journalistes de swissinfo.ch, cherchent à développer des technologies qui puissent aider les journalistes à vérifier la véracité des informations publiées en ligne.

La désinformation est un phénomène mondial classique mais le web 2.0 lui a donné une amplification inconnue auparavant. Journalistes, communicateurs, informaticiens, éducateurs, etc. s’impliquent dans la lutte contre la cyber-désinformation.

Crédit Photo 1 @Haber365 

 

 

Un nouvel observatoire du journalisme pour le Monde Arabe

AJO Logo FR

Le réseau de l’Observatoire Européen du Journalisme (EJO) s’est élargi en dehors de l’Europe avec le lancement de l’Observatoire Arabe du Journalisme (AJO – http://www.ajo-ar.org), en partenariat avec le Centre de développement des médias (MDC – http://www.mdcnet.org), implanté à Tunis.

Cet observatoire couvrira, en arabe et bientôt en français, l’actualité du journalisme, ainsi que la recherche sur les médias, la liberté de la presse et la responsabilité des médias, les tendances du journalisme et des industries médiatiques dans les pays arabes.

Outre le site web, AJO diffusera également sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter. AJO est dirigé par Dr. Abdelkrim Hizaoui, Professeur à l’Institut de Presse et des Sciences de l’Information (IPSI, Tunis) et ancien Directeur du Centre Africain de Perfectionnement des Journalistes et des Communicateurs (CAPJC).

A travers AJO, Dr Hizaoui espère offrir aux chercheurs des médias arabes et aux professionnels des médias un forum pour présenter et discuter leurs recherches à un moment où les médias sont appelés à soutenir les transitions politiques déclenchées par le «Printemps Arabe».

Le site AJO est édité par Nouha Belaid, doctorante à l’IPSI, blogueuse et enseignante de médias numériques. L’AJO sera étroitement lié au réseau de l’Observatoire Européen du Journalisme (en.ejo.ch) qui se compose de 13 universités européennes et une américaine, ainsi que de plusieurs institutions de recherche, qui partagent les mêmes objectifs pour un meilleur accès aux recherches sur le journalisme, sur les effets du numérique sur les industries des médias et pour l’amélioration des échanges entre les différentes cultures du journalisme au-delà des barrières linguistiques.

Ce projet a été développé en étroite collaboration avec l’Observatoire Européen du Journalisme et l’Università della Svizzera Italiana (USI- http://www.usi.ch/ ) à Lugano, en Suisse, et il fait partie d’un projet visant à renforcer les relations entre la Suisse d’une part et les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée d’autre part. Il constitue également une première étape pour revitaliser le laboratoire des études méditerranéennes à l’USI. AJO est financé par la Fondation Fidinam, à Lugano.

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الأبعاد التنظيمية و الأخلاقية لصحافة المواطن في عصر الميديا الاجتماعية