Quand les Présidents des pays arabes optent pour une communication politique interactive

Cet article a été publié le 30/05/2015 dans le Huffpostmaghreb

Le Président Egyptien Abdel Fattah All Sissi

Le Président Égyptien Abdel Fattah All Sissi

Bien que le printemps arabe ait été suivi de certaines situations douloureuses, la liberté d’expression et d’échange d’informations a été toujours, farouchement défendue par les citoyens et les défenseurs de droits de l’homme et ce, dans tous les pays arabes qui ont vécu des soulèvements populaires.

L’homme politique s’est trouvé lui-même appelé à défendre le droit du citoyen à l’accès à l’information, dans le cadre de la transparence de l’Etat et de l’ouverture sur l’échange entre gouverneurs et gouvernés.  Jean Michel Cotteret  disait d’ailleurs que « la communication politique est un échange entre gouvernants et gouvernés par des moyens formels ou informels pour conquérir le pouvoir ou l’exercer ».

En Tunisie, un groupe portant le nom « OpenGovTN» a été lancé le 04 novembre 2011. Noté sur son site officiel, ce groupe « milite pour la consécration des principes de la transparence totale et la participation citoyenne dans la gestion des affaires publiques, afin de garantir le droit à une société juste, démocratique et prospère. Sans forme juridique, le groupe est ouvert à tous les citoyens tunisiens indépendamment de leurs appartenances politiques ou associatives sous condition du respect de la présente charte. Le groupe est autogéré bénévolement par tous ses membres ».

En Egypte, afin d’assurer cette transparence d’Etat et de créer des autoroutes d’échange d’informations entre les dirigeants du pays et les citoyens, le Président Egyptien Abdel Fattah All Sissi a pris l’initiative, en mettant  à la disposition des citoyens de son pays, une adresse email à travers laquelle ils peuvent lui poser des questions. Le Président égyptien répondra ainsi aux questions au cours de son rendez-vous télévisuel mensuel.

Selon le bureau de presse de la Présidence égyptienne, la participation des citoyens dans la prise des décisions est un élément fondamental du plan de fonctionnement de l’Etat égyptien.

Rappelons ainsi  l’expérience du Président Tunisien, Beji Caied Essebsi lors des élections présidentielles 2014, quand il a invité ses followers sur Twitter à participer à un « Tweet Chat » qui a eu lieu ce vendredi 14 novembre 2014 de 16h à 18h. Ce Twitter Chat d’Essebsi a totalisé 1979  tweets pour 358 contributeurs. Il a promis d’ailleurs les Twittos de faire de ce Tweet Chat un rendez vous mensuel sans que rien n’a été réalisé après sa victoire.

Il parait que les nouveaux gouverneurs dans le monde arabe, optent pour la communication interactive qui favorise l’échange virtuel avec les citoyens. Mais cela n’empêche pas d’être sélectif dans les réponses sous prétexte de ne pas avoir le temps nécessaire pour répondre à tous les emails ou commentaires ou tweets. Il est facile d’ailleurs de faire semblant d’être ouvert et transparent et jouer avec la langue de bois mais il est difficile de convaincre tout le monde car la stupidité humaine n’est pas collective. On se demande ensuite, si les internautes étaient présents en temps réel, les hommes politiques répondront-ils à toutes les questions et de la même manière ? On espère ainsi que l’espace public virtuel devient réellement  un espace d’échange entre gouverneurs et gouvernés, en offrant au peuple la possibilité de s’exprimer librement sans qu’il y ait des contraintes.

Nouha Belaid

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